L'Agriculteur Normand 24 janvier 2013 à 09h10 | Par E. Charon

FDSEA/JA - Larguage d’étourneaux chez Manche Nature

Les éleveurs n’apprécient pas les positions de l’association Manche Nature sur la protection totale des étourneaux qui ravagent stabulations et cultures. Ils l’ont fait savoir, lundi matin, à Coutances.

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© EC

Dix heures, lundi matin, place du marché de Coutances. Face à la cathédrale, des cris d’oiseaux se font entendre. Ce ne sont pas les moineaux locaux, mais leurs confrères des campagnes qui donnent de la voix. La FDSEA et les JA, las de voir les étourneaux ravager stabulations et champs de blé ont décidé d’apporter quelques volatiles à leur plus ardent défenseur, l’association Manche Nature.

Ras la casquette
De Hervé Marie (secrétaire général) à Jean-Michel Hamel (en charge du dossier étourneaux à la FDSEA) en passant par les éleveurs, ceux-ci en ont ras la casquette des étourneaux. “L’année dernière, l’administration, au niveau national, a décidé de classer l’étourneau, jusque là nuisible en gibier”. A la clé, de gros ravages dans des stocks de maïs ensilage, déjà bien compromis par les aléas climatiques de l’été et de l’automne. “Cet hiver, malgré deux opérations de prélèvement organisées sur Les Pieux et les environs de la tourbière de Baupte, nous n’arrivons plus à les faire fuir. Logique, on ne peut les tirer que pendant les heures d’ouverture de chasse (9 h 12 h le matin et jusqu’à 17 h. Problème, les étourneaux sont au pied des vaches très tôt et après 17 h”. Rémi Bézard, producteur laitier sur Gorges, ne mâche pas ses mots, “les étourneaux gâchent littéralement notre travail. Pour essayer d’éviter leur venue, on met de l’ensilage d’herbe en journée, et non du maïs ; malgré cette précaution, tout est gâché notamment par les déjections”.

Situation critique
Manche Nature dans le collimateur de la FDSEA et des JA ? “Nous ne voulons pas éliminer tous les étourneaux du département” soulignent de concert Jean-Michel Hamel et Hervé Marie, “mais Manche Nature est montée au créneau pour leur protection totale et entière. Une fois de plus, on ne tient pas compte de l’ampleur des dégâts provoqués. Dégâts chiffrés entre 5 et 6 millions d’euros pour une population de volatiles estimée à 600 000 dans le département”. Face aux bureaux de Manche Nature, fermés lors de la venue des manifestants, Hervé Marie a entamé un dialogue téléphonique avec Yves Grall, président de l’association. Dialogue qui n’a pas abouti. Manche Nature campant résolument sur ses positions en indiquant, “en Angleterre, 50 % des étourneaux ont disparu”. Disparus ou envolés vers la France puisqu’en Manche on recense, malgré les prélèvements effectués, une recrudescence du nombre d’étourneaux. “Cette année, la situation devient critique. Le peu de semis de blé effectué a été largement englouti par ces oiseaux. Voici trois ans, une enquête a mis en exergue plus de 1 300 ha ravagés avec obligation de semer à nouveau. Enfin, la chasse ferme fin février, comment pourra t-on se protéger des étourneaux ?”.
En final, la délégation FDSEA/JA a introduit par l’ouverture de la boîte aux lettres de Manche Nature, quelques étourneaux, pour les prémunir du froid sans doute, tout en leur donnant des grains de maïs, histoire qu’ils tiennent le coup pendant leur occupation des locaux.

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