L'Agriculteur Normand 06 septembre 2018 à 14h00 | Par S. Bossière

François Rihouet président des JA de la Manche : « gagner notre vie dignement »

La rentrée syndicale promet d’être chaude, et pas en raison seulement de la météo. Le président des JA de la Manche, François Rihouet, l’a rappelé lors du Festival de la terre et de la ruralité à Saint-Sauveur-le-Vicomte au ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. Les dossiers sur la table sont nombreux.

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- © SB

>>  Quel premier bilan dressez-vous ?
Je suis satisfait de la fréquentation et de la bonne ambiance qui règne sur le terrain. C’est un événement pour nos adhérents, les agriculteurs et le grand public. Les objectifs sont remplis. Nous ne pouvons qu’être heureux aujourd’hui. Cette édition s’est déroulée une nouvelle fois dans une ambiance festive. Les jeunes des cantons de Saint-Sauveur, Bricquebec et Valognes ont pris en charge l’organisation du festival, avec l’appui de l’équipe départementale et de nombreux bénévoles, 200 au total. Chez les JA, nous sommes attachés à animer nos cantons. Le festival en est un bel exemple.

>>  Pour la seconde année consécutive, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, s’est déplacé. Quel message avez-vous pu lui faire passer ?
Je lui ai rappelé qu’il pouvait compter sur nous pour transformer l’agriculture. Mais il nous faut de la visibilité. Les travailleurs doivent récupérer le fruit de leur travail.  C’est la seule chose importante pour que les choses changent. Alors, nous avons évoqué les EGA. Nous ne voulons pas une charte de valeur comme en décembre qui n’a pas été respectée par la suite mais un vrai rééquilibrage des forces. Ceux qui font les choses, les agriculteurs, doivent gagner leur vie avec le fruit de leurs produits. Il faudra pouvoir le mesurer dans les exploitations. Quand on sème, on ne récolte pas dès le lendemain. Mais là, il est temps que cela arrive. Il nous faut du concret.
Nous avons évoqué bien entendu les cours d’eau, les haies bocagères, les documents d’urbanisme, sans oublier le renouvellement des générations qui restent un enjeu pour nous. Le principal pour tout jeune installé, c’est bien de pouvoir gagner sa vie dignement.

>>  Vous voulez participer à la transformation de l’agriculture. De quelle manière ?
Le syndicat, depuis 60 ans, a toujours su proposer des choses, parfois avec des déceptions mais aussi des acquis. Mes prédécesseurs ont toujours été actifs. Nous avons participé aux EGA. Mais là, il est temps que les agriculteurs récupèrent le fruit de ces changements.

>>  Comment expliquez-vous le succès de cette manifestation ?
Nous avons effectivement un public fidèle et des nouvelles personnes chaque année. Pour nous, c’est vraiment l’occasion de discuter ensemble et faire la promotion de notre métier. Les agriculteurs ont toujours des entreprises à dimension humaines. On ne montre pas des fermes mais on invite à nous rencontrer pour répondre aux questions. Même si nous sommes dans un milieu rural, certaines personnes n’ont plus de lien avec l’agriculture. Et toutes les animations proposées sont faites en direction du public, petits et grands. Nous avons aussi bien des essais maïs pour les agriculteurs, des concours de labours que des structures gonflables pour petits ou grands, mais aussi des démonstrations de chiens de troupeau ou encore l’incontournable 4L Cross....

>>  L’année dernière, le festival s’est déroulé dans le centre, l’année prochaine il aura lieu à Mortain. Pourquoi tourner chaque année ?
C’est parfois sur le terrain lui-même ou la nature du sol qu’on voit la différence et la richesse de notre territoire. Sur les axes routiers également ! Je voudrais m’excuser auprès des personnes qui ont été gênées par les bouchons. On essaye d’y remédier. Si nous choisissons d’aller ici ou là, c’est aussi pour animer le milieu rural. On veillera toujours à améliorer cette fluidité.

>>  Une nouvelle équipe a été élue au printemps, avec quel projet ?
Avec celui de la communication positive. On communique auprès des élus, des écoles, de notre entourage. Et nous avons un projet avec les différents cantons pour communiquer sur notre métier. Il ne faut pas hésiter à nous suivre sur les réseaux sociaux. Le Festival de la terre et de la ruralité, c’est une fois par an. Mais nous, nous sommes présents toute l’année.

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