L'Agriculteur Normand 05 janvier 2015 à 08h00 | Par e.charon

Gène sans cornes, du bonus pour les élevages

Jean-Marc Laumonnier, installé en élevage allaitant (65 Limousines), à Marigny, prône plus que jamais le gène sans cornes. Jouant la carte du "tout herbe", il mise aussi sur la monte naturelle pour améliorer au maximum la génétique de son troupeau.

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Le gène sans cornes, un plus pour la contention des animaux. © e.charon

"Pour moi, cette méthode a un côté pratique. Mes souches sont soigneusement choisies, je vais en général les chercher dans le centre de la France". Justement, cette génétique c'est par elle que passe ce fameux gène sans cornes, tant recherché aujourd'hui. Début décembre se déroulait d'ailleurs, une journée thématique sur l'exploitation.


Taureaux en location


"Les exploitations allaitantes mais aussi laitières s'agrandissent. Les exploitants ont beaucoup de travail. Le chantier écornage prend beaucoup de temps. Il amène aussi du stress pour les hommes mais aussi les animaux. De plus, dans le cadre des directives "bien-être animal", on ne sait pas dans quel cadre on pourra encore écorner" souligne notre éleveur. Jean-Marc s'est donc lancé dans la sélection génétique sans cornes depuis trois ans. "Je suis sûr que c'est un marché qui va se développer" lance-t-il. À l'heure de la génomie et des manipulations génétiques en laboratoire sur les bovins, avoir un gène sans cornes est naturel. "Cette technique est arrivée en France par des croisements principalement par le biais de deux races d'outre-Manche, l'Angus et l'Hereford. Voici des siècles, les bovins n'avaient pas forcément des cornes. L'homme les a développées pour pouvoir atteler". Désormais, Jean-Marc Laumonnier ne peut plus faire "sans". "Au niveau sécurité, c'est quand même très intéressant au niveau de la manipulation. Les animaux ne se blessent pas entre eux lorsqu'ils sont en stabulation libre. Écornés, les bovins sont plus calmes".Le gène sans cornes se développe donc de plus en plus dans les exploitations. "Reste que c'est assez long à mettre en place. Si nous avons pas mal de taureaux à l'insémination qui arrive sur le marché, au niveau monte naturelle le prix des géniteurs reste élevé". Pour diminuer les coûts, Jean-Marc Laumonnier a utilisé trois taureaux en location par le biais d'un éleveur mayennais. Une démarche expliquée lors de la porte ouverte. Membre du bureau du pôle allaitant manchois et de Littoral Normand, il a notamment indiqué les origines du gène sans cornes et surtout comment il se transmet. "C'est un gène dominant, relativement facile à faire passer. Nous travaillons beaucoup avec des taureaux hétérozygotes (porteurs des gènes sans et avec cornes). Le but, c'est d'arriver à transmettre le bon gène sans détériorer l'existant". Une donnée essentielle ; voici quinze ans lors du début des "sans cornes", c'était le seul critère de sélection. "On est parti d'animaux de qualité inférieure. À force de croisements, nous sommes arrivés à des bovins sans cornes et de qualité équivalente aux animaux classiques".

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