L'Agriculteur Normand 15 octobre 2015 à 08h00 | Par vincent courteaud Ingénieur réseau DEPHY Chambre d’agriculture de seine-maritime

Innover et raisonner pour optimiser et réduire l’usage des phytosanitaires !

Le défi que Jean Maillard s’est fixé en 2010 est de taille, diviser par deux sa consommation de produits phytosanitaires en 5 ans tout en conservant son résultat économique !

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Jean Maillard et ses fils. (© CA 76)  © CA 76  © CA 76  © CA 76

Agriculteur à Octeville sur Mer (Pointe de Caux en Seine-Maritime) sur 130 ha, en grandes cultures avec des cultures industrielles, le pari était loin d’être évident dans un tel système où pomme de terre, betterave et lin alternent avec le blé ! Pourtant depuis 2010 et tout en s’adaptant au contexte des années, sa consommation de phytos tend à la baisse, lui permettant de presque parvenir à son objectif dès 2013 ! Quels sont donc les secrets de ce succès ?Tout d’abord une solide motivation pour renouveler son métier d’agriculteur, l’objectif de réduire les charges de son exploitation et de limiter son impact sur l’environnement. Egalement, une passion pour l’innovation, la fertilité des sols mais aussi de la curiosité et de l’échange, ce qui s’est traduit tout naturellement par son entrée dans le réseau de fermes DEPHY Ecophyto en 2012 !

Quels sont les changements sur l’exploitation depuis l’entrée dans le réseau DEPHY Ecophyto ?

L’exploitation familiale de Jean, avec ses différentes cultures de vente, est très représentative des systèmes à haut potentiel de la Haute-Normandie. Le système initial était constitué d’une rotation avec betterave, lin, colza, pomme de terre et blé de deux ans, en labour occasionnel. La protection phytosanitaire se basait alors surtout sur les avertissements et le conseil des techniciens, souvent en systématique, sans optimisation et raisonnement plus poussé.Quelques changements avaient été engagés sur l’exploitation avant l’entrée dans le groupe DEPHY et se sont poursuivis depuis. Dès 2010, Jean a mis en place des pratiques d’efficience avec le bas volume et la réduction de doses, tout d’abord sur le blé puis progressivement sur toutes les cultures. Ensuite, il a introduit des couverts en mélanges (légumineuses et graminées), des couverts associés en colza, avant l’arrêt de celui-ci en 2014. Enfin, en blé, l’introduction de mélanges variétaux et une plus grande systématisation de semis plus tardifs, limitent le risque maladies, permettant ainsi de réduire l’usage des fongicides et de ne gérer le désherbage des blés qu’au printemps. Aujourd’hui, l’observation est prépondérante et le raisonnement a pris le pas sur le traitement systématique. Il en résulte une réduction progressive des IFT, robuste dans le temps en dépit des effets années, atteignant 22 % de baisse en 2014 et jusqu’à 40 % en 2013.

Réduire les doses en optimisant l’application des phytosanitaires avec la pratique du bas volume

Jean a introduit le bas volume dès 2010. Il cherche à appliquer la dose optimale en fonction des conditions climatiques et de la cible visée. Il traite tôt le matin, avec une hygrométrie de 70 à 80 %, ajoute des adjuvants et intervient plus précocement sur la cible (adventices et inoculum de maladie). Jean réduit ses doses sur toutes les cultures, de 20 à 30 % en moyenne et jusqu'à 40 % quand les leviers agronomiques ont été actionnés (variétés résistantes, dates de semis, mélanges variétaux..) et sur les postes fongicides principalement. Les réductions sont cependant plus faibles en betterave et lin.

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