L'Agriculteur Normand 08 septembre 2011 à 10h28 | Par T.Guillemot

Environnement - Vol de choucas au dessus de la Préfecture

FDSEA et JA réclament une régulation de la population de choucas des tours. Vendredi dernier, une délégation est venue argumenter cette urgence devant les grilles de la Préfecture à St-Lô.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les cinq corvidés apportés par la délégation FDSEA/JA ont fait l’objet de toutes les attentions. Plus particulièrement les deux choucas, une espèce protégée.Relâchés depuis par les services techniques de la Préfecture, ils ont sans doute rejoint leurs quartiers de campagne à moins qu’ils n’aient décidé d’élire domicile dans la capitale manchoise. S’ils se multiplient à la vitesse des étourneaux, les agriculteurs ne seront plus seuls dans leur combat. (© BW)
La pression qu’exerce la population de choucas des tours sur l’activité agricole devient chaque jour un peu moins supportable pour les éleveurs. FDSEA et JA, qui se sont emparés du dossier depuis plusieurs mois, ont à nouveau alerté les pouvoirs publics. Vendredi dernier, une délégation syndicale conduite par Hervé Marie et Jean-Michel Hamel (FDSEA) et Damien Hardy (JA) s’est rendue à la Préfecture. Elle était accompagnée d’une autre délégation : 5 corvidés dont 2 choucas.

Réguler la population...
“Notre objectif n’est pas d’éradiquer les choucas mais de réguler la population”. S’adressant à Daniel Huguet, responsable du service “Environnement” de la DDTM venu à leur rencontre , les responsables FDSEA et JA ont réitéré une revendication qui devient de plus en plus pressante. “Nous enregistrons une recrudescence de la population de choucas dans certains secteurs du département”, juge Hervé Marie.
Et pour preuve. Au petit matin de ce rendez-vous préfectoral et à l’aide de deux cages, le secrétaire général de la FDSEA, en une heure, a attrapé en douceur cinq corvidés. Parmi eux deux choucas soit 40 % des effectifs. Ce sondage n’est certes pas significatif et ne répond pas à la rigueur scientifique qui s’impose. Il illustre cependant leur présence prégnante dans l’environenment. Ils sont bien là et se fondent dans la masse. “Les dégâts qu’ils provoquent sont de plus importants. Semis de maïs détruits, trous dans les baches de silo et l’enrubannage...”, listent Jean-Michel Hamel et Damien Hardy (voir aussi notre reportage en date du 4 août dernier). Les risques sanitaires sont également à considérer.

...En faisant évoluer la réglementation
On a bien compris qu’il s’agissait d’une opération de sensibilisation”, insiste-t-on du côté des pouvoirs publics. Les choucas apportés en Préfecture (relâchés depuis par les services techniques de l’Etat) ont été traités avec la déférence due à leur rang. Contrairement au corbeau freux ou à la corneille, il n’est pas considéré comme un nuisible. Il est même protégé et classé par décret ministériel. Pas question donc pour la FDSEA et les JA d’enfreindre la loi, loi qui va jusqu’à l’interdiction d’effrayer le choucas. “Face à ce problème, il faut faire évoluer la règlementation. C’est aux politiques de changer la loi”, clame Hervé Marie. Et effectivement, il faudra bien réguler un jour aussi les différents bien-être. Le corvidé, le bovin, l’éleveur... Chacun a droit à sa part.

Peur sur la ville ?
Le législateur a d’ailleurs tout intérêt à prendre le taureau par les cornes. Si à l’instar de l’étourneau, la population “choucasienne” venait à exploser de façon exponentielle, nul doute qu’il viendrait poser ses plumes en ville. Or le choucas adorent les cheminées, où il élit domicile, arrivant souvent même à les obstruer à cause d’un nid volumineux composés de branches, d’herbes, de crins ou autres détritus en tous genres... “Peur sur la ville” si rien ne se passe. Ce n’est pas forcément du cinéma.

Daniel Huguet (service Environnement de la DDTM 50)

“Monter un dossier de demande de dérogation argumenté”

Comment faire avancer le dossier ? Question posée à Daniel Huguet, responsable du service “Environnement” à la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer).

On ne peut que respecter la réglementation. Il faut donc monter un dossier de dérogation”, explique Daniel Huguet. Un dossier argumenté dans lequel les dégâts subis sont listés et les préjudices économiques évalués. Autant d’éléments mettant en lumière une évolution dynamique, voire une surabondance, de choucas sur un territoire. “Ce dossier étayé sera ensuite transmis à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) à Caen qui, après instruction, le fera suivre au niveau national auprès du Conseil National de la Protection de la Nature. Une instance qui, au vu des éléments, emétra un avis. C’est au retour de cet avis que la DREAL peut alors proposer au Préfet de prendre un arrêté”.
Un va-et-vient qui accorde un large sursis aux choucas ? “Non, répond Daniel Huguet. Ça peut être assez rapide à partir du moment où le dossier est bien argumenté. La DREAL ne pouvant pas instruire un dossier trop léger”. Exemple avec le Finistère où la profession a pris le dossier à bras-le-corps. En pays bigouden et depuis deux ans, le choucas est dans ses petits souliers.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui