L'Agriculteur Normand 28 août 2019 à 17h00 | Par S.Bossière

De conducteur d’engins à celui de tracteurs

Il ne suffit pas d’être enfant d’agriculteurs pour intégrer le monde agricole. Julien Couillard en est l’exemple. Originaire de la région parisienne, il a intégré la Cuma de la Station à Husson (sud Manche) pour conduire différents matériels, effectuer les travaux des différents adhérents. A aucun moment, il n’aurait envie de retrouver sa vie d’avant.

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llll Julien Couillard n’a pas grandi au milieu des champs. Il est originaire de Maisons-Laffitte (Yvelines). Pour autant, son grand-père est manchois. Il a habité à Rancoudray, commune du sud-Manche, là où Julien a désormais posé ses valises. Mais son parcours a débuté par un diplôme de conducteur d’engins « par passion des engins », précise-t-il. Il en a fait son métier pendant sept ans. Il a rejoint par la suite le monde des chevaux, et plus particulièrement l’hippodrome de Maisons-Laffitte, ville de ses racines, et lieu où a travaillé son père. « Il m’a transmis sa passion », confie-t-il. Il effectuait des travaux manuels, entretenait les pistes d’entrainement…

Et puis, Julien Couillard a voulu quitter la région parisienne pour ouvrir un haras dans le Calvados. Le projet n’ayant pas pu se finaliser, il a rebondi sur les terres de son grand-père, dans le sud Manche. « La vie ici n’est pas la même. La qualité de vie est différente. Il n’y a pas de stress. Ce n’est pas métro, boulot, dodo », note-t-il. Mais une fois arrivé à Rancoudray, il fallait retrouver du travail. Alors, il a poussé des portes jusqu’à aller en usine. Mais le travail en extérieur lui manquait. Sa motivation lui sera bénéfique. De bouche à oreille, son envie de rejoindre le monde agricole sera entendu.

A la Cuma de la Station, une des Cuma au chiffre d’affaires conséquent (350 000 €), les demandes des adhérents sont de plus en plus importantes. « Nous avions de plus en plus d’adhérents qui voulaient une prestation complète. Cela pouvait se faire à condition d’embaucher une personne », confie Jean-François Dorenlor. Une manière de répondre aux attentes des adhérents et au souhaits de Julien Couillard. « Le salariat était la bonne solution », assure-t-il. Alors, la Cuma a embauché avant tout Julien Couillard « pour son attitude, son envie d’apprendre, sa motivation, et non sur ses diplômes », souligne-t-il.

Même si le jeune trentenaire a tout à apprendre, il écoute, il se forme auprès des agriculteurs de la Cuma. Ses missions « sont larges », reconnaît le salarié agricole. « Elles sont identiques à celle qu’un agriculteur fait sur son exploitation. Cela passe par la préparation du sol, le battage, l’ensilage… l’entretien également », explique-t-il. Son quotidien n’est pas de tout repos, comme celui des agriculteurs. « On travaille avec la météo. C’est elle qui nous guide beaucoup. Je savais qu’il fallait être ouvert pour intégrer le monde agricole. Et je ne regrette rien », confie-t-il. « Tout est différent ici. Les gens disent bonjour. La qualité de la vie est meilleure », reconnait le salarié agricole.

La seule crainte au départ était de pouvoir satisfaire la demande des adhérents. Mais sa capacité à écouter et à comprendre lui permettent aujourd’hui de dire que « tout se passe bien », avec l’ensemble des agriculteurs. « Je ne reviendrai jamais en arrière », sourit-il. Alors, aux jeunes qui hésitent à choisir une voie professionnelle, il leur conseille « d’aller découvrir ce milieu, échanger avec les agriculteurs. Les portes ne sont pas fermées. Il faut juste oser », conclut-il.
Julien Couillard est l’exemple d’un jeune intégré dans le milieu agricole sans en être directement issu. Il n’est pas le seul à être salarié ou à s’installer hors cadre familial. Les Jeunes agriculteurs veulent le faire savoir lors de leur Festival de la Terre et de la Ruralité.

Rendez-vous le 1er septembre à Saint-Clément-Rancoudray.

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