L'Agriculteur Normand 07 novembre 2018 à 09h00 | Par Julie Pertriaux

La crème de la Blonde vit à Formigny

Éric et Laurence Pierre, éleveurs à Formigny, près de Bayeux, racontent leur attachement à la Blonde d'Aquitaine. Ils décrivent avec passion leurs expériences de concours. Jusqu'au sacre de Junior, champion suprême au National de la race 2018.

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- © JP

« On a flashé sur lui », sourit Éric
Pierre. « Il n'avait pas de défaut »,
ajoute Laurence Pierre. Une mère,
Guernica, aux qualités maternelles séduisantes.
Un père, Malinois, reconnu
pour sa valeur bouchère. Il y a trois
ans, le couple tombe sous le charme
de Junior, jeune taureau Blonde
d'Aquitaine, d'à peine un an, en
vente en station d'élevage. Les associés
attendent la vente aux enchères,
qui tombe en période d'ensilage de
maïs. « En pleine corvée, nous avons
arrêté les machines pour monter les
enchères sur le bord de la route. Par
chance, aucun centre d'insémination
ne s'intéressait à Junior : il était plus
petit que les autres. » Peu de temps
après, le mâle arrive à Formigny, au
Gaec Pierre. « Nous l'avons trouvé harmonieux,
avec beaucoup de potentiel
pour les concours. Il correspond aux
nouveaux standards de la race », prédit
le couple.

« On ne badine pas »
Junior enchaîne les compétitions régionales.
« Et interrégionales : nous l'avons
emmené à Saint-Brieuc, fin mai. » L'objectif
visé reste le national, en septembre
à Moncoutant, dans les Deux-Sèvres.
Dès le mois de juillet, la préparation de
Junior recommence. « Nous sommes
très pointilleux. Les animaux montent
en croissance deux mois avant la
compétition : le jour J, l'animal est à
l'optimum de son potentiel. » Concrètement,
Junior mange de l'aliment à
volonté les trois semaines précédant
son arrivée sur le ring. Une technique
plus simple à appliquer pour les mâles
que pour les femelles, car l'objectif est
bien qu'il gagne en masse musculaire
et non graisseuse. « Quand la bête
nous séduit, on ne badine pas », justifie
Éric Pierre.

Champion sur le fil
Le jeu en vaut la chandelle : le taureau
acheté sur un coup de fil est
champion suprême des 500 animaux
inscrits. En 2012, Camille,
vache née dans l'élevage, remportait,
elle aussi, la victoire au Sommet de
l'élevage. Son père, Odalie, a engendré
les futurs champions du Gaec :
« nous avons démarré la compétition
en 2006, par passion, quand nous
avons acheté Odalie. Il a monté notre
élevage jusqu'à nous offrir un prix de
descendance ».

Bientôt Paris ?
À Moncoutant, la génisse Madrila, fille
de Camille, termine deuxième de sa
section. « Nous avons beaucoup d'espoir
», souffle Laurence Pierre. Quant
à Junior, sa victoire au National lui
confère une place dans la liste des
80 animaux présélectionnés pour le
Salon international de l'agriculture, à
Paris. « La commission de sélection
passe en janvier. Dès le 15 novembre,
nous reprenons le travail de croissance.
» Objectif : Paris.

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