L'Agriculteur Normand 18 octobre 2016 à 08h00 | Par V. Motin

IBR et séparation des flux : « une contrainte supplémentaire mais nécessaire »

La législation sur l'IBR a été modifiée par arrêté ministériel. Ce dernier est censé s'appliquer depuis le 1er octobre. Parmi les mesures imposées, le contrôle sérologique dans les 15 jours précédant la vente. Cette mesure sera obligatoire pour tous les élevages non certifiés indemnes d'IBR. Une fois arrivés sur l'exploitation de l'acheteur, les bovins devront être isolés et subir un nouveau contrôle IBR entre 15 et 30 jours suivant leur arrivée. Pour les négociants, cette nouvelle règle impose également de bien séparer les flux des animaux du transport jusqu'à l'allotement. Explications de Dominique Truffaut. , vice-président national et président de la FFCB Basse-Normandie (Fédération Française des Commerçants en Bestiaux)

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>> Les négociants appréhendent-ils cette nouvelle règle liée à l'IBR comme une contrainte supplémentaire ?
C'est une contrainte. Mais, c'est aussi une nécessité. La Basse-Normandie a cependant un avantage : le taux de cheptel indemne d'IBR y dépasse les 80 %. Le travail mené par les GDS a bien fonctionné. Nous pouvons donc espérer que l'éradication de la maladie sera rapide. Au titre de comparaison, environ 40 % des élevages du centre de la France sont indemnes d'IBR. Avec la rigueur de tous les acteurs normands, j'espère que 98 % des animaux vendus seront indemnes d'IBR dans un ou deux ans.

>> Quelle sera la principale difficulté pour les marchands de bestiaux avec cette législation IBR ?
Nous devons séparer les flux pour éviter toute contamination pendant le transport et en centre d'allotement. Cette contrainte est valable pour les négociants privés, les coopératives et sur les marchés. D'un côté, on aura les animaux certifiés indemnes d'IBR et ceux qui auront subi une prise de sang négative. Les autres animaux, positifs ou non testés, ne pourront pas être destinés à l'élevage. Ils finiront en abattoir, en atelier d'engraissement ou à l'export.

>> L'arrêté est entré en vigueur le 1er octobre. Le délai est-il respecté ?
Non, mais c'était attendu. L'administration et le GDS se montrent souples sur la mise en place. La gestion des flux est une logistique lourde. Dans le même camion, on ne peut pas ramasser les animaux de deux fermes avec un statut sanitaire différent.

>> Que pensent les adhérents de la FFCB de ces nouvelles règles ?
Il y a peut-être quelques personnes récalcitrantes. Nous devons nous réorganiser, notre fonctionnement est forcément perturbé. Les opérateurs, disposant d'un centre d'allotement important, auront sans doute moins de difficulté.  Cependant, tout le monde est conscient de la nécessité d'avancer sur cette question sanitaire. Nous avons tous intérêt à éradiquer l'IBR le plus rapidement possible.

>> Toutes les entreprises respecteront-elles ce nouvel arrêté ? Souhaitez-vous des contrôles ?
La loi doit être appliquée. En cas de problème, il est facile d'en localiser l'origine. Avec la traçabilité, les bons d'enlèvements d'animaux, on connaît les dates de ramassages et les tournées. L'administration a tous les outils pour détecter l'endroit où un animal positif à l'IBR contaminerait une bête saine. Nous demandons également des contrôles. Car nous ne souhaitons pas de distorsions de concurrence entre les marchands qui respectent les règles et ceux qui seraient en dehors des clous.

>> Les distorsions de concurrence n'existeront-elles pas entre les régions ?
Tous les GDS du grand Ouest ont demandé qu'aucune dérogation ne soit possible. Nous serons tous sur le même pied d'égalité de Nantes en passant par Saint-Brieuc jusqu'à Rouen. 

>> Les négociations entre les marchands de bestiaux, les GDS et l'administration sont-elles terminées ?
Nous menons surtout des réunions d'information. Cette nouvelle réglementation doit redescendre jusqu'à l'éleveur. Néanmoins, les opérateurs demandent au GDS de réfléchir à une indemnisation pour abattre au plus vite les animaux positifs.

>> Une logistique particulière doit être mise en place pour les animaux non certifiés indemnes d'IBR. Ce surcoût sera-t-il amputé sur le prix d'achat de l'animal ?
Pour l'instant, ça ne se traduira pas par une moins-value. À terme, quand les animaux non certifiés seront rares, la question se reposera. Les collecter représentera un embêtement. Pour assurer une bonne commercialisation, les éleveurs seront contraints de respecter cette nouvelle norme et rentreront dans le moule. Si à l'avenir on doit organiser une tournée spécifique pour un éleveur, forcément cette logistique aura un surcoût.

>> Pensez-vous que la marche sera haute pour les éleveurs ?
Certains élevages pourraient déjà être certifiés indemnes d'IBR. Ils n'ont juste pas effectué les démarches. Je leur dis donc allez-y les gars.

>> Que vous disent les éleveurs sur le sujet ?
Les éleveurs, que je rencontre, ont été bien informés par le GDS. C'est important qu'ils nous donnent les bonnes informations pour organiser une tournée intelligente.
Aujourd'hui, il doit, par exemple, rester 1000 animaux positifs dans le Calvados. C'est bien. Nous sommes dans une région privilégiée, car les efforts ont déjà été faits. Dans ce département, nous n'avons pas eu de recontamination d'élevage. Nous pouvons donc espérer une levée des contraintes beaucoup plus rapide que dans le centre de la France. C'est le point positif.

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