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FDSEA-JA : “une PAC de trop”

“Ras-le-bol d’être toujours mis devant le fait accompli” expliquent les dirigeants syndicaux. “La réforme en cours ne ressemble à rien et va pénaliser l’élevage”.

© EC

Alors que la date de dépôt pour les déclarations PAC se rapproche, les éleveurs sont dans un flou absolu sur la réglementation. “Par contre, on sait que nous sommes sacrifiés sur l’autel de l’environnement”, lâche visiblement
désabusé Sébastien Amand, président de la FDSEA, lors d’une conférence de presse donnée lundi dernier au GAEC Ganné (Juvigny-le-Tertre). A cette rencontre, beaucoup de professionnels de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture visiblement inquiets par une réforme de la politique agricole européenne qui a fait de la convergence des aides son leitmotiv. Quant à l’application française, “pour toutes les filières d’élevage, c’est le coup de massue”. Et Hervé Marie (membre du bureau) d’enfoncer le clou, “ce n’est un ministère de l’agriculture que nous avons désormais, c’est un “sinistère”, voir un cimetière”.

25 000 € en moins
Guillaume Ganné s’est installé en 2008 avec une reprise de 16 ha. En 2009, l’option taurillons est prise (50 places). Voici deux ans, Anne-Sophie arrive sur l’exploitation ; du coup un GAEC entre époux est constitué. Aujourd’hui, le couple trait 500 000 l avec 60 VL sur 87 ha de SAU. “Les incidences de la réforme ? C’est clair, 25 000 € en moins sur cinq ans ; des modifications sur l’assolement pour s’adapter aux contraintes du verdissement de la PAC comme l’identification de surfaces d’intérêt écologique, telles que les haies”. Outre Sébastien Amand, Isabelle Lottin, vice-présidente de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture, Jean-Michel Hamel, secrétaire général FDSEA ou encore Jean-François Osmond (JA) et Philippe Faucon (commission environnement FDSEA) ruent dans les brancards. “Nous voulons alerter l’ensemble du monde paysan concernant leurs futures déclarations PAC. Actuellement, personne ne sait à quelle sauce nous serons mangés ; déclarer d’accord ! Encore faut-il savoir sur quels points les agriculteurs vont perdre le moins. Personne n’est capable, au niveau de l’administration, de nous conseiller correctement. En fait, ce n’est plus le ministre qui est aux commandes mais bien de hauts fonctionnaires qui ne sont pas en prise avec la réalité du terrain ; de vrais amateurs”.

Convergence non désirée
Avec la convergence des aides, les éleveurs ne seront donc pas à la fête, comme le rappelle Marc Lecoustey (Chambre d’agriculture) ou encore Sylvain Leménorel (secrétaire général adjoint FDSEA de l’arrondissement d’Avranches). “Le monde du végétal est moins impacté que nous. Nous payons les pots cassés alors que d’énormes efforts ont été effectués à tous les niveaux, sur la norme nitrate par exemple. Nous aurions du, voici quelques années, prendre une option totalement économique : araser les haies pour créer de grandes parcelles. L’environnement ne serait pas aujourd’hui un frein”. Et Sébastien Amand de reprendre, “c’est vraiment une PAC aberrante. On ne prend pas en compte l’historique des exploitations. Plus fous encore, les DPB (ex-DPU) ne sont même pas transférables entre exploitants. De même, l’agriculteur souhaitant céder sa structure ne pourra pas y joindre les aides”. Du coup, l’installation risque de prendre du plomb dans l’aile.
Olivier Philippe, responsable de la section viande bovine FDSEA, s’inquiète aussi pour les élevages allaitants. “D’autres pays vont prendre nos parts de marchés. L’Institut de l’élevage a calculé que nous allons perdre 150 000 têtes d’ici 2020. A la FDSEA, nous demandons à tous les producteurs de VA de faire un maximum de déclarations”. Sébastien Amand cite les AIM, “si ces abattoirs sont dans une situation difficile, cela vient aussi des freins imposés par les lobbys écologistes. Dès qu’un producteur veut s’agrandir ou s’installer, c’est une levée de boucliers. L’État nous demande d’avoir une agriculture dynamique, de créer des emplois et on nous met les bâtons dans les roues, comme l’association Manche Nature Environnement”.
La FDSEA et les JA de la Manche veulent donc que les cartes soient redistribuées. “Des réponses adaptées au premier pilier de la PAC doivent être définies au plus vite, notamment pour les cas particuliers sur les transferts. Idem pour les aides couplées. Une souplesse doit se mettre en place lors de cette première année de verdissement à l’occasion des contrôles. Nous refusons d’être tenus pour responsables de la non-application des règles PAC que nous ne connaissons pas et qui sont trop restrictives”. Un message qui sera prochainement transmis aux parlementaires du département.

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