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VIDEO. Ifs : du sursis pour la prison ?

Pour les responsables de la FDSEA, il ne s'agit pas de s'opposer aux développements des infrastructures. Xavier Hay, secrétaire général de la FDSEA 14, le rappelle. « La prison actuelle de l'agglomération caennaise est vétuste, nous ne remettons pas en cause sa nécessaire reconstruction. Mais, nous nous opposons fermement au projet d'utiliser encore des bonnes terres agricoles, alors même qu'il existe à une dizaine de kilomètres des friches industrielles ». Un des exploitants concernés par le projet connait bien la pression foncière pour la subir au quotidien.

© HC

Je perds mon outil de travail
Guillaume Patey, exploitant à Ifs est concerné par le projet. La pression foncière, il la connait bien. Installé en 2007, en 10 ans, il a déjà perdu 10 ha. Et les différents projets actuellement dans les tiroirs des collectivités laissent penser que la perte va se poursuivre. Le projet de prison d'Ifs concerne environ 16 ha de terres classées comme agricoles dans le PLU.
Il le rappelle : « tous les céréaliers autour de Caen ne sont pas propriétaires, l'urbanisation met donc en danger leurs fermes qui rentrent dans la précarité... Et d'ajouter : on demande aux exploitants de faire des efforts toujours conséquents pour la protection de l'environnement,  mais personne n'est choqué quand le béton artificialise la terre». Son cas n'est malheureusement pas isolé. Quelques kilomètres plus loin, un exploitant, installé depuis plus longtemps, a perdu 50 ha tout au long de sa carrière. Aujourd'hui, il continue de travailler mais il a pris soin de rencontrer un à un les habitants proches de ses terres pour expliquer la réalité du travail agricole (moisson, traitement...)
« Pour éviter toute incompréhension, je traite la nuit».
«Artificialiser la terre est d'autant plus scandaleux quand on dénombre ces friches industrielles ou commerciales de l'agglomération, » souligne le secrétaire général de la FDSEA.

Le verdict sera prononcé par le préfet
La commission s'est opposée à la proposition du cabinet d'étude visant à urbaniser des terres agricoles. Cette position a été suivie par la majorité des membres de la commission.  Sur la question du gaspillage des terres agricoles, les associations environnementales et les consommateurs ont souvent la même position que l'ensemble de la profession agricole.  Pour mémoire, la CDPENAF (commission départementale de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers) est la commission qui étudie et donne un avis avant chaque projet d'utilisation du foncier agricole. Généralement, l'avis est suivi par le Préfet qui a le dernier mot. Si aujourd'hui de plus en plus d'élus ont pris conscience que les terres agricoles ne sont pas extensibles, dans les faits, les friches industrielles ne sont pas l'option retenue. Leur dépollution coute cher, bien plus que le foncier agricole.
« Ne pas s'occuper de ces zones industrielles laissées à l'abandon, c'est transmettre aux générations futures une dette. Les élus ont mieux à faire que de leur laisser un tel héritage, » s'indigne Patrice Lepainteur, représentant FDSEA à la CDPENAF.

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