L'Agriculteur Normand 28 novembre 2012 à 13h57 | Par T.Guillemot

FRSEA - Une politique agricole commune mais aussi des prix rémunérateurs

“La PAC 2014/2020 : quelles évolutions pour l’agriculture française ?” Tel était le sujet proposé à Xavier Beulin (président de la FNSEA) venu débattre ce lundi à l’occasion de l’assemblée générale de la FRSEA de Basse-Normandie. Au-delà de la politique agricole commune, c’est toute une vision du développement agricole et de ses moyens contributifs qui ont été abordés.

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Dans son discours introductif, Pascal Férey (président de la FRSEA) a listé les points noirs 2012/2013. Des conditions climatiques difficiles, des marges animales qui vont se contracter avec l’envolée du prix du soja, l’augmentation du nombre de communes classées en zones vulnérables, les tergiversations du ministre de l’agriculture sur la contractualisation pour des raisons politiques... Autant d’éléments d’inquiétude qui s’inscrivent dans un contexte de renégociation de la PAC qui subit bien des écueils (voir encadré). “Les pays radicaux veulent revisiter le budget agricole. Il doit rester à l’étal et s’il faut verdir la politique, il ne faut pas tomber dans la démagogie (...). Quant à la convergence des aides, elle serait dramatique pour nous qui avons fait le choix des hommes et non pas des hectares”, a rappelé Pascal Férey.

Ne pas sanctuariser la prairie permanente
“Des hectares pour faire du focus écologique (7 %) ?”, s’est interrogé Patrice Lepainteur (président de la FDSEA du Calvados) alors que le défi alimentaire de demain n’est pas relevé. “Il y a un décalage entre le bon sens paysan et les décisions politiques, a souligné pour sa part Olivier Borel au nom de la FDSEA de l’Orne. Il y a le discours de tribune et celui de terrain. Il faut dire la même chose avec des mots différents.” Un exercice délicat car si l’OMC et la PAC impactent le quotidien de chaque agriculteur, ce même agriculteur veut qu’on lui parle de prix et de revenu. Que le syndicalisme se batte âprement contre l’empilement des contraintes environnementales... Histoire aussi de ne pas casser la bonne dynamique d’installation régionale dont s’est félicité Franck Labarrière (président de JA Normandie). Les deux approches ne sont pas antinomiques. Xavier Beulin défend un syndicalisme responsable. Celui qui sait tenir le crayon et la feuille de papier pour faire des propositions et celui qui dit “non. Non à l’interdiction de remettre en culture un certain pourcentage de prairies permanentes. Non à la suppression de l’aide à l’engraissement des JB (Jeune Bovin). On va faire sur ce sujet du contentieux. Elle sera payée en 2013. La décision a été prise par l’ancien gouvernement. La continuité républicaine s’impose”.
Régionalisation attention danger
Autre “non” exprimé par le président de la FNSEA : la gestion totale par les régions du second pilier. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’un financement national faisant appel à un cofinancement européen. “Ça marche dans ce sens la.Si on n’a pas une grande réforme des collectivités et notamment une réforme fiscale pour remettre de l’équité contributive entre les régions, je vois mal certaines demain mettre des moyens sur la table pour aller chercher du cofinancement à Bruxelles. Je l’ai dit à René Souchon (ndrl : président de la commission Aménagement du Territoire de l’ARF/Association des Régions de France). Dans ces conditions, il faudrait mieux être agriculteur en Rhône-Alpes qu’en Auvergne. Ça ne fait pas plaisir mais il faut se le dire”. Une continuité territoriale qui serait mise à mal également sur des sujets aussi fondamentaux que “la politique d’installation, la gestion des ICHN (Indemnité Compensatrice d’Handicap Naturel), la gestion des crises (...) qui dépendent du second pilier. Il faut quand même garder une cohérence nationale”.
Dernier risque et non des
moindres, la tentation par les régions de faire basculer 10 à 15 % des soutiens du premier pilier vers le second. Une façon pour elles de contribuer un peu moins tout en récupérant du
budget communautaire pour
élaborer sa politique agricole locale.
François Dufour, représentant du Conseil régional, a marqué sa différence. “C’est une discussion que nous avons au sein de l’ARF. Nous avons demandé à l’INRA de faire des simulations sur les incidences qu’aurait la fixation de l’orientation des aides en tenant compte par exemple du nombre d’actifs, des surfaces et de la nature de ces surfaces. Je pense à l’herbe, importante en terme de compétitivité et qui permet d’avoir un prix de revient du lait maîtrisé et maitrisable.Nous poursuivons notre réflexion avec la Bretagne et les Pays de Loire pour étudier notre position. C’est aussi par la discussion avec l’ensemble des organisations que nous allons arrêter notre stratégie”, a-t-il rassuré.
Directive nitrates : FNSEA/JA lancent une pétition
Afin de se faire entendre face à l’extension des zones vulnérables et la mise en œuvre de la directive nitrates, la FNSEA et les JA lancent une pétition http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N32009
et demandent la mise en place d’un moratoire sur l’extension des zones vulnérables “dans l’attente d’une vraie étude scientifique”. Ils veulent aussi que soit reportée la signature par les préfets coordonnateurs de bassin des arrêtés de délimitation et demande la révision du cadrage des 5ème programmes d’action Directive “nitrates”. Le renvoi au niveau régional des calendriers d’épandage et la mise en place d’un plan en faveur de la compétitivité de l’élevage fait aussi partie des priorités des syndicats.

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