L'Agriculteur Normand 06 mai 2014 à 10h13 | Par V Motin

Jean-Yves Heurtin, président de la FDSEA du Calvados - “Je garderai ma liberté de ton !”

Jean-Yves Heurtin, 41 ans, a été élu, la semaine dernière, président de la FDSEA 14. Installé à Ouilly-le-Tesson, ce producteur de viande bovine et de céréales succède à Patrice Lepainteur.

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- © VM

Devenir président de la FDSEA 14, quel plaisir peut-on y prendre ?
J’apprécie l’idée de porter l’intérêt commun. Porter les idées et les préoccupations d’agriculteurs est stimulant. Même si nous sommes minoritaires, notre voix est entendue. J’ai une ambition pour la FDSEA. J’espère que notre syndicat aura une influence toujours plus importante. Je ne veux pas que les ambitions personnelles prennent le dessus.

Quel sera votre premier dossier ?
Avec les élections municipales, les équipes ont changé. Nous avons un gros travail de sensibilisation à réaliser. La préservation du foncier est l’un de nos principaux chantiers.

Les trois derniers présidents des Jeunes Agriculteurs sont désormais dans le comité directeur de la FDSEA 14. L’équipe est rajeunie, comment l’avez-vous constituée ?
Xavier Hay, Sébastien Debieu Bertin George et Patrice Lepainteur ont accepté de poursuivre leur engagement syndical. J’ai également rencontré d’autres personnes souhaitant s’impliquer. Pour s’investir sérieusement, c’est bien de connaître nos missions et nos objectifs. Les « anciens » Jeunes Agriculteurs ont une expérience. Clément Lebrun m’avait accompagné lors des élections de la Chambre d’agriculture. Mathilde Vermès, Franck Labarrière et Loïc Baillieul maîtrisent déjà certains dossiers. Des jeunes avec de l’expérience, c’est un profil idéal. Il y a également des affinités. On se comprend et on peut débattre ensemble. Des têtes nouvelles porteront de nouvelles idées.

Quel mot d’ordre avez-vous donné à votre équipe ?
J’ai vraiment envie de donner une impulsion plus grande de présence sur le terrain. Notre équipe est prête à donner du temps sur le terrain. Nous sommes actuellement en réflexion pour trouver une nouvelle forme de rencontre sur le terrain avec des thématiques localisées. Lors des élections de la Chambre d’agriculture, j’ai parcouru le département. Les « bouts de table » chez les agriculteurs ont donné de la matière. 

Dans les combats syndicaux, la méthode changera-t-elle avec vous ? Serez-vous davantage dans le dialogue ou le rapport de force ?
Le dialogue est nécessaire. Nous reprenons les réunions régulières avec l’administration. Nous irons voir la DDTM en abordant deux ou trois sujets précis. Et nous attendrons des réponses. La semaine dernière, nous avons évoqué des problèmes concrets liés aux déclarations PAC. Je l’ai dit au directeur de la DDTM : ne soyez pas surpris, vous nous verrez trois ou quatre fois par an. On prendra rendez-vous. Reste à connaître le comportement de l’administration. Mais bien sûr, cela n’empêchera pas le rapport de force.

Sur le dossier eau, vous aviez eu des mots assez durs à l’encontre du préfet. Vous aviez dit qu’il faisait “preuve de malhonneteté intelectuelle et ne respectait pas la charte qu’il avait signée”. En tant que président de la FDSEA 14, conserverez-vous cette même liberté de ton ?
Je pense que je garderai ma liberté de ton. Cependant, si j’avais été président, j’aurais utilisé d’autres formes… Mais, les discours convenus ne sont pas dans ma nature. Après mon élection, j’ai reçu des SMS. L’un d’eux émanait d’une personne pas toujours d’accord avec moi. Néanmoins, elle me reconnaissait mon indépendance de pensée et mon franc parlé. C’est ma personnalité. J’irai parfois plus loin que d’autres. Il faut parfois savoir remuer nos interlocuteurs, qu’ils soient ministres, préfet ou de l’administration. Même si bien entendu, il faut respecter les personnes et les fonctions.

Comptez-vous reprendre en main le dossier eau ?
Non. Il n’y a pas de raison. L’association CAPTAGES 14 est particulièrement impliquée sur ce dossier.

Aux dernières élections de la Chambre d’agriculture et contre toute attente, vous avez été élu suppléant de Michel Legrand à l’APCA. Voir un président de FDSEA suppléant d’un président de Chambre marqué Coordination rurale semble inédite. Si vous deviez siéger à l’APCA, vous porteriez la voix de l’assemblée consulaire ou de la FDSEA 14 ?
C’est très clair. Il y a des décisions à porter au titre d’une chambre, surtout si le débat a eu lieu en amont. Mais il ne s’agira pas de la voix de l’URDAC. Ce sera la voix de la Chambre du Calvados. Je ne veux pas rentrer dans le syndicalisme pur et primaire.

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