L'Agriculteur Normand 23 décembre 2010 à 09h04 | Par Philippe Tresch Institut de l'Elevage Chef de projet Réseaux Bovins Nord Pas-de-Calais/Picardie Haute et Basse-Normandie

Enquête - Zoom sur les frais vétérinaires en élevages allaitants

48 € par UGB et par an, c’est le coût moyen de frais vétérinaires, selon une enquête réalisée en 2010, sur les exploitations bovins viande des réseaux d’élevage. Ces frais qui varient de 32 à 60 €/UGB, dépendent principalement du système d’élevage, des stratégies de vaccinations, de la gestion parasitaire et de la race du troupeau.

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L’enquête annuelle des Réseaux d’élevages, réalisée en 2010 et publiée en octobre a permis d’identifier 4 facteurs constitutifs et explicatifs des frais vétérinaires dans les élevages bovins allaitants. Ces facteurs ne sont pas hiérarchisables.



Les composantes des frais vétérinaires par type de système d’élevage sont relativement proches

Seuls les systèmes en agriculture biologique se distinguent, autant sur la répartition des postes, que sur les frais totaux. Les éleveurs en agriculture biologique ont un profil très différent des éleveurs conventionnels. Leurs frais vétérinaires sont en moyenne de 25 €/UGB contre 48 €/UGB pour les autres systèmes. Ils portent une attention toute particulière à la prévention et au suivi (parasitaires, visites) et ont très peu de frais liés au curatif ou à la vaccination (graphique 1).


L’effet race est principalement lié aux difficultés de vêlage

Les éleveurs de race Charolaise et Blonde d’Aquitaine, qui représentent près de 70 % de l’effectif enquêté, ont des niveaux de frais vétérinaires plus élevés de 30 % par rapport aux autres races. Les difficultés de vêlage (taux de vêlage difficile, respectivement de 9 et 7 %, contre 1 à 3 % pour les autres races) et une fréquence de maladies liées à la reproduction plus élevée, expliquent les différences de niveau de charge observé (graphique 2).

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La vaccination est avant tout un moyen pour maintenir les performances du troupeau

Systématique chez 67 % des éleveurs enquêtés, elle se pratique essentiellement en raison de problèmes passés (85 % des exploitations) et/ou pour des raisons préventives (82 % des exploitations). La vaccination est également pour ces éleveurs un moyen de diminuer la charge de travail liée au suivi des veaux malades. La vaccination systématique est plus fréquente dans les troupeaux de plus de 100 vaches (tableau 1).

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La gestion du parasitisme : des pratiques systématiques déconnectées des risques

83 % des éleveurs enquêtés gèrent le parasitisme de l’élevage par un traitement systématique. Les parasites alors ciblés sont principalement les strongles gastro-intestinaux et la douve. Seuls 10 % des éleveurs enquêtés ne traitent qu’en cas de problèmes avérés. 82 % de ces éleveurs font pratiquer des recherches de parasites, suivent l’état des animaux et surveillent leurs comportements. Le coût des traitements antiparasitaires peut varier du simple au double selon les stratégies adoptées.


Les conduites en vêlages de plein air sont parmi les plus économes

La faible fréquence de maladies respiratoires et la faible utilisation de la vaccination, situent ce groupe parmi les plus économes (36 €/UGB) avec les élevages en agriculture biologique (25 €/UGB). Les interventions systématiques et groupées sont moins nombreuses en raison des difficultés de contentions et de la taille des troupeaux (76 vaches en moyenne). Par contre, la gestion du parasitisme est prioritaire. Dans 76 % des cas, le traitement anti parasitaire est systématique et reconduit à l’identique tous les ans, alors que seuls 33 % des exploitants interrogés déclarent avoir des niveaux d’infestation fréquents.

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