L'Agriculteur Normand 06 novembre 2014 à 08h00 | Par A.Dufumier

Ferme en Fête : “J’ai acheté ma première vache à quinze ans”

Interview de Bruno Renard, président de l’association des éleveurs de Blonde d’Aquitaine de Normandie.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

“J’ai acheté ma première vache à quinze ans” © Alexis Dufumier

 

Bruno Renard, éleveur ornais de Blonde d’Aquitaine, et président de l’association des éleveurs de Blondes d’Aquitaine de Normandie (ASEBAN), revient sur son parcours et sur son élevage.

Pouvez-vous présenter votre parcours ?
“Fils d’agriculteur producteur de lait, je me suis paradoxalement et depuis toujours, passionné pour les vaches allaitantes, jusqu’à m’installer en 1992 en viande bovine, sur l’exploitation familiale. Depuis, j’ai agrandi progressivement le troupeau. Aujourd’hui, je réalise 130  vêlages par an sur une exploitation de polyculture élevage, au Pont-Saint-Lhomer, commune percheronne ornaise, frontalière de L’Eure-et-Loir. Les femelles font toutes un vêlage et j’engraisse tous les animaux, femelles et mâles avec la vente de quelques taureaux reproducteurs.

Comment vous êtes-vous passionné pour la race ?
Ma passion me tient depuis l’âge de quinze ans, avec l’achat de ma première bête. J’étais déjà fasciné par la morphologie et la finesse de la race Blonde d’Aquitaine, qui exprime à la fois tellement de grâce et d’élégance et tellement de puissance. Pour moi, c’était la promesse d’un rendement et d’une qualité de viande exceptionnels. Une première intuition qui s’est vite confirmée à mon installation avec la vente de mes premiers animaux. Je me suis bien rendu compte que la race était recherchée, notamment par les grands professionnels de la viande, les artisans-bouchers.
Aujourd’hui, quels sont vos objectifs d’élevage ?
Aujourd’hui, dans mon élevage, je ne cherche plus tant à accroître les effectifs de vaches, qu’à continuer de faire progresser la génétique du troupeau ; gagner encore en homogénéité parmi les animaux, en faisant surtout bien attention de ne pas détériorer les bases. Mon objectif d’éleveur est d’obtenir des animaux qui aient avant tout les meilleures aptitudes maternelles que possible ; mise à la reproduction facile, production de lait, facilité de naissance, intervalles vêlage vêlage courts. Je recherche aussi des animaux qui ont du gabarit avec une bonne mixité squelette et viande, pour le meilleur rapport possible entre poids vif et poids de carcasse. Je n’oublie jamais la finalité de notre race, qui est la production de viande, et j’essaye aussi de travailler la finesse et le grain de viande. Je vends une partie de mes animaux en vente directe en caissette, une autre partie à un boucher et le reste en direct à l’abattoir. Afin d’assurer au mieux ces débouchés, je cherche à avoir des vêlages assez étalés. Cela me permet également d’avoir des entrées d’argent régulières avec la vente de taurillons et de me faire un prix lissé sur l’année.

Quelle sera votre participation à Ferme en Fête ?
Je participe en moyenne à quatre concours par an. Cette année à Ferme en Fête, j’emmènerai neuf animaux, tous nés sur l’exploitation. Les concours, cela reste une passion, avec un investissement personnel important.

“J’aimerais que nous soyons tous unis d’une même parole pour un élevage allaitant dynamique dans les décennies à venir”
“J’aimerais que nous soyons tous unis d’une même parole pour un élevage allaitant dynamique dans les décennies à venir” - © AD

 

“Pour notre association, Ferme en Fête, c’est notre étape locale, où nous nous retrouvons tous ensemble. Notre siège est d’ailleurs basé à Alençon, le centre de gravité de la zone ASEBAN ; l’Orne est le département de la région ayant les effectifs les plus importants. Cette année, à Ferme en Fête, nous présentons environ 50 animaux de très haute qualité dont certains ont participé au national à Biarritz cette année.
A Ferme en Fête, nous faisons le bilan de la saison passée et préparons aussi la jeune promotion à venir pour la saison des concours de 2015. Ferme en Fête c’est aussi la rencontre avec le grand public, auquel nous faisons passer un message ; “la blonde d’Aquitaine c’est la formule 1 en matière de qualité de la viande, de tendreté et de goût”. Nous aimerions que Ferme en Fête soit aussi une rencontre avec nos élus, qui eux aussi, à leurs niveaux, peuvent donner des signes en faveur de nos élevages, en simplifiant les contraintes administratives, et la réglementation de plus en plus lourde pour nos exploitations. Je souhaiterais qu’au lieu d’être souvent divisé, nous soyons tous unis d’une même parole pour un élevage allaitant dynamique dans les décennies à venir.

Une bonne dynamique
90 adhérents, douze départements, 3000 vaches inscrites au livre généalogique de l’organisme de sélection et 10 000 animaux non inscrits. Je pense que l’ASEBAN est sur une bonne dynamique, avec des effectifs qui progressent, et nous sommes la deuxième race allaitante dans tous les départements de la zone ASEBAN. Eleveurs sélectionneurs, naisseurs, engraisseurs, je crois que nous arrivons à réunir tout le monde avec des intérêts différents. Tout nouvel adhérent est le bienvenu. Nous proposons également des semences issues de deux taureaux que nous collectons en station. Notre rôle est aussi de faire la courroie de transmission entre les éleveurs et l’organisme de sélection national basé à Agen. L’ASEBAN est un lieu pour se rencontrer pour parler des résultats et des performances de chacun. Nous ne perdons jamais de vue la finalité de la race, qui est la production de viande”.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui