Les bandes fleuries sur l’agglo d’Evreux “victimes” d’une restriction budgétaire ?

Les acteurs de cette opération “bandes fleuries” présents pour une conférence de presse pour évoquer la réduction budgétaire. - © (L.Brémont)
Les petites fleurs cultivées depuis cinq ans sur les bandes de terre installées par les agriculteurs dans les entrées des communes de l’agglomération d’Evreux risquent de ne plus exister. La raison : la réduction significative du financement de cette opération soutenue par l’Agglomération d’Evreux. Des 10 000 € dédiés à cet embellissement, seulement 3 000 € resteront pour l’année 2012.
6 km de fleurs par an
“C’est peu de dire que nous sommes déçus par une pareille restriction” explique Eric Modard, l’un des tous premiers agriculteurs a avoir porté ce projet depuis son lancement. “C’était la première fois qu’un partenariat avait pu se construire ainsi. Avec un groupe d’agriculteurs, de Gauciel notamment, mais aussi avec l’Office de tourisme d’Evreux, nous avions ainsi imaginé un dispositif de fleurissement des communes et des abords des chemins de randonnées cyclotouristes. C’était une manière de concilier l’agriculture, le tourisme, l’écologie mais aussi la filière apicole dans une démarche collective sur l’ensemble du territoire de l’agglomération.”
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“Cet effort consenti n’était pas neutre pour les agriculteurs car la situation de ces jachères fleuries ne correspondaient pas à la planification de nos surfaces cultivées. Mais nous le faisions avec enthousiasme parce que le retour auprès de la population était très positif...” ajoute Stéphane Van Tornhout, autre agriculteur et acteur important de cette démarche. “Concrètement, nous fournissions une prestation clé en main. L’indemnisation s’élevait alors - avant restriction budgétaire - à 30 centimes d’euros le m2. Il nous fallait déposer un dossier à l’Office de Tourisme et nous faisions le reste !” Et chaque année, le conseil communautaire de l’agglo d’Evreux allouait 10 000 € pour l’indemnisation des acteurs de l’opération.
L’Office de tourisme compense cette année...
Oui, mais voilà : le conseil communautaire, au printemps dernier, divise les moyens par deux. Restriction budgétaire oblige ! Une décision d’autant plus difficile à accepter puisque nombre d’agriculteurs concernés avaient déjà engagé les surfaces dans leurs assolements respectifs. “Heureusement, pour sauver et pérenniser le dispositif pour cette année, l’Office de tourisme a pris en charge la partie manquante du budget initial, mais cela à titre exceptionnel !” rappelle encore Eric Modard. Sauvée in extremis, l’opération malheureusement ne semble plus être au menu de l’Agglo. Explications. “Nous avons appris que pour 2012, le président de l’Agglo n’accordera que 3 000 € pour le maintien de cette action, soit 10 centimes du m2. C’est n’importe quoi ! Et la très grande majorité des agriculteurs, au final, ne renouvellera pas ses engagements.” Stéphane Van Tornhout se dit aussi “très énervé” et parle “d’un vrai gâchis”. “Je suis d’autant plus en colère que nous avions réussi, avec cette opération, à réunir tous les amoureux de la nature, à commencer par le syndicat des apiculteurs de l’Eure. Les bandes fleuries, vous l’avez compris, sont loin d’être négligeables pour la faune sauvage, qu’elle soit petite ou grande !”
Retrouvez la suite de cet article dans l'Eure Agricole du 01/12/11, page 3

“La disparition de ces bandes fleuries serait une vraie perte pour nous” explique Etienne Minot (à droite) président du syndicat départemental apicole. - © (L.Brémont)
Etienne Minot, président du syndicat des apiculteurs “Peut-etre d’autres opportunités à saisir...”
“Il est évident que pour nous, les bandes fleuries sont un complément intéressant, un complément alimentaire utile pour nos abeilles et, naturellement, toutes les initiatives qui sont de nature à assurer l’équilibre alimentaire de nos abeilles sont les bienvenues. A partir de ce constat, la disparition de ces bandes fleuries, pour nous, serait une vraie perte” explique le nouveau président du syndicat départemental apicole. De là à engager une lutte contre une municipalité, une agglomération ou une communauté de communes, il y a un pas qu’Etienne Minot n’est pas prêt à franchir. Et il explique pourquoi... “Il suffit de regarder autour de nous et d’apprécier le contexte du moment... Depuis la disparition de la taxe professionnelle, les communes doivent trouver de nouvelles ressources là où elles le peuvent et réduire les dépenses comme tout le monde et faire des choix parfois difficiles. Alors, la disparition des bandes nous attriste mais elle ne vient pas, je le crois, d’une mauvaise volonté particulière d’une municipalité ou d’une autre. Et si cela devait être le cas, nous ne voulons pas entrer dans ce jeu-là.” Mais de là à ne rien proposer, ce n’est pas le cas... “Il y a certainement, quelque part, des gens motivés pour continuer cette opération. (...)"
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