L'Agriculteur Normand 22 mai 2017 à 08h00 | Par M.Malo

" Éleveur et Engagé ", E.Leclerc ne l'est pas encore

FDSEA et JA 61 se sont donné rendez-vous au Leclerc d'Arçonnay mercredi 17 mai. Initiée par la Fédération Nationale Bovine (FNB), la démarche " Éleveur et Engagé " est mise en place afin de garantir des prix couvrant les coûts de production et une rémunération du travail de l'éleveur. Cette démarche permet ainsi de garantir une qualité de viande auprès du consommateur liée au savoir-faire de nos producteurs. Signé depuis septembre 2016 par E.Leclerc, les éleveurs remarquent qu'aujourd'hui, le cahier des charges n'est pas respecté...

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Anne-Marie Denis (présidente de la FDSEA 61) et Dominique Bayer (président de la section viande bovine à la FDSEA 61) ont dialogué avec les représentants du magasin E.Leclerc afin de les pousser à négocier avec leurs représentants nationaux.
Anne-Marie Denis (présidente de la FDSEA 61) et Dominique Bayer (président de la section viande bovine à la FDSEA 61) ont dialogué avec les représentants du magasin E.Leclerc afin de les pousser à négocier avec leurs représentants nationaux. - © M.M

« On remarque en effet que Leclerc ne joue pas le jeu. Dans ce rayon appelé « Cœur de gamme », on retrouve un mélange de race laitière et de race à viande », expliquent Victorien Girard responsable viande et Damien Louvel, coprésident des JA de l’Orne. Une dizaine d’agriculteurs ont donc foulé le sol de la grande surface afin de dialoguer avec les représentants du magasin.

Non-respect du cahier des charges

Le cahier des charges de la démarche « Éleveur et Engagé » est pourtant assez simple. 50 % du rayon doit être consacré au « cœur de gamme » allaitant respectant les caractéristiques citées dans le tableau ci-contre. Afin de garantir l’origine et la qualité, le logo « viande bovine française » et le logo « Éleveur et engagé » doivent figurer sur l’emballage. En achetant ce produit, le consommateur est assuré que le retour à l’éleveur permettra de couvrir ses coûts de production et de rémunérer son travail. Un gage de qualité et de citoyenneté. « Ce qu’on demande est simple. La grande distribution doit mettre en appli- cation ce qu’elle a signé. Nous nous battons pour une revalorisation des vaches allaitantes. Le prix de base de 4,50 € n’est pas respecté, car nous tournons autour de 3,80 €. Cela ne couvre donc pas nos coûts de production. Les 50 % de produits « Éleveur et engagé » ne sont pas retrouvés dans les rayons. En plus du mélange entre les races à lait et à viande, on remarque que certains points du cahier des charges ne sont pas du tout respectés », s’alarme Dominique Bayer, président de la section viande bovine à la FDSEA de l’Orne.

Un dialogue pour avancer

L’objectif est surtout d’échanger afin de pousser la distribution à respecter ses engagements. Cela passe par des visites régulières dans les magasins. C’est la seconde fois que les éleveurs se rendent au Leclerc d’Arçonnay. Le cri à l’aide des agriculteurs s’est fait entendre. « Ils doivent dialoguer avec leurs responsables nationaux. Sans ça, nous n’avancerons pas », indique Dominique Bayer.

Une valorisation nulle

« Ils connaissent le cahier des charges encore mieux que nous. Ils ont mis en place le « Cœur de gamme » mais comme toutes les races sont mélangées, la valorisation allaitante ne suit pas », s’indigne le président de la section viande.

Du " cœur de gamme " à " Éleveur et Engagé "

L’opération était bonne et bien lancée. Alors pourquoi avoir créé un identifiant « Éleveur et Engagé » ? « On s’est fait duper. La grande distribution a repris le terme « Cœur de gamme » avant nous, sans respecter le cahier des charges de base ». Le consommateur devra dorénavant se baser sur ce nouveau logo afin de s’assurer d’une qualité irréprochable ainsi qu’un prix couvrant les coûts de production agricole.

- © MM

" Avant il n'y avait pas assez de logo. Aujourd'hui il y en a trop "

« Viande bovine française »,
« Cœur de gamme », « Race à viande » et maintenant « Éleveur et engagé ».
 Après s’être constamment battus pour obtenir 
ce genre de logo sur les produits de grande 
distribution, les agriculteurs remarquent 
qu’aujourd’hui, leur nombre pourrait avoir 
un effet néfaste sur le consommateur.
 « Il y a un risque que le consommateur 
ne se fie plus qu’à cela et non pas à la race », 
explique Anne-Marie Denis, présidente
 de la FDSEA de l’Orne. 
En effet, dans le rayon, toutes les viandes sont décorées de ces logos. L’acheteur pourrait s’y perdre.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui