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Festival de la terre dans la Manche : 8 500 personnes sur terre

Le Mortainais a été le temps d’une journée, dimanche 1er septembre, le centre de la terre, celle cultivée par les agriculteurs, et qui a été foulée par des ruraux ainsi que des citadins, 8 500 au total. Une belle édition qui récompense le travail de 200 bénévoles, emmenés par Valentin Peltier, président des JA de Mortain, avec le concours des JA de la Manche.

llll « Nous le voulions il y a trois ans, nous l’attendions, nous l’avons eu, nous l’avons réussi », lâche Valentin Peltier, président des JA de Mortain. Effectivement, cette nouvelle édition a été une réussite. Certaines sont marquées par la gadoue, d’autres par la poussière, mais surtout par le succès encouragé par plus de 8 500 personnes. 

Action. Le A de JA ne veut pas seulement dire agriculteurs mais des agriculteurs toujours en action, « en action de communication pour le Festival de la terre ou pour d’autres événements pour promouvoir notre métier. Mais pas uniquement. Nous voulons être force de proposition. Nous contribuons à faire évoluer notre territoire et notre métier », martèle François Rihouet. 

Inquiétude. C’est en abordant les accords internationaux que le président des JA a exprimé son « inquiétude face à l’incertitude. Nous ne sommes pas contre les accords internationaux. Nous sommes ouverts. Mais il faut de l’équité », demande-t-il.
EGA.  Les JA ont travaillé longuement sur la loi des EGA. « Il faut savoir semer, laisser pousser pour pouvoir récolter », reconnait le responsable syndical. Pour autant, « la phase de pousse est trop longue. Nous aurions besoin des récoltes rapidement pour mesurer les fruits de cette loi », poursuit-il dans le but d’encourager des jeunes dans cette voie. « Que deviendrait un territoire comme le Mortanais si on n’a pas une rémunération des travailleurs, une équité par rapport aux échanges commerciaux ? Cela changerait la dynamique de ce territoire », défend-il.
Installation. C’est le fer de lance des JA. Ceux qui sont engagés dans cette voie veulent croire en leur métier et faire en sorte qu’il soit attractif. « L’agriculture est un secteur qui recrute. Nous avons des points d’accueil et d’information qui sont là pour guider les personnes. La transmission est importante. Nous avons beaucoup de fierté à exercer notre métier, à nous former », note François Rihouet qui encourage les visiteurs à poser des questions. « Vous aurez les réponses en direct », sourit-il, des réponses du producteur au visiteur.

Humilité. C’était le thème de l’homélie du prêtre. Pour lui, l’humilité est la vertu morale la plus importante qu’il soit. « Elle fait front à l’orgueil, la racine même du pêché, pêché par excellence qui empêche d’être à sa place. » Une définition dans laquelle les JA se sont reconnus.

Solidaire. En fin de matinée, après la messe et la fin des discours, une place a été donnée à Solaal, association qui facilite le don agricole vers les plus démunis. Jean-Michel Hamel, secrétaire général et coordinateurs des relais régionaux, a pu organiser sur le site une chaîne humaine de dons grâce aux entreprises et agriculteurs (Agrial, Cœur de Normandy, Maitres laitiers du Cotentin, Réo, Mathieu Joret et Jean-Luc Leblond. Une chaine matérialisée par les élus, les responsables d’OPA et le préfet de la Manche, Gérard Davory. Au total près de 1 000 l de lait et 250 kg de légumes ont pu être répartis entre la Banque alimentaire et les Restos du Cœur. « On ne fait pas que penser, on le fait. On se met en action », confie François Rihouet.

A noter que c’est le canton de Saint-Lô qui accueillera l’édition 2020.

Un soutien local plus que de l’agglo

Si Saint-Clément-Rancoudray est niché au cœur du Mortainais avec ses 548 habitants, le maire, Jean-Paul Brionne ne s’est pas trompé en apportant une aide financière et technique significative. « L’activité agricole y est importante. Nous comptons une vingtaine de sièges d’exploitations », souligne-t-il, reconnaissant le travail des JA permettant de transformer la parcelle de 30 ha couverte de blé il y a un mois en un village attractif. Une position que les JA apprécient d’autant plus que d’autres collectivités à dimension plus importante n’ont pas eu la même écoute. « On se rend compte que le lien local est plus important que celui de certaines administrations plus éloignées, et plus déconnectées de nos territoires », ajoute François Rihouet, président des JA de la Manche. C’est Albert Bazire, maire de Sourdeval, et vice-président de l’agglomération Mont-Saint-Michel Normandie qui a déploré l’attitude de la collectivité. « L’aide apportée n’a pas été la hauteur de vos espérances », se désole-t-il. « Nous avons été plusieurs à défendre vos intérêts. Mais nous ne sommes pas toujours compris. Or, nous avons besoin de vous. La terre, la ruralité, c’est vous. Nous devons rester très vigilants et solidaires de vos actions », assure-t-il.

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