L'Agriculteur Normand 12 juin 2019 à 09h00 | Par T.Guillemot

La presse à pellets débarque bientôt en Normandie

Du 25 juin au 12 juillet prochain, l’unique presse à pellets opérationnelle en France (la PREMOS 5000 de chez Krone) bouchonnera dans les parcelles de Normandie, voire plus si affinités. Une initiative que l’on doit à l’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) AGB de Villers-sur-Mer-14 et de son gérant, Arnaud Besnier

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 (© KRONE) Arnaud Besnier aimerait bien tester de nouvelles pistes comme « le bouchonnage des menue-pailles derrière la moissonneuse-batteuse histoire de recycler avec plus d’efficacité les graines d’adventices». © TG  © TG

lll Depuis 2000, la société AGB s’est spécialisée dans la création et l’entretien de surfaces gazonnées telles que des terrains de golf, football et polo, la collecte d’algues, de déchets verts et de bois, la prise en charge de fumier de cheval ou encore le terrassement...
« Rien ne se perd, tout se transforme ». Telle est la devise de l’entreprise à laquelle ajoute en fil rouge Arnaud Besnier : « proposer ce que les autres ne font pas ».

Etre le premier le jour J
En montrant très tôt un intérêt certain pour ce prototype discrètement mis au point depuis plusieurs années par le fabricant Allemand Krone, Arnaud n’a pas dérogé à sa ligne de conduite : être le premier le jour J à tester la technologie. Il croit dur comme fer en l’avenir de la « pelletisation » des pailles ou fourrages.  Premier des arguments, diminuer de façon drastique les volumes à transporter, donc les volumes à stocker et à distribuer. Mais très vite, d’autres champs du possible sont mis en avant. Mélanger un adjuvant pour enrichir au champ un fourrage à des valeurs alimentaires précises, s’affranchir des poussières de paille tout en augmentant le pouvoir d’absorption ce qui permettrait de limiter à toutes les 6 semaines le curage des boxes des écuries, conditionner la luzerne déshydratée derrière la faucheuse et s’affranchir d’usines coûteuses en énergies voire qui n’existent plus sur certains territoires... Ça, c’est du lourd et du prouvé mais Arnaud Besnier aimerait bien tester de nouvelles pistes comme « le bouchonnage des menue-pailles derrière la moissonneuse-batteuse. Avec l’interdiction du glyphosate et la volonté exprimée par le Conseil régional de Normandie d’aller vers le zéro chimie, il y a sans doute quelque chose à construire en récoltant et valorisant les graines d’adventices en méthanisation par exemple plutôt que de les laisser s’éparpiller à tout vent ».
L’entreprise AGB n’a pas investi dans la Krone Premos 5000. Elle la loue pendant quelques semaines histoire de se faire la main in situ et de mesurer le potentiel client. Ainsi, tout éleveur, céréalier ou collectivité qui serait intéressé par un coup de bouchon peut contacter l’entreprise (02 3187 09 82 ou 06 98 82 82 02). « Nous sommes prêts à intervenir dans un rayon de 250 km autour de notre base pourvu que le chantier atteigne une dimension suffisante. Nous sommes équipés d’un porte-char », souligne Arnaud Besnier.

Un coût mais des économies
Quant au coût de la prestation, il est encore trop tôt pour être précis mais notre entrepreneur évoque du « 80 euros la tonne de pellets finis ». La machine exige 400 cv de traction, AGB lui en offre 530 avec un Xérion. Au-delà de ce simple aspect, la notion de débit de chantier fera bouger les curseurs. Pour le client final, il ne faudra d’ailleurs pas se contenter du coût. Les économies d’énergie de transport et de manutention seront à considérer... De même que les économies de main-d’œuvre : curer les boxes toutes les 6 semaines, ce n’est pas pareil que tous les 2 jours.  Reste le montant de l’investissement. Du prototype à la série, il y a plusieurs pas que le fabricant n’a sans doute pas encore franchis. Un investissement qui n’effraie pas plus que cela notre entrepreneur. « Une ensileuse, une moissonneuse-batteuse, une arracheuse à betteraves, c’est un très lourd investissement car il s’agit de machines qui ne vont travailler que quelques semaines dans l’année», fait remarquer Arnaud. La presse à pellets, elle bosse de façon dynamique dans les parcelles l’été mais aussi en poste fixe, dans les parcelles ou à la ferme, tout au long de l’année... Et cela, ça change niveau d’amortissement

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