L'Agriculteur Normand 19 octobre 2013 à 08h00 | Par R. LAFFAY - CA 27 Pour le réseau d’élevage viande bovine de Normandie

elevage - Une pratique indispensable qui doit être raisonnée

La complémentation minérale des troupeaux allaitants.

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Depuis la révision par l’INRA en 2007 des recommandations et des valeurs des aliments en minéraux absorbables, la connaissance des apports nécessaires pour complémenter les rations hivernales s’est améliorée.
Depuis la révision par l’INRA en 2007 des recommandations et des valeurs des aliments en minéraux absorbables, la connaissance des apports nécessaires pour complémenter les rations hivernales s’est améliorée. - © L. Brémont

Les éléments minéraux, les oligo-éléments et les vitamines sont indispensables au bon fonctionne-ment de l’organisme : croissance, reproduction, résistance aux maladies, renouvellement osseux, utilisation de l’énergie, activateurs d’enzymes…En élevages allaitants, les fourrages distribués l’hiver, n’ont généralement pas une teneur suffisante pour couvrir les besoins des animaux, nécessitant une complémentation régulière. Depuis la révision par l’INRA en 2007 des recommandations et des valeurs des aliments en minéraux absorbables, la connaissance des apports nécessaires pour complémenter les rations hivernales s’est améliorée.

Des fourrages moins riches en calcium et en oligo-éléments

Les teneurs en minéraux des fourrages ont été revues à la baisse ces dernières années du fait de l’augmentation des rendements (phénomène de dilution), de la sélection génétique des plantes qui se fait sur la matière organique au détriment de la teneur minérale et de la baisse de la fertilisation minérale.Les teneurs en calcium ont diminuées de 30 % en moyenne par rapport aux précédentes publications de l’INRA, et celle des oligo-éléments de 20 à 25 % .Il est indispensable de tenir compte de ces évolutions dans la complémentation.

Le rôle centrale de certains oligo-éléments

Il apparaît de plus en plus nettement que certains oligo-éléments en particulier le cobalt, le sélénium et l’iode ont un rôle primordial que se soit dans l’activité cellulolytique du rumen pour le cobalt, l’activité de reproduction en particulier les retours en chaleur pour le sélénium, la vitalité des veaux et leur démarrage pour l’iode.Les fourrages distribués en hiver ont des teneurs généralement insuffisantes dans ces éléments pour couvrir les besoins que ce soit en fin de gestation pour la qualité du colostrum et la santé du nouveau né que pendant la lactation et la reproduction.

Une attention particulière en fin de gestation

La couverture des besoins en minéraux, oligo-éléments et vitamines est primordiale dans cette pé-riode d’alimentation du fœtus et de préparation du colostrum.Ce dernier contient des anticorps et vitamines indispensables à la protection immunitaire du veau en début de vie.

- © INRA 2007

Un équilibre à adapter en fonction du régime

Pour les régimes déficitaires en calcium, à base de maïs ensilage, betteraves ou herbe récoltée, les AMV (aliment minéral vitaminé) de type 5/25 ou 7/21 sont lesmieux adaptés et les apports doivent être compris entre 100 et 150 g/jour sur vaches et 50 à 60 g/jour sur génisses. En cas d’utilisation d’un correcteur azoté riche en phosphore (T. Colza…) l’apport de phosphore par l’AMV pourra être réduit voir supprimé. Dans ces situations des formules type 0/30 correctement dosées en oligo éléments et en vitamines seront parfaitement adaptées. Pour les régimes pauvres en calcium à base de pulpe surpressée, luzerne, les AMV équilibrés types 14/14, voir 18/9 pourront être utilisés en fonction des prix de ces formules (tableau 1).

Comment les apporter au troupeau

Les principales formes de présentation et d’apports aux animaux du troupeau de l’aliment minéral vitaminé (AMV) qui sont disponibles dans le commerce : voir tableau 2.

Précisions importantes

- En raison des nombreuses interactions, tantôt positives, tantôt négatives, qui lient les éléments minéraux entre eux et afin d’éviter des apports excessifs, il est déconseillé de cumuler plusieurs formes de complémentation minérale en même temps.- Quelle que soit la forme de distribution des macro-éléments et des oligo-éléments aux animaux adultes et aux génisses, l’apport en sel (chlorure de sodium) reste souvent largement insuffisant (car dosage trop faible de l’AMV). Il est donc fortement recommandé de mettre à leur disposi-tion des pierres de sel en accompagnement de l’AMV.


Le cas particulier des génisses

La couverture des besoins en minéraux des génisses est indispensable, elles doivent fabriquer un squelette convenablement minéralisé pour être solide et pour pouvoir puiser dans les réserves osseuses en début de lactation si l’alimentation n’est pas suffisante.Ramenés au kilo de matière sèche ingérées, les besoins des génisses en croissance sont équivalents à ceux d’une vache adulte pour le calcium absorbable (2.4) et supérieur pour le phosphore absorbable (1.9 contre 1.6).

Des analyses en cas de doute

En cas de suspicion de carence en oligo-éléments, avant d’investir dans des cures relativement coûteuses, en aveugle, une analyse de sang pourra être envisagée avec le vétérinaire.Ces profils sanguins permettent le dosage de certains oligo-éléments : sélénium, iode, cobalt… sur un échantillon d’au moins 5 vaches en fin des gestation (entre le 6e et le 8e mois) et en bonne santé.Par souci de neutralité, l’interprétation des résultats sera confiée de préférence au vétérinaire ou au technicien d’élevage.

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