L'Agriculteur Normand 10 janvier 2018 à 08h00 | Par J. Pertriaux

La foudre : c’est vachement dangereux

Trois Charolaises et un broutard seraient morts foudroyés vendredi 29 décembre, à Aubry-le-Panthou. Attention, les contrats d’assurance n’incluent pas automatiquement, les dommages de foudre, alors que les bovins se révèlent sensibles au courant électrique.

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Les quatre animaux se trouvaient dans un creux, au pied d’un promontoire calcaire, où stagnait une mare. DR
Les quatre animaux se trouvaient dans un creux, au pied d’un promontoire calcaire, où stagnait une mare. DR - © DR

Le témoignage de l’éleveur
« J’ai été très surpris en arrivant dans le champ. » Vendredi 29 décembre vers 13 h, Jean-Luc Laigre, éleveur à Aubry-le-Panthou, se rend dans l’une de ses parcelles, située à 300 m de sa ferme, pour soigner une vingtaine d’animaux. Il voit quatre bovins de ses bovins allongés à terre. « Les trois Charolaises et le broutard se trouvaient côte à côte. Je n’ai vu aucune trace de brûlure. J’ai d’abord cru à un empoisonnement. » Puis, il comprend que les bêtes se sont abritées de l’orage à proximité d’un bosquet. La foudre les aurait électrocutées. « J’ai demandé à mon vétérinaire de venir pour qu’il me confirme que c’était bien ça. Nous étions le jour de son départ à la retraite. Il m’a dit qu’en trente ans de métier, il n’avait jamais vu cela. »

Le diagnostic du vétérinaire
« Les trois vaches sont tombées en enfilade, dans le creux d’un bosquet, au pied d’un promontoire calcaire, où stagnait une mare, décrit le vétérinaire traitant de l’exploitation, installé à Vimoutiers. Le broutard se trouvait à genou, hagard, il est mort quelques heures après. » Pour le praticien, l’hypothèse la plus plausible semble que la foudre soit tombée à proximité du bosquet, irradiant le sol et les bovins qui se trouvaient les pieds dans l’eau.

Le complément du Groupement de défense sanitaire (GDS)
« Les traces de brûlures sur les animaux ne sont pas systématiques, assure Claire Osdoit, vétérinaire du Groupement de défense sanitaire de l’Orne. Les bovins sont d’avantages sensibles à la foudre que l’Homme car ils marchent sur quatre pattes : ils comptent plus de points qui touchent la terre. On dit aux humains de ne pas courir sous l’orage car, plus on réalise des pas éloignés, plus l’électricité passe à l’intérieur du corps. » Les deux éléments confèrent aux bovins une réelle vulnérabilité électrique. « Par exemple, quand du courant parasite traverse les tubulaires, l’Homme ne le ressent pas, mais les bovins oui. »

Le mot de l’assureur
Les dommages de foudres ne se trouvent pas systématiquement inscrits dans les contrats d’assurance, chaque éleveur doit le vérifier. « Souvent, la compagnie missionne un expert quand le montant des dommages est important. Ce qui est le cas pour le décès de quatre animaux, relate Pascal Blin, assureur de la compagnie Gan, à Mortagne-au-Perche. L’expert vérifie que les animaux sont bien morts foudroyés, afin que la compagnie procède au règlement. »

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