L'Agriculteur Normand 28 juin 2018 à 08h00 | Par Céline Collet

Installation aidée en Normandie : les chiffres 2017 sont disponibles

La Chambre régionale d’agriculture de Normandie publie chaque année les statistiques relatives à l’installation aidée et la transmission dans la région. Profils des installés, niveau de formation, typologiques des projets, montants des reprises : la brochure fait le point sur les évolutions et les grandes tendances du renouvellement des générations.

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L’installation aidée repart à la hausse : 300 en Normandie
En France en 2017, 4 553 jeunes se sont installés, soit 300 de plus qu’en 2016. En Normandie, le rebond constaté en 2016 est confirmé avec 300 installations aidées en 2017, soit une progression de 3 % (+ 10 installations). Tous les autres indicateurs sont également au vert : la fréquentation du Point Accueil Installation a augmenté de plus de 20 %, et le nombre d’entretiens en Centre d’Elaboration du Plan de Professionalisation Personnalisé (CEPPP) de plus de 25 %.
Malgré ces tendances positives, la Normandie reste sur la 5ème marche du classement des régions, derrière les Pays de la Loire, la Bretagne, l’ex-région Midi-Pyrénées et ex-région Rhônes-Alpes, qui tiennent la tête avec respectivement 512, 465, 388 et 358 installations aidées.

Les écarts entre départements s’estompent
Historiquement les installations se réalisaient préférentiellement dans la Manche, mais depuis 3 ans les écarts entre départements normands s’estompent. L’installation a largement progressé dans l’Eure avec 48 installations aidées (+ 26 %), et dans une moindre mesure dans l’Orne et en Seine-Maritime avec respectivement 71 (+ 3 %) et 67 (+ 2 %) installations. Le nombre d’installation dans la Manche est stable avec 70 projets, alors que dans le Calvados il a baissé de 6 % avec 44 installations aidées en 2017. (Voir graphique 1)

Même profil des installés, mais meilleur niveau de formation
Les installés sont majoritairement des hommes (78 %), âgés de 28 ans en moyenne et issus de familles agricoles (78 %). Il y a peu d’évolution sur ce dernier point, même si d’un territoire à l’autre l’accès à des publics non agricole est plus facile : dans le Calvados par exemple, 41 % des installés ne sont pas issus d’une famille agricole. La problématique de fond reste l’accès en foncier : plus il est rare, plus l’ouverture à des publics hors agricole est difficile.
L’année 2017 confirme l’élévation £du niveau de formation des jeunes qui arrivent dans le métier (voir graphique 2). En effet, 45 % des installés ont un BTS ou un diplôme d’ingénieur, contre 35 % en 2012. Ils sont de plus en plus conscients des enjeux du monde agricole actuel et investissent dans leur formation pour garantir la réussite de leur entreprise. Par ailleurs, dans 51 % des cas, ce diplôme est complété avant l’installation par une ou plusieurs formations courtes en gestion des risques, en ressources humaines ou en commercialisation. 

Les installations en lait toujours majoritaires, mais rattrapées par les productions végétales
Une installation aidée sur deux est en lait. La dominance laitière se confirme, mais s’atténue au profit des installations en grandes cultures et en maraîchage qui représentent 19 % et 9 %.
Les projets en agriculture biologique se développent : 49 installations se sont réalisées en AB en 2017, soit 16 % des installations (9 points de plus qu’en 2012). La valorisation en circuit court est aussi un modèle qui progresse, avec 91 des installés (30 % des installations totales) qui prévoient ce mode de commercialisation. (Voir graphique 3).

Coût moyen d’une installation individuelle : environ 300 000 €
Le coût moyen de l’installation est relativement stable mais il cache des différences importantes entre les filières. Les projets spécialisés en lait avoisinent les 510 000 € et les coûts ont progressé de 16 % entre 2016 et 2017. A l’inverse, le coût des projets en maraichage, arboriculture, ovins et caprins est en baisse avec en moyenne un investissement de 105 000 €. (Voir graphique 4).

Retrouvez tous les chiffres-clés de l’installation aidée 2017, ainsi que ceux de la transmission, dans l’Observatoire Installation Transmission en ligne sur le site de la Chambre d’agriculture de Normandie : www.chambre-agriculture-normandie.fr
rubrique Agri'scopie, chiffres clés.

- © CA

Parcours à l’installation aidée : le dispositif est redevenu attractif

Entre 2007 et 2015, le parcours à l’installation avec les aides de l’Etat était largement plébiscité, avec plus de 70 % à 80 % des installés de moins de 40 ans à titre exclusif ou principal qui l’adoptaient. En 2015, le dispositif a été réformé, modifiant les conditions d’accès (revenu minimum…) et les modalités de financement (mise en place de bonifications, prise en compte de critères régionaux….).
Dans ce contexte administratif incertain, les jeunes se sont écartés du dispositif et ont profité
de taux bancaires extrêmement bas pour financer leur projet.
Cette année-là, seulement la moitié des installés de moins de 40 ans à titre exclusif ou principal ont bénéficié de la DJA. Mais dès 2016, une fois le cadre redéfini et la communication effectuée, le parcours retrouve son attrait auprès des jeunes et 64 % des installés ont en bénéficié.

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