L'Agriculteur Normand 17 mars 2015 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

L'alternance, la voie de la transmission

La famille Samson a choisi l'alternance pour mieux découvrir leur métier. Aline et Hervé, frère et soeur, partagent la même passion pour l'agriculture. Ils l'ont découverte sur l'exploitation familiale, mais pas uniquement.

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- © SB

Dans la famille Samson, il y a le père, Jean-Pierre, agriculteur depuis 1990, installé à Anisy. Il y a la fille, Aline, 18 ans, en terminale bac pro CGEA (Conduite et gestion des exploitations agricoles) section Système dominant cultures, et il y a le fils, Hervé, 15 ans en seconde Bac pro CGEA comme sa soeur à la MFR de Maltot.

Un bon compromis
Tous les trois sont passionnés par l'agriculture. Cela ne fait aucun doute. Pourtant, en 4e, Aline ne savait toujours pas dans quelle voie se diriger. C'est en allant à ne porte ouverte de l'établissement de Maltot que l'envie est née. “Les cours et moi, ça fait deux” admet Aline. Mais ses parents ont réussi à la motiver. “Si tu fais une bonne 3e, tu pourras aller à Maltot”. L'alternance devient alors à ses yeux “un bon compromis”. La première année, l'alternance se fait sur l'exploitation familiale. Mais très vite, elle va se confronter à d'autres structures comme l'entreprise Normendives, installée à Cambes-en-Plaine. D'ores et déjà, Aline a envie de poursuivre ses études par un BTS voire une licence. “Cette famille a bien compris l'intérêt de la formation” note Erick Plassard, formateur à la MFR de Maltot. Cela lui permettra de trouver un travail ailleurs, le temps que son père soit à la retraite, parce qu'il “me reste 16 ans à faire” indique Jean-Pierre. “Elle pourra travailler dans une coopérative, devenir conseillère...” ajoute son père, conscient qu'il lui faut “plusieurs cordes à son arc” pour pouvoir avancer.

Un outil pertinent
Dans le sillon d'Aline, il y a aussi Hervé, tout autant passionné et qui lui aussi a choisi l'alternance pour se former. A 15 ans, il n'est pas toujours simple de trouver un maître de stage. Là encore pour la première année, son père le forme, non pas parce qu'il s'agit d'une solution de facilité, mais bien parce que l'exploitation reste un excellent outil pédagogique. “J'ai repris l'exploitation familiale en 1990. Et j'ai bâti ici, à Anisy quatre ans plus tard. Parti avec 26 ha, j'ai réussi à m'agrandir en plusieurs fois pour exploiter aujourd'hui 68 ha” explique le chef d'exploitation. Blé, betteraves, pommes de terre, lin, maïs, colza, avoine... sont cultivés sur ses terres. Parallèlement, il réalise des travaux agricoles. Alors, la diversité de l'activité sur cette exploitation reste “pertinente” pour faire ses premières armes. Et Jean-Pierre ne s'interdit pas de prendre d'autres stagiaires par la suite “à condition qu'ils soient motivés” assure-t-il, lui qui a envie de transmettre. “On ne peut pas faire ce métier à reculons. Il faut être motivé, mais pas à 60 % ! Il faut l'être à 110, 120 %”. Parce que pour gagner sa vie, les 35 h ne sont pas suffisantes. “Je gagne correctement ma vie. Mais si je ramène la rémunération au taux horaire, je suis loin du Smic. C'est pour cela que la motivation est primordiale. Cela ne sert à rien de se plaindre. C'est perdre du temps, et je n'en ai pas à perdre” souligne l'agriculteur.
Ses enfants l'ont bien compris. Le message est clair. Même si Hervé a toujours eu envie d'aller dans cette voie depuis tout petit, il est conforté dans son choix. “J'aime le travail à l'extérieur, les engins, les cultures...” affirme le jeune.

Meilleure employabilité
L'alternance reste une voie essentielle pour les jeunes qui ne veulent pas se diriger vers un cursus général. A la MFR de Maltot, les formateurs suivent de près les élèves. “Ils font à la fois de la théorie et de la pratique. Ils acquièrent des gestes professionnels. Et quand ils arrivent sur le marché de l'emploi, la marche est moins haute” indique Erich Plassard.
De la session précédente, aucun élève de terminale n’est à Pôle emploi. “Soit ils poursuivent leurs études, soit ils ont du travail ou sont en cours d'installation” rappelle le formateur. Autrement dit, l'alternance favorise l'employabilité. Un avantage certain en cette période économique difficile, mais où le secteur agricole continue d'embaucher.

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