L'Agriculteur Normand 21 novembre 2012 à 10h23 | Par Olivier HAVARD, Fabien OLIVIER, Mathilde SIMMONEAUX et Magalie CORRE Chambre Régionale d’agriculture de Normandie

Elevage - Le compostage des effluents d’élevage : une technique aux atouts convaincants

En 40 jours, transformez un fumier pailleux classique en un compost de qualité, facile à épandre et inodore.

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Le compost doit avoir une odeur d'humus, de couleur brune 
homogène et s'émiette bien.
Le compost doit avoir une odeur d'humus, de couleur brune homogène et s'émiette bien. - © Chambre d'agriculture Normandie

La mise en œuvre de la technique de compostage est facilitée par l’emploi de matériels adaptés pour un coût mesuré. Cet engrais de fond libèrera progressivement l’azote qu’il contient et permet d’améliorer la structure du sol.


Le compostage, un processus naturel

En milieu aéré, les microorganismes colonisent le fumier et le font évoluer en un produit stable, homogène et sans odeur. Le compostage consiste à aérer et broyer le fumier, disposé en andain. Un bon compostage exige deux aérations (retournements). Plusieurs techniques sont possibles avec des moyens mécaniques : retourneur d’andains (composteur), épandeur ou chargeur.Le compostage est adapté à différents types de fumier : bovin, cheval, porc, volaille (à conditions qu’ils soient suffisamment pailleux et humides).
Les clés de la réussite d’un compost de qualité- Objectif du compostageLe compost doit avoir une odeur d'humus, de couleur brune homogène et s'émiette bien.- Le compostage convient pour différents types de fumiersLe fumier de départ nécessite d’être suffisamment pailleux : on estime ainsi qu’il faut entre 5 et 8 kg de paille par UGB et par jour en bovins. Le fumier de litière accumulée convient donc bien. Dans le cas contraire, il est possible de lui ajouter un support carboné (déchets verts, paille, copeaux…) pour assurer une aération suffisante. Pour les fumiers de raclage de logettes à plus de 5 kg de paille par animal et par jour, deux mois minimum d’égouttage sur une plate-forme sont nécessaires pour éviter l’écoulement de jus.Le taux de matière sèche doit être inférieur à 50 %, sinon il faut prévoir d’humidifier le fumier (c’est le cas du fumier de volailles).

Retourneur d’andain.
Retourneur d’andain. - © CUMA Basse-Normandie

Une fabrication simplifiée par le retourneur d’andain

1. Mise en andain lors de la vidange de la stabulation ou de la fumièreLe compostage en andain est la méthode la plus courante à la ferme. Les andains permettent de composter des quantités plus grandes. Ils mesurent entre 2-4 m de large et 2-3 m de haut au début du processus. La mise en andain se fait au chargeur, à l’aide d’une benne ou à l’épandeur.A l’épandeur, la mise en andain fait office de premier retournement.

2. J+10 : lorsque la mise en andains a été faite au chargeur ou à l'aide d'une remorque : premier retournementIl se fait avec le retourneur d’andain. Plusieurs CUMA disposent de cette machine qui avance dans le tas de fumier en aérant et en broyant les éléments. Cet outil permet de traiter de 300 à 600 T/heure soit 5 à 10 T/minute (selon le type de fumier, la qualité de mise en tas et le moment du passage de la machine).


3. J+20 Retournement. Il se fait généralement avec le retourneur d’andain mais peut aussi se faire avec un épandeur.


4. J+40 épandage après une phase de maturation de 3 semaines minimum.Au fil du compostage, on observe une diminution du volume du tas de compost et un dégagement gazeux lié à l’activité microbienne. La matière organique évolue et le tas s’assombrit. La température de l’andain doit être mesurée régulièrement et notée dans un cahier de compostage (que vous pouvez demander à votre Chambre d’agriculture). L’évolution des températures garantit en effet la destruction des éléments pathogène éventuellement présents.

- © ADAESO - APESA

Un coût et un temps de travail mesurés

Pour un chantier de compostage de 300 tonnes de fumier, comprenant la vidange de la stabulation, le transport (à 2 km), les deux retournements de compostage et l’épandage, le compostage demande un investissement mesuré comparé aux multiples avantages qu’il procure (tableau 1).


Les atouts du compost

• Quantité à épandre réduite (30 à 50 % de la masse du fumier).

• Surface d’épandage disponible plus grande.

• Destruction des germes pathogènes et d’une partie des graines d’adventices et des produits phytosanitaires.

• Abattement de 30 % d’azote sur fumier de bovin pailleux en respectant le cahier des charges (uniquement dans la Manche).• Stockage de matière organique stable dans le sol.

• Meilleure résistance vis-à-vis de certaines maladies des plantes.

• Meilleure répartition au champ : produit homogène et émietté.

• Produit inodore.•

Pas de problème d’appétence.

• Vente si réglementation respectée.


Des valeurs fertilisantes concentrées

Composition moyenne des composts de fumier

Le phosphore et la potasse du compost sont disponibles immédiatement pour la culture, tandis que l’azote se libère progressivement au cours de la minéralisation qui s’étale sur 10 ans (tableau 2).

Dosage

Le compost est plus concentré en éléments fertilisants que le fumier. Son épandage doit être fait à des doses faibles (15 à 20 t/ha pour du compost de fumier de bovins).


La règlementation s’appliquant au compostage

Différents textes réglementaires s’appliquent sur le compostage : conditions d’obtention d’un bon compost, démarches pour vendre son compost... Contactez vos référents ou consulter les sites internet des Chambres d’agriculture.

Référents Chambres d’agriculture

- Manche : Olivier Havard - Chargé d’études d’impacts (02 33 06 45 14).

- Orne : Bénédicte Bazantay - Conseillère Agronomie - Productions végétales (02 33 62 28 80).

- Calvados : Philippe Lerrant - Mission Valorisation Agricole des Boues (02 31 70 25 72).


Les CUMA composteuses en Basse-Normandie

- Manche : Cuma Ecovaloris.

- Orne : Cuma Innov’61 (dont co-compostage des déchets verts), Cuma de Bienvenue dans le Perche, Cuma du Chandon région d’Alençon.

- Calvados : Cuma Calvados Innovation.Contact Caroline Revert, Fédération des Cuma de Basse-Normandie (02 31 53 55 15).

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