L'Agriculteur Normand 23 juin 2014 à 17h35 | Par T.Guillemot

Enrubanner de l’ensilage

Unique dans notre région et encore rare en France, l’enrubannage à poste fixe Göweil vient de réaliser son premier chantier dans le Calvados. Un investissement lourd mais réfléchi par Denis Lebœuf (entrepreneur de travaux agricoles à La Caine 14). Une technologie qui ouvre de nouvelles voies dans la conservation des fourrages.

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Enrubannage d'ensilage de méteil. Démonstration. © TG

Agriculteur bio en système allaitant à Saint-Jean-le-Blanc (14), Cyril Vallée joue la carte de l’autonomie alimentaire. A l’automne dernier, il a semé une parcelle de méteil, mélange de triticale et de vesce, destinée à être moissonnée cet été. “L’objectif est d’obtenir des mélanges riches en protéagineux”, explique-t-il. Mais à la faveur d’un hiver anormalement doux, la vesce s’est fortement développée au point de prendre le dessus sur le triticale. “J’ai donc pris la décision d’ensiler la parcelle”. Problème pour Cyril adepte du foin et de l’enrubannage dans son système bio qui lui convient très bien, il ne dispose pas de silo adapté. “La nouvelle technique proposée par l’ETA Lebœuf(1) m’intéressait donc dans le sens ou elle se rapprochait du matériel dont je dispose pour reprendre le fourrage en hiver”.

Enrubanner un produit ensilé

Cette nouvelle technologie, c’est l’enrubannage d’un produit ensilé. L’entreprise Lebœuf vient d’investir dans un équipement de marque Göweil et lance ses premiers chantiers. Le principe est simple. “On benne le fourrage dans un container qui le renvoie dans un convoyeur pour l’acheminer dans un système de pressage en balle ronde. La boule est ensuite à son tour renvoyée dans une enrubanneuse qui filme le fourrage en quelques secondes. Le tout à poste fixe”, explique Denis Lebœuf, patron de l’entreprise éponyme. Intérêt : “ça permet de sortir un ensilage de qualité et des boules à l’unité”. Une affirmation que confirme Cyril Vallée. “Le méteil, c’est volumineux avec du brin long. Or, même en enrubannage, je vise du brin court. Je pense qu’avec cette technique , on va aboutir à un produit à bon niveau de MA (Matière Azotée), appétent et qui se conserve facilement et sans dégradation dans le temps”. Les analyses de fourrages sont attendues pour vérifier le bien-fondé du pronostic. Le conditionnement à l’unité constitue l’autre atout de l’ensilage enrubanné. Pas besoin d’ouvrir un grand silo en cas de petit besoin. “La boule individuelle va me permettre, en cas de besoin, de faire l’appoint sur certains lots d’animaux ciblés”. Elle se transporte également facilement et présente un intérêt pour un affouragement éclaté. Cyril va même plus loin. Si l’année fourragère 2014 est bonne, il disposera alors d’un stock d’aliments bio qu’il pourra commercialiser. “Je vais peut-être pouvoir vendre un camion”, imagine-t-il. A un producteur allaitant ? “Oui, le méteil est très bien adapté aux allaitantes en lait mais je pense que ça convient parfaitement aussi aux laitières en complément d’un bon ensilage. Le triticale va apporter de la fibre, donc le mélange est peu acidogène, et la vesce ramène de la matière azotée”.


Pour la maïs épi entier

Cette nouvelle offre de service unique en Normandie est plus largement répandue dans le centre France et dans les pieds de montagne. On ensile et enrubanne sur les plateaux et on monte ensuite le fourrage dans les hauteurs par des pentes abruptes. Mais Denis Lebœuf est persuadé qu’elle a sa place dans notre région. S’il s’agit aujourd’hui d’un méteil, il mise tout autant sur l’ensilage de maïs épi entier. Une alternative crédible au silo boudin par exemple. Au final, un fourrage de meilleure qualité, quasiment sans pertes et adapté à une distribution sur mesure afin de répondre à des besoins alimentaires précis (allotement) ou ponctuels (affouragement éloigné en été par exemple). Alors bien sûr, le prix de revient à la boule sera légèrement supérieur à un enrubannage classique mais il faut tenir compte des économies potentielles pour comparer les deux systèmes. Au-delà du volet économique, c’est une approche différente du système fourrager qui est proposée avec le cumul des avantages de l’ensilage avec ceux de l’enrubannage. A la marge, d’autres applications sont à penser comme par exemple enrubanner avec cette technologie un fond de silo pour le libérer et le nettoyer avant la nouvelle récolte. Parallèlement, au printemps, beaucoup d’éleveurs se posent la question : “dois-je fermer mon silo d’ensilage de maïs ?” Là, on le ferme tout en ayant la possibilité de le rouvrir par quantités voulues avec zéro perte. Du côté de La Caine, on y croit et on se dit prêt à œuvrer dans un rayon de 100 à 150 km à la ronde. En 3 minutes, la machine est déployée et le chantier opérationnel. Reste à regrouper les chantiers pour proposer une offre de service économiquement cohérente. th. Guillemot(1) L’ETA Lebœuf est membre d’Entrepreneurs Des Territoires Normandie Maison des entreprises BP 14 50600 St-Hilaire-du HarcouëtTél. 02 33 79 33 77Fax. 02 33 79 33 77Mail : contact@edtnormandie.comSite : edtnormandie.com

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