L'Agriculteur Normand 20 janvier 2016 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

L’arbre valorisé du tronc à la feuille

Entouré de haies sur son exploitation, Emmanuel Jean a décidé de chauffer sa maison au bois. Mais pour mieux maîtriser la ressource, il a établi un Plan de gestion.

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- © SB

Emmanuel Jean a repris la ferme familiale en 1997 sur la commune de Le Vast. Il est à la tête d’un cheptel de 40 vaches laitières, d’une surface de 80 hectares, et surtout de 11 km de haies.

Un préjudice sur les cultures
Ce linéaire ne présentait pas uniquement des avantages. “Il créé un préjudice sur les cultures et entraine un travail conséquent dans les champs” note l’agriculteur. Pas question pour lui de faire du bois bûche. “Il faut être passionné et être en bonne santé”, souligne-t-il. Et étant situé dans une région bocagère, le bois ne manque pas. Encore faut-il avoir la culture du bois. Il ne l’a pas, et ses parents non plus.

Une démonstration
Parti de ce constat, Emmanuel Jean ne voulait pourtant pas laisser à l’abandon cette ressource. Il s’est documenté jusqu’à participer à une démonstration en 2012. “J’ai assisté au déchiquetage et vu le fonctionnement de la machine à copeaux” se souvient-il. Cette étape a été cruciale. “Je suis revenu séduit”, ayant trouvé une réponse à ses interrogations à la fois pour nettoyer ses champs, entretenir ses haies et valoriser la ressource. “Une fois les troncs enlevés, cela me dérangeait de mettre une allumette dans le tas de branchage. Là, on peut valoriser l’arbre du tronc à la feuille” indique-t-il.
Par conséquent, son mode de chauffage pour sa maison en cours de rénovation était tout trouvé.

Des copeaux à la place des cailloux
Le printemps suivant, il a déchiqueté. Mais chaque année, les besoins estimés s’élèvent à 20 à 30 m3, équivalents à 100 m linéaires de haies. Bien moins que ce qu’il pourrait  dégager comme volume. Par conséquent, il alimente deux chaudières de particuliers. Les copeaux trouvent aussi leur place dans les chemins. “Et sans aucun doute, les bovins les préfèrent aux cailloux”.

Une gestion durable
Emmanuel Jean poursuit une coupe annuelle. Mais pour mieux maitriser sur les 10 ou 20 prochaines années, il s’est engagé dans un Plan de gestion. “Je n’ai aucun intérêt à enlever les haies. L’idée n’est pas de faire une plaine géante. Et la haie sert d’abri pour les animaux, il ne faut pas l’oublier”. Avec le concours de la Chambre d’agriculture et de l’association Haiecobois, le plan de gestion a été établi. “Cela m’a permis de mieux mesurer le volume sur pied et me projeter dans l’avenir” explique l’agriculteur. Un plan de gestion financé par l’association Haiecobois et le Conseil régional via le chèque conseil agricole.
Pour Emmanuel Jean, qui prend plaisir à ne pas payer de chauffage dans sa nouvelle maison, il escompte un retour sur investissement en moins de 10 ans.

Pas des saboteurs
Cette gestion rigoureuse et durable des haies est une chose. Et l’éleveur veut participer à donner une image positive de ceux qui s’engagent dans cette démarche. “Quand on coupe une haie, on est considérés comme des saboteurs”, déplore-t-il. Alors, il attend des partenaires qu’ils installent des panneaux pour informer le public. Un message qui fait son chemin.

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