L'Agriculteur Normand 14 novembre 2017 à 08h00 | Par S. Lavenu

La MFR de Blangy-le-Château souffle ses 40 bougies

40 bougies. Le gâteau d'anniversaire de la MFR de Blangy-le-Château (14) devra être grand pour pouvoir les mettre toutes ! Afin de célébrer cet anniversaire, le directeur, Jean-François Kinet organise un après midi convivial samedi 18 novembre entre 14 et 17 heures où cours duquel chaque personne ayant un lien avec la MFR est cordialement invitée.

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Depuis l'ouverture de la MFR en 1977, Jean-Francois Kinet est le 15e directeur. DR
Depuis l'ouverture de la MFR en 1977, Jean-Francois Kinet est le 15e directeur. DR - © SL

Le téléphone sonne, la secrétaire dépose un postit, un élève frappe à la porte... Directeur à la Maison Familiale Rurale de Blangy-le-Château n'est pas de tout repos mais reste passionnant. « Il faut être en forme quand on arrive le matin. Je n'ai jamais deux fois la même journée et je ne peux jamais anticiper ce qui va se passer », sourit  Jean-François Kinet. A la tête de la gestion de la MFR depuis janvier 2013, il connait bien la maison puisqu'il y était formateur dès 1990. « Je devais rester 5 à 7 ans  et reprendre la ferme familiale, finalement je suis toujours à Blangy et c'est mon neveu qui a repris la ferme. Et, je ne le regrette pas ». Ce qui lui a plu ? L'ambiance, bien sûr. Familiale, la MFR de Blangy-le-Château n'est pas très grande (240 élèves) et se veut proche de chaque élève. « La porte des formateurs, ou la mienne, sont toujours ouvertes. Chacun sait qu'il peut frapper à toute heure pour n'importe quel sujet » . Depuis 1977, la maison a évolué. En plus, de la formation agricole ( CAPA et BEPA) dispensée dès les premières heures, une formation Jardin et espaces verts a ouvert en 1987. C'est aujourd'hui 58% de l'effectif. « Et chaque année, nous refusons des élèves dans cette voie, car je m'efforce de garder des classes de 25 maximum. »

Agrandie mais toujours familial
Depuis 1977, la Maison familiale s'est également étendue à trois reprises. Et depuis Lucien Legrand, le premier directeur, plusieurs se sont succédé. Tous, cependant, ont su conserver cette ambiance chère à tous les élèves et à tous les parents. Cette ambiance studieuse et familiale. « L'élève doit travailler, le corps professoral est bienveillant. Nous le rencontrons également sur son lieu de travail, et s'il y a un problème, nous en parlons dans mon bureau. S'il a des difficultés, je le rencontre à part. Je décroche souvent mon téléphone pour parler avec les parents ! Bref le suivi des élèves est très important ,» explique le directeur. La recette fonctionne. La MFR de Blangy-le-Château peut se félicite d'un taux de réussite à tous les examens confondus de 97% depuis cinq ans. Et mieux encore, à la sortie de l'école, nombreux sont les élèves qui ont un contrat de travail en poche. « Nous avons un réseau professionnel qui fonctionne bien. Les maîtres de stage, les mairies (...) peuvent m'appeler parce qu'ils recherchent un employé». La maison est connue et reconnue à Blangy et dans les environs. A chaque porte-ouverte, les élèves se bousculent. « L'agriculture est clairement un métier de passionnés. Il y a des élèves qui viennent à 12 ans pour repérer les lieux, en disant dans deux ans, c'est ici que je veux être ! Et ça me fait toujours rire lorsque j'entends un élève parler de la ferme de son maître de stage en disant « nous avons tant de vaches ». C'est très caractéristique aux métiers de l'agriculture, les élèves sont vraiment intégrés à la vie de la ferme, » explique encore M. Kinet. 

Blangy de père en fils
Si l'école assiste régulièrement à tous les salons d'orientations et participe pleinement à diverses manifestations, la meilleure publicité à l'heure actuelle, comme depuis 40 ans, reste le bouche-à-oreille. Selon le directeur, « les élèves se plaisent. Souvent, ce sont des jeunes gens qui ne se reconnaissent pas dans l'éducation nationale. Il ne faut pas oublier que le collège est souvent un moment difficile pour les enfants. Ils perdent beaucoup leurs repères : c'est grand, ils changent tout le temps de professeurs, doivent accumuler les heures à écouter... Quand ils arrivent ici, j'entends souvent « ha ça va, ce n'est pas trop grand ! » et quand ils voient les élèves en train de faire un  TP dans le jardin, leurs yeux brillent ! Alors quand leur cursus se passe bien, vingt ans plus tard, nous avons souvent leur fils !». La MFR responsabilise également beaucoup chaque enfant. Corvée de ménage, entretien du jardin, vaisselle... font partie de la vie à Blangy des 80% des élèves qui sont internes. « Souvent c'est une joie pour la maman de voir son fils faire son lit ! » Enfants et parents semblent donc heureux à Blangy. Et régulièrement, père et fils se retrouvent sur les mêmes bancs à quelques années d'intervalle. Familial est vraiment l'adjectif maître de Blangy-le-Château. C'est ça aussi que la MFR veut célébrer samedi 18 novembre. « Nous ne voulions pas d'une cérémonie trop officielle avec de longs discours. L'idée est de faire venir des gens pour témoigner des années passées ici à Blangy. Et si père et fils peuvent raconter des anecdotes et interagir pendant le témoignage d'un ancien camarade de classe, ça me plait », explique Jean-François. Une grande réunion d'anciens élèves en quelque sorte autour, bien sûr, d'un verre de l'amitié et juste avant de la visite des locaux. Alors n'hésitez pas à venir rencontrer vos anciens camarades de classe !

A 78 ans, Yves est l'une des figures de la MFR de Blangy-le-Château. Administrateur, il sera évidemment présent samedi pour célébrer les 40 ans de la maison. DR
A 78 ans, Yves est l'une des figures de la MFR de Blangy-le-Château. Administrateur, il sera évidemment présent samedi pour célébrer les 40 ans de la maison. DR - © SL

Yves, Dominique, Eric, Stanislas Dutel : 3 générations pour une école

S'il y a un homme qui connait la MFR de Blangy le Chateau, c'est Yves Dutel. Entre la Maison Familiale Rurale Agriculture et travaux paysagers et lui, c'est une histoire de famille.

llll A 78 ans, l'agriculteur retraité est toujours administrateur des lieux. « Je suis sûrement l'un des plus vieux de l'équipe (composée de 23 administrateurs). J'occupe le poste depuis 1978 », sourit Yves, assis sur son coin de table, les yeux bleus brillants. « A l'époque, il n'y avait qu'une soixantaine d'élèves. Aujourd'hui, il y en a 240 ! » Les formations se sont également multipliées toujours en agriculture : CAPA/BEPA , et désormais, en espaces verts, du CAP au Bac Pro. Mais, depuis 40 ans, l'ambiance est restée la même. « C'est convivial, familial, et on ne laisse pas une famille ou un élève dans la difficulté ». C'est ce qui a plu à Yves. « En plus de l'enseignement des travaux agricoles, la MFR responsabilise. Les élèves participent aux corvées de ménage, par exemple ». Yves Dutel s'est également impliqué pour faire connaître la MFR de Blangy. « Nous faisions du porte-à-porte. Nous regardions les feuilles de recensement et allions toquer aux portes des parents d'enfants en l'âge de s'inscrire en argumentant les bienfaits de l'enseignement de Blangy. Nous n'étions pas toujours bien reçus mais ça marchait quand même. C'était une autre époque !» Déjà, la MFR était décriée. « On insinuait que les enfants méritaient un meilleur enseignement. C'est toujours le cas à l'heure actuelle. » Yves s'est toujours battu contre cette idée reçue. « Il y a, à Blangy, plus de 95% de réussite à tous les examens confondus. Peu peuvent s'enorgueillir de tels chiffres . Sans oublier qu'à la sortie, les élèves ont un emploi, c'est important à l'heure actuelle ».
Il la défend bec et ongle son école ! Il y a envoyé ses deux fils, Dominique et Eric. C'est là-bas que Dominique, le premier, y apprendra le métier qui lui permettra de reprendre la ferme familiale, située à Saint-Aubin-sur-Algot, aujourd'hui bio et étalée sur 250 hectares avec 120 laitières et 40 allaitantes (Yves n'avait que 150 hectares et moins d'une centaine de bêtes). C'est toujours dans les murs de l'école qu'Eric, le deuxième fils (et le petit dernier de la fratrie de 4) connaitra M.Courmery, un enseignant, avec lequel il est aujourd'hui en Gaec près de Tour. Le schéma s'est même reproduit, puisqu'à son tour, Dominique y a envoyé son fils, Stanislas. Agé de 29 ans, lui aussi y a appris son métier, il travaille en Gaec avec son père, et y a même rencontré son épouse (elle aussi formée à Blangy). Quand on dit que c'est une histoire de famille

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