L'Agriculteur Normand 24 décembre 2010 à 09h42 | Par Perrine Géhin - CA 14

Elevage - Vêlage : être prévenu pour intervenir à temps

Outils d’aide à la détection des vêlages.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Caméra (© DR) Alert'Vel Créavia

Dans les élevages allaitants, la production principale est le veau. L’objectif à viser par les éleveurs doit donc être d’obtenir un veau par vache et par an. Les deux principaux critères permettant d’arriver à ce résultat sont un bon intervalle vêlage-vêlage et une mortalité des veaux faibles. Dans des élevages où le nombre de vêlages ne cesse d’augmenter, de nouvelles techniques permettent de faciliter le travail des éleveurs : caméras de vidéosurveillance, appareils de monitoring, sondes… Elles ne remplacent pas la surveillance du troupeau mais apportent une assistance non négligeable pour intervenir à temps.


Une caméra de vidéosurveillance pour éviter les déplacements inutiles

L’argument unanime des éleveurs utilisateurs de la vidéosurveillance est toujours le même : le confort de travail en évitant des déplacements inutiles, notamment la nuit en période de vêlage.


Un principe simple : voir ses animaux sur sa télévision

L’éleveur, grâce à sa caméra, surveille depuis son téléviseur, son ordinateur ou son téléphone portable (compatible) les vaches prêtes à vêler, les chaleurs… Il est possible d’équiper plusieurs habitations et bâtiments pour une surveillance simultanée ou alternée et une télécommande permet de diriger la caméra placée dans le bâtiment d’élevage à partir de l’habitation de jour comme de nuit. C’est essentiellement la distance entre l’habitation et la stabulation qui permettra à l’éleveur de choisir entre les différentes solutions de transmission des images vidéo :- par câble pour une distance inférieure à 100 m ;- par ondes radio (avec une antenne réceptrice et une antenne émettrice) pour une distance de 200 m à 1 km et à condition qu’il n’y ait pas d’obstacle à la transmission des ondes (grands arbres, tôles métalliques) ;- par le réseau ADSL (internet), il existe la possibilité de contrôler votre caméra de n’importe quel endroit sur un ordinateur ou sur un Pocket PC.


Une caméra orientable et un éclairage suffisant pour une bonne surveillance

Avant l’achat, il faut vérifier que soient présents les éléments de base tels que la présence d’un zoom ou une puissance d’éclairage suffisante. Le support de la tourelle doit de préférence être articulé, avec une caméra orientable horizontalement de 0 à 360°, et verticalement de 0 à 90° pour observer l’ensemble du bâtiment d’élevage, en particulier les points stratégiques que sont les cornadis ou le box de vêlage. L’éclairage à infra rouge offre l’avantage d’observer les animaux la nuit sans les déranger. Un essuie glace peut s’avérer utile pour éliminer les poussières sur la caméra (compter 700 € HT) surtout si la caméra est difficilement accessible. En stabulation entravée ou libre avec plusieurs cases éloignées, il y a possibilité d’installer un rail pour un déplacement longitudinal de la caméra. Plusieurs sociétés se partagent le marché des caméras vidéo mais les gammes se ressemblent et les prix s’étendent de 2 500 € à 6 000 € HT comprenant l’investissement “Caméra et transmission filaire ou aérienne”. Quelques frais optionnels peuvent être liés au service après vente ou à des options non comprises dans le forfait de base comme par exemple l’installation d’un rail qui augmente le prix de 20 €/m.

Vel'phone
Vel'phone - © DR

Les sondes thermiques : le kit de détection et de prévision du vêlage

Distribué par le groupe Medria, le kit de détection du vêlage “Vel’ phone”, apporte une solution pour suivre la température des vaches et ainsi prévoir et détecter les mises bas. La température est mesurée électroniquement grâce à une sonde de la dimension d’un crayon et équipée d’appendices afin de se maintenir dans le vagin entre la vulve et le col de l’utérus. L'incommodité pour la vache est insignifiante mais des conditions d’hygiène irréprochables sont indispensables pour ne pas propager d’infection. Grâce à sa batterie intégrée, le thermomètre dispose d'une autonomie de 10 ans et d'une portée radio avec la base de 200 mètres. Placée par l'éleveur sur la vache en moyenne 7 jours avant le terme ou sur un animal à surveiller, elle mesure et transmet en continu la température de l'animal à la base GSM. En troupeau allaitant, notamment avec une monte naturelle et une incertitude des dates de saillie, le port peut se prolonger au-delà des 7 jours sachant qu’un maximum de 15 jours est possible.Le Vel’Phone informe l’éleveur par SMS sur 3 numéros de portable qui peuvent être activés ou désactivés : - des relevés des températures matin et/ou soir ;- de la prédiction du vêlage dans les 48 h par observation de  la chute de température ;- d’une alerte si le vêlage n’a pas eu lieu dans les délais programmés ;- de la détection du vêlage à l’expulsion de la poche dans un délai également programmable. Le kit de 6 à 8 sondes avec la base radio s’élève à 3 000 € HT. Chaque sonde supplémentaire amène un coût supplémentaire de 130 € HT. Sachant qu’en moyenne pour un troupeau de 100 vaches selon la répartition des vêlages 8 sondes peuvent suffire.Depuis cet hiver, une nouveauté : le “Heat’Phone”, est proposée par Medria pour la détection des chaleurs. Le principe est une mesure de l’activité et du comportement de l’animal (marche, alimentation, position couchée) grâce à un collier qui transmet les informations recueillies à une base identique au Vel’Phone. De même, l’éleveur est prévenu par SMS d’une chaleur probable ou confirmée.Un site internet permet de consulter les courbes d’activité et de température de la vache.


Agrimonitor : mesurer les contractions pour détecter les vêlages et prévenir d’éventuelles complications

Originaire de Belgique la ceinture Agrimonitor est une solution pour détecter le début du vêlage ainsi que les éventuels problèmes de torsion de matrice, ou de veau mal positionné. Un boîtier électronique est fixé sur le dos de l’animal par une ceinture et enregistre les contractions et analyse l’évolution du processus en intensité, en durée et en fréquence. Agrimonitor avertit l’éleveur par une alarme, en cas de vêlage facile ou de problème imminent ou de souffrance du veau. La ceinture se pose en moins de 2 minutes par l’éleveur mais un système de contention (cornadis ou couloir) est indispensable pour assurer la sécurité de l’éleveur et le bon harnachement de la ceinture sur le dos de la vache.Le coût de l’investissement est surtout proportionné au nombre de ceintures et donc à la durée de pose sur l’animal. Avec un suivi par prises de température rectale qui donne une première indication de la période de la mise bas, le temps de pose de la ceinture peut être limité entre 24 à 36 heures avant vêlage. En moyenne la ceinture reste posée 3 jours et pour un troupeau de 90 vaches, 3 ceintures peuvent suffire. L’installation de base comprend une ceinture et la centrale de réception où peut être consulté l’état de toutes les ceintures en fonctionnement (jusqu’à 8 ceintures) pour un montant de 2 200 €. Il faut ensuite ajouter 1 050 € par ceinture et 450 € pour l’option du transfert téléphonique sur 3 numéros (bien utile tout de même).Exemple : pour 90 vaches, un équipement de base avec 3 ceintures, est estimé à 4 750 €.

Agrimonitor
Agrimonitor - © DR

Alert’Vel : une simple pince sur la queue pour surveiller les vêlages

Alert’Vel est un nouveau dispositif de détection des vêlages proposé par la société Créavia. Ce système non invasif consiste en une pince fixée sur la queue qui permet selon son inclinaison de prévenir d’un vêlage proche. L’avantage de se système est de prévenir l’éleveur même si la poche des eaux n’est pas expulsée et donc de permettre une intervention précoce en cas de torsion de matrice ou de veau mal placé.La pince communique avec un boîtier relié à un téléphone fixe distant de 2 km maximum de l’animal qui appelle l’éleveur sur son téléphone portable ou fixe sans abonnement supplémentaire (5 numéros sont paramétrables). La fixation de la pince nécessite une bonne contention permettant d’intervenir en toute sécurité sur l’animal et un peu d’habitude pour placer la pince au bon endroit. L’équipement de base comprend 1 pince, le boîtier à relier au téléphone et une antenne permettant une transmission jusqu’à 150 m pour environ 3 000 €. Chaque pince supplémentaire revient à 230 € et jusqu’à 8 pinces peuvent être connectées à un même boîtier.Créavia propose également un système de collier appelé Heatime, qui permet d’aider l’éleveur dans la détection des chaleurs. Le collier enregistre l’activité de la vache et détecte en particulier les chevauchements ou lorsque la vache se laisse chevaucher. Un voyant sur un boîtier placé dans le passage de l’éleveur permet ensuite de signaler qu’une des vaches porteuses du système est en chaleur. Ce système a un coût estimé d’environ 80 €/vache mais un devis est indispensable pour donner un tarif plus précis car l’installation dépend fortement des conditions de logement et de la répartition des vêlages.
Ces différents types de matériel existent pour apporter une aide à l’éleveur dans son travail, mais ne peuvent en aucun remplacer la surveillance quotidienne du troupeau et les enregistrements des évènements comme les chaleurs. Le traditionnel planning circulaire pour repérer les chaleurs et vêlages à venir a toujours sa place dans les fermes !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui