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Parole d’installe

Alexandra Beaucousin : l’enthousiasme et la détermination


28 septembre 2011 F.Carbonell Vu 486 fois

Il est 16 h. A la fromagerie flambant neuve, ce vendredi, les clients et visiteurs se pressent au comptoir. Madame Beaucousin - la maman d’Alexandra - s’affère. “Ma fille arrive” lance-t-elle à mon intention. De fait, Alexandra arrive. Le pas décidé, elle propose que je la suive dans la stabulation qui jouxte la fromagerie. “J’ai dix, voire quinze minutes à vous consacrer car c’est bientôt la traite et j’ai mes enfants à aller chercher juste avant !” explique-t-elle tout de go. Pas de problème. La jeune agricultrice ne s’embarasse pas de “parenthèses inutiles”. Elle vit comme elle parle : vite et bien. Sa détermination et son optimisme marquent “comme une empreinte” chacune de ses explications. Comme si rien ne pouvait - ni ne devait - lui résister. Pas surprenant qu’elle ait déjà réalisé ce qu’elle voulait : devenir agricultrice - éleveuse de chèvres et conduire un atelier de transformation et de commercialisation à la ferme... “A 12-13 ans, j’étais en stage chez un cousin qui avait un élevage caprin. J’ai adoré çà ! A mon retour, j’ai dit à mes parents que je reprendrai la ferme et que je ferai des chèvres !” se rappelle Alexandra. A partir de là, elle s’est appliquée à répondre aux exigences de sa passion.

Passage de témoin

Alexandra choisit donc une formation agricole avec, d’abord, un Bepa réalisé en apprentissage au Neubourg et une formation terrain dans une exploitation de polyculture élevage (lait) au Gros Theil. Dans la foulée, elle passe son Bac STAE à Chambray puis elle enchaîne sur un BTS en production animale (option caprine) à Châteauroux. Cette formation, elle aussi en apprentissage, va l’amener dans un élevage caprin, au Bois des Louviers à Dreux. Ce cursus établi, elle décide de travailler. Au contrôle laitier à la chambre d’Agriculture de l’Indre et, toujours dans ce département,  chez un éleveur.

Pendant tout ce temps, Alexandra fait mûrir son projet d’installation en production caprine. “Et c’est au 60 ans du père que j’ai créé cet élevage caprin !” précise la jeune agricultrice. Dans la foulée, elle souligne aussi l’importance que représente le fait d’avoir des parents agriculteurs. Des parents installés à Caugé sur une surface de             124 ha, tout en location avec des cultures de vente pour l’essentiel (et 2,5 ha de prairies) mais aussi 50 brebis. “Je travaille sur la même base d’assolement avec, simplement, 9,5 ha de luzerne en plus. Quant aux moutons, ils sont partis, remplacés par mon troupeau de 60 chèvres.”

Projet d’installation : pas une mince affaire

Aujourd’hui en EARL (de la Grange Neuve) avec pour associée sa mère, Alexandra s’est appliquée à structurer son projet autour de la transformation de la production laitière de ses chèvres et la vente (en direct essentiellement mais aussi sur les marchés). Pour cela, elle a imaginé un bâtiment d’élevage - plus précisément une chèvrerie - de 800 m2 comprenant stabulation, salle de traite et laboratoire de transformation avec boutique. “L’opération, globalement, me coûte 350 000 euros”. Un investissement imposant qui n’a pu se concevoir qu’avec une étude de marché et un plan de développement d’exploitation assuré par mon centre de gestion. “J’ai eu la chance d’avoir, tout au long de ce projet d’installation, de bons interlocuteurs,  à l’exemple de Stéphane Le Guyader d’AS 27 qui m’a bien épaulé. Mais, cela n’a pas empêché les difficultés d’apparaître au moment du financement.”

Et de commenter cette période délicate : “Vous pouvez être fidèle à une banque toute une vie (comme ce fut le cas de mes parents avec l’exploitation) et vous  vous retrouvez en face d’un interlocuteur vous proposant des conditions impossibles à tenir. A croire qu’il n’avait pas ouvert le dossier...() Heureusement, c’est de l’histoire ancienne. Bruno Bernard, du Crédit Mutuel, m’a ouvert la porte et il a écouté et travaillé avec moi le projet. Et, si on en juge par ma première année d’exercice, il ne s’est vraiment pas trompé...” sourit Alexandra.

De fait, l’activité transformation et commercialisation à la ferme a vite fait de trouver son rythme de croisière. “Si les clients viennent pour mes produits, je leur propose aussi de découvrir les installations, d’assister à la traite...() J’ai d’ailleurs pensé l’aménagement de la chèvrerie en fonction de ces visites. Je considère que cela fait partie de mon métier. Et les gens sont vraiment contents et apprécient.” L’heure tourne. Un coup d’oeil rapide sur l’écran du portable et Alexandra sait que les dix minutes de temps disponibles à la discussion sont déjà écoulés. “Ecoutez, je vais chercher mes enfants et l’on reparle de tout cela pendant la traite...” Alexandra est déjà partie récupérer ses bambins, Clarisse et Paul. Tout juste le temps de se retourner pour me lancer à la dérobée : “Vous voyez, je suis une femme heureuse.”

 

Retrouvez toute l'actualité des JA dans l'Eure Agricole du 29/09/11, pages 12, 17, 18 et 19.


La suite de cet article et d'autres photographies en page 19.

 

La bikette caugéenne


La fromagerie d’Alexandra Beaucousin est située au coeur du bourg de Caugé, chemin des hautes forrières.

Horaires d’ouverture :

- mercredi de 10 h à 12 h   et 14 h à 17 h

- vendredi de 10 h à 12 h  et de 14 h à 18 h

- samedi de 10 h à 18 h.


Visites pendant la traite à partir de 17 h.

Contact : 06 81 53 28 95labikettecaugeenne@gmail.com

 

 

 
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