Le mauvais tour de la récolte 2011

“C’est la production - de toutes les productions agricoles - qui a le plus souffert de la sécheresse. Et aucun département n’a été épargné ” constate, réaliste, le président de l’ITL, Jean-Louis Maurice. De fait, le lin ne s’est jamais remis du déficit en eau impitoyable des mois d’avril et mai. “Du coup, la moyenne départementale se situe autour des 700 kg de fibres longues à l’hectare. C’est dérisoire par rapport aux résultats obtenus, par le passé, dans l’Eure.”
Un avis que partage Jean-Baptiste Voisin, le président de la coopérative du plateau du Neubourg. “Nous n’avons récolté que peu de matières. La moyenne à la coopérative se tiendra autour des 700 à 800 kg de fibres à l’hectare au lieu d’une moyenne des dix dernières années à 1 500 voire 1 600 kg de fibres à l’hectare. Ces mauvais résultats créent évidemment des problèmes même si, au niveau du marché, cela va sans doute permettre d’épurer certains stocks avec des prix avoisinant les 2,20 €...”. Concernant les problèmes évoqués par le président de la coopérative, il s’agit des conséquences directes sur les outils de teillage et leur fonctionnement. “Notre coopérative est aujourd’hui obligée d’avoir recours au chômage technique...()” Pour en revenir au marché, si les prix sont plutôt bien orientés, les clients se sont organisés aussi en fonction. Explications.
Des emblavements à tenir
“Nos principaux clients que sont les chinois ont fait des achats de précaution et ont ainsi anticipé la hausse des cours en venant acheter en mai-juin autour d’1,80 €. Du coup, actuellement, le commerce est plutôt calme. Mais je reste persuadé qu’ils (les chinois ndlr) reviendront en fin d’année”. Au-delà du seul résultat de cette mauvaise récolte 2011, les acteurs du lin de ce département estiment que de belles perspectives demeurent autour de cette production. “Nous devrions pouvoir répondre à la demande grâce aux stocks existants et cette récolte 2011 jusqu’en juillet 2012” souligne Jean-Louis Maurice. “Et je pense sincèrement que les trois années à venir seront porteuses...() D’abord, parce qu’il y aura nécessité de reconstituer nos stocks outils. De l’autre côté, les chinois, s’ils ont investi en début de campagne, se sont aussi rendus compte que nos productions étaient fragiles, pour nous (bien sûr) mais aussi pour eux. Comme ils sont dans une logique industrielle, ils doivent ainsi tenir compte de cette vulnérabilité ...()Et ils devront aussi faire avec l’arrivée de cette filière lin technique (biomatériaux...) qui deviendra rapidement concurrente...”
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