L'Agriculteur Normand 25 janvier 2018 à 01h00 | Par Benoît Coiffier

La processionnaire du pin

Connue pour la migration de ses chenilles en file indienne, la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est un redoutable ravageur dans les peuplements de pins et de cèdres. Cette chenille est également responsable de nombreux problèmes de santé publique.

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Ecopiège
Ecopiège - © FREDON BN

Originaire du bassin méditerranéen, la processionnaire du pin ne cesse de progresser vers le nord jusqu’à son installation en Normandie. Elle est bien présente dans le département de l’Orne, sur la côte ouest de la Manche, le sud des départements du Calvados et de l’Eure.

200 œufs entre 2 aiguilles de pin
Comme chez tous les lépidoptères, le cycle de vie se décompose en trois phases successives : la phase adulte caractérisée par les papillons, la phase larvaire qui comprend cinq stades de chenilles et la phase nymphale qui correspond à la transformation des chenilles en chrysalides.
Le papillon est nocturne de couleur gris avec des motifs noirs et des taches blanches. La femelle pond environ 200 œufs autour de deux aiguilles de pin sous forme de manchon.
Dès l’éclosion, les chenilles vont s’alimenter d’aiguilles, toujours en procession et toujours sur le même arbre. Elles vont constituer des nids d’hivernage en tissant un réseau de soie.
A la sortie de l’hiver, les chenilles arrivées à leur dernier stade de développement vont se mettre en procession de nymphose pour descendre de l’arbre. Cette procession peut durer plusieurs jours pendant lesquels elles cherchent un endroit adéquat où s’enfouir.
Une fois enterrées, les chenilles se transforment en chrysalides et entrent en diapause. Cette phase souterraine peut durer de quelques semaines à plusieurs mois jusqu’à l’émergence de nouveaux adultes (lire schéma).


Un suivi sanitaire en Normandie
Une progression de la processionnaire
Cette chenille de lépidoptère est suivie dans le cadre des bulletins de santé du végétal (BSV) dans la filière jardins, espaces végétalisés et infrastructures, car en se nourrissant des aiguilles des résineux, elle porte atteinte à l’esthétique de l’arbre. Les défoliations successives provoquent une réduction de croissance et peuvent indirectement causer la mort des arbres affaiblis.
Ces suivis permettent également de suivre la progression de ce ravageur dans notre région, notamment vis-à-vis de la problématique sanitaire.

Attention, chenille urticante !
Les chenilles causent également des problèmes sanitaires du fait de la libération dans l’air de poils urticants très allergènes pouvant provoquer des atteintes cutanées (démangeaisons, œdèmes ...), des atteintes oculaires ou encore des atteintes respiratoires.
Les animaux tels que les chiens ou le bétail sont également exposés à ces risques.
Attention, les nids mêmes vides conservent leur propriété urticante plusieurs mois voire plusieurs années après la disparition des dernières chenilles.

Comment détecter sa présence
Le symptôme le plus facilement observable est la présence de nids dans les rameaux des arbres attaqués. Il est également possible d’observer les processions de chenilles au sol et sur les troncs.

Moyen de lutte et recommandations générales
L’éradication de ce ravageur est impossible et non souhaitable. En effet, cette chenille fait partie de la biodiversité et un certain nombre de prédateurs s’en nourrissent. L’objectif est de réguler sa présence dans les lieux sensibles.
La lutte consiste donc à une gestion des populations par différentes mesures ou techniques :
- Mesures prophylactiques : améliorer la biodiversité des peuplements en incluant des feuillus, éviter les plantations de pins dans les secteurs accueillant du public, favoriser l’implantation de prédateurs (nichoirs à mésanges).
- Le piégeage : utiliser des écopièges pour capturer les chenilles lors de leur descente des arbres, utiliser une phéromone de synthèse pour capturer les papillons mâles.
- La lutte mécanique : couper et brûler les branches porteuses de nids.
La destruction des nids d’hiver de processionnaires du pin nécessite un équipement de protection individuel pour le manipulateur afin de le protéger des risques d’urtication (masque, gants, lunettes et combinaison).

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