L'Agriculteur Normand 25 février 2010 à 14h18 | Par Anne-Sophie HERVILLARD ARVALIS - Institut du végétal

Fertilisation soufrée des céréales - Attendre le mois de mars pour intervenir dans les situations à risque

Les températures inférieures aux normales enregistrées au cours des derniers mois ralentissent le développement des plantes.

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Symptômes caractéristiques : jaunissement des jeunes feuilles, avec stries jaunes ou vert clair le long des nervures.
Symptômes caractéristiques : jaunissement des jeunes feuilles, avec stries jaunes ou vert clair le long des nervures. - © DR

Le stade épi 1 cm devrait être retardé de quelques jours par rapport à une année “normale” entre la dernière décade de mars et début avril selon les variétés et les secteurs, pour des semis d’octobre - début novembre.
Pour les céréales à paille, la période de sensibilité à une carence en soufre commence au début de la montaison. Un apport précoce d’engrais, à un stade où les besoins des cultures et leur absorption sont faibles, l’exposerait à un risque accru de lessivage si les pluies sont abondantes en mars. La meilleure période d’apport se situe entre fin tallage et tout début montaison, donc pas avant le mois de mars.

Comment évaluer le risque ?
Le soufre a un comportement similaire à celui de l’azote dans le sol : sensible au lessivage et dépendant de la minéralisation, les fournitures du sol sont étroitement liées au climat de l’automne et de l’hiver. Dans les parcelles qui reçoivent des apports réguliers de fumier, les fournitures restantes sont toujours suffisantes pour couvrir les besoins. Tout apport de soufre y est inutile. Dans les autres situations, il convient d’évaluer le risque pour décider de la pertinence d’un apport et déterminer sa dose.  Le cumul de pluie entre le 1er octobre 2009 et le 1er mars 2010, associé au type de sol et à l’historique d’apport de soufre, est nécessaire pour estimer le risque de carence et déterminer les besoins d’apport pour les parcelles ne recevant pas d’apports réguliers d’engrais de ferme : voir tableau 1.

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Cibler les situations à risque en Basse-Normandie en 2010
Jusqu’à aujourd’hui, les cumuls de pluie depuis le 1er octobre sont assez proches de la médiane sur 30 ans pour la plupart des stations météo (+ 10 à 30-40 mm), hormis dans le nord de la Manche encore plus arrosé que d’habitude (723 mm contre 523 mm en année normale) (tableau 2). Le lessivage est donc proche de la normale à légèrement supérieur. En parallèle, le temps humide, mais frais que nous connaissons actuellement limite la minéralisation. Il en résulte des stocks d’éléments minéraux disponibles pour les plantes assez modestes.
Tous les postes météo devraient cumuler d’ici le 1er mars entre 350 et 480 mm de pluie, ce qui correspond aux lignes jaunes du tableau 1. Seule la pointe nord de la Manche cumule au-delà de 500 mm (lignes orange du tableau 1). En dehors des sols profonds ayant reçu un apport de soufre l’an dernier et des parcelles fertilisées régulièrement à l’aide d’engrais de ferme qui supporteront une impasse, les autres parcelles de blé devraient recevoir un apport de soufre en 2010.

Carence en soufre sur céréales (bas de la photo) : mieux vaut prévenir que guérir.
Carence en soufre sur céréales (bas de la photo) : mieux vaut prévenir que guérir. - © DR

Choix de la forme d’engrais
La forme d’engrais n’influence pas l’efficacité de l’apport. Elle doit être choisie en fonction du coût et de l’équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu’on choisit un engrais composé. Les super 18 et 25 et les sulfates de potassium sont souvent moins onéreux. Pour optimiser leur utilisation, on tiendra compte du phosphore ou de la potasse apportés simultanément. Les sulfates d’ammoniaque présentent l’inconvénient d’être très dosés en soufre par rapport à l’azote. La meilleure stratégie est de choisir la dose d’apport en fonction des besoins en soufre et de prendre en compte l’azote apporté dans le raisonnement du fractionnement de l’azote. Les autres formes qui contiennent du magnésium doivent être plutôt réservées aux situations peu fréquentes qui justifient l’apport de cet élément.

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