L'Agriculteur Normand 19 mai 2011 à 13h24 | Par Patrick CARTOUX Chambre d’Agriculture de l’Orne

ELEVAGE - La luzerne a toute sa place dans l’alimentation des bovins viande

Compte tenu des conditions climatiques depuis plusieurs années, de nombreux éleveurs s’interrogent sur l’intérêt d’introduire la culture de la luzerne dans leur système fourrager.

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La luzerne apporte une grande quantité de protéines, des fibres dans la ration et limite l’acidose.
La luzerne apporte une grande quantité de protéines, des fibres dans la ration et limite l’acidose. - © (S. Leitenberger)

Cette légumineuse est le fourrage qui produit le plus de protéines par ha. Elle permet des rendements élevés en terre séchante. Elle apporte une grande quantité de protéines, des fibres dans la ration et limite l’acidose. En outre, elle permet d’améliorer l’autonomie alimentaire de l’exploitation en limitant les achats extérieurs en protéines.Par ailleurs elle constitue un excellent précédent cultural, protège les sols de l’érosion et contribue à la réduction des nitrates.


Les différents modes d’exploitation de la luzerne

Cette culture connaît un regain d’intérêt sur la région, elle permet de bénéficier d’un soutien (somme toute relativement modeste : 13,50 €/ha) octroyé dans le cadre du bilan de santé PAC 2010, l’année de son implantation.


- En ensilage

La luzerne est pauvre en sucre avec un pouvoir tampon important. Il est donc préférable de réaliser un préfanage pour favoriser sa conservation. En dessous de 30 % de matière sèche, l’addition d’un conservateur type acide est vivement conseillé. Comme pour tout silo, un tassage soigné et une fermeture hermétique sont primordiaux pour une très bonne conservation.


- En enrubanné

Cette technique permet d’avancer la date de la 1re coupe et donc d’obtenir de meilleures valeurs azotées. La teneur en matière sèche doit être supérieure à 50 % et le nombre de couches de film plastique doit être d’au moins 6. Avec ce mode de récolte, les variétés à tiges fines sont à privilégier lors de l’implantation.- En foinAfin de limiter la perte des feuilles, il est recommandé de faucher après la levée de la rosée pour ne pas retenir l’humidité dans les andains. Les fanages doivent intervenir avant la levée de la rosée ou au coucher du soleil, à vitesse réduite en utilisant du matériel qui manipule le fourrage délicatement.

- © DR

Exemples de rationnement avec incorporation de la luzerne dans la ration

- Bœufs et génisses d’élevage (tableau 1).

- Vaches allaitantes (tableau 2).

- Génisses charolaises de 2 ans en finition (tableau 3).

Un essai à la station de Mauron a mis en évidence que la luzerne enrubannée, en substitution du tourteau de soja, apparaît intéressante dans des rations de finition en complément du maïs ensilage pour des génisses de race à viande. Récoltée à un stade jeune, elle permet de couvrir les besoins azotés notamment chez des animaux qui ont une bonne capacité d’ingestion. Dans le cas de l’engraissement de jeunes bovins, une incorporation importante de la luzerne dans la ration encombre rapidement le rumen et entraîne une diminution de la concentration énergétique de la ration et donc réduit considérablement les performances des animaux.

- © Institut de l’élevage - station exp. de Mauron

Remplacer la culture de maïs ensilage par une association graminée-luzerne permet de réduire le coût alimentaire de son troupeau allaitant

Une étude réalisée en 2008 par les Réseaux d’Elevage Bovins Viande de Normandie (réactualisée en tenant compte de la conjoncture 2011) démontre que sur une exploitation de polyculture-élevage, il est possible de remplacer l’ensilage de maïs par une association dactyle-luzerne pour affourager un troupeau de 80 vaches allaitantes et son renouvellement. La culture fourragère conservée pendant 3 ans, récoltée 3 fois par an en ensilage et en foin permet de réduire les charges opérationnelles liées au troupeau (achats d’aliments) malgré une augmentation de la surface fourragère. La substitution du maïs ensilage par l’association fourragère permet une légère réduction des frais de mécanisation. A noter cependant que dans l’exemple choisi, il faut prévoir 3 chantiers de récolte dont 2 coupes d’ensilage et 1 coupe de foin.Au final, le coût alimentaire global de l’ensemble du troupeau est réduit de près de 1 500 €/an.L’emploi de la luzerne cultivée pure ou en association est donc tout à fait envisageable pour alimenter un troupeau allaitant. Il existe de nombreuses possibilités pour établir des rations équilibrées en fonction de la disponibilité des fourrages associés. Cependant, chaque élevage doit, avant de modifier notablement son système fourrager, tenir compte de ses possibilités : potentiel des sols, pluviométrie, capacité de stockage, équipement de distribution, temps de travail. Pour toute information complémentaire, il est possible de contacter l’équipe de conseillers de votre Chambre d’agriculture qui est à votre disposition pour vous aider à faire les bons choix.

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