L'Agriculteur Normand 28 avril 2015 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

La Roche d’Oëtre à dos de vache

Au cœur de la Suisse-Normande, Annie Crampon a créé une activité pour le peu ordinaire. Elle propose des balades dans cette région à dos de vaches. Des vaches jersiaises qui prennent plaisir à avoir des petits loups sur leur dos.

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- © SB

La Roche d'Oëtre, située sur la commune de Saint-Philbert-sur-Orne, non loin de la limite départementale du Calvados et de l'Orne, presque à égale distance deThury-Harcourt et d'Écouché est sans aucun doute un des plus prestigieux belvédères naturels de l’Ouest de la France. C’est à cet endroit qu’Annie Crampon
a décidé d’implanter un petit cabanon avec comme écriteau “4’patbalad”, le nom de son activité, “une activité familiale de proximité”. A quelques mètres, sa cavalerie attend les promeneurs. Une cavalerie atypique composée de shetlands et de trois vaches jersiaises, qui retiennent la curiosité des touristes.

Un endroit attachant
Installée à quelques pas du parcours d’accrobranche Orne aventure, Annie Crampon ne cesse d’admirer le cadre. “Je suis originaire de Caen, j’y ai fait mes études” raconte-t-elle. Mais une fois avoir mis le pied sur ce petit coin de paradis, “je m’y suis attachée très rapidement” reconnaît-elle, après avoir obtenu ses diplômes d’accompagnateur de tourisme équestre et un BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport). Désormais, elle n’en partirait pour rien au monde. Ici, entourée de ses poneys et de ses trois vaches, Holla, Ibelle et Ubul, elle est tout simplement épanouie. “En fonction de l’heure, de la luminosité, le cadre est différent. Je ne m’en lasse pas” confie-t-elle.

C’est parti pour l’aventure
Mais pourquoi a-t-elle choisi des vaches pour faire ses balades ? “C’est le hasard de la vie” répond Annie tout naturellement. L’idée a germé à la suite d’une discussion avec des amis. Et comme elle connaissait bien un éleveur de Jersiaises, Annie a tout de suite opté pour “ces petites vaches dociles”, d’autant plus qu’elles sont “proches de l’homme dans cet élevage” précise-t-elle. Un élément essentiel pour Annie qui souhaite familiariser ses vaches aux enfants. C’est ainsi que l’aventure humaine a débuté. Et de ses souvenirs d’enfance, elle se rappelle aller voir les vaches au champ et rester jusqu’à ce qu’elles la lèchent. “Pourtant, j’ai toujours voulu monter à cheval” dit-elle d’un air amusé.

Des vaches de loisir
La première vache qu’elle a choisie, Holla, avant tout juste un an. Sans le savoir, Holla allait devenir une vache de loisir, avec comme activité principale la balade dans les sentiers de la Roche d’Oëtre. Une activité qui lui plait bien. “Ce sont des vaches qui aiment bien qu’on s’occupe d’elles. Holla apprécie les petits gestes attentionnés. Elle adore être brossée. C’est vraiment une vache de confiance” indique l’éleveuse.
Très peu de temps après l’arrivée de Holla, “le cheptel” s’est agrandi. Ibelle et Ubul ont rejoint la Roche d’Oëtre, deux petits veaux d’une semaine, la première étant de pure race jersiaise, et le second jersiais et charolais. Aujourd’hui, ils ont bien grandi, pris des forces, ont été débourrés pour pouvoir partir eux aussi en balade. Une balade partagée bien souvent avec les shetlands.

Chacun sa place
Avec le temps, il y a une véritable osmose qui s’est créée entre Annie et sa cavalerie. Elle les connaît par cœur. Elle les bichonne pour qu’elles soient brillantes, prête à partir à l’aventure. Au départ, Hola a toujours pris la tête de la balade. “Elle a vite compris qu’elle avait un rôle important. Elle aime bien être flattée” raconte l’éleveuse. D’un pas assuré et régulier, Holla a désormais sa réputation. “On a toujours l’image d’une vache qui fait du rodéo. Mais ce n’est pas du tout le cas. Elle reste calme et docile”. Depuis, Ibelle et Ubul font partie des sorties. Ubul devrait faire le bonheur des plus petits. “Il est très carré dans sa tête. D’ailleurs, Holla le laisse partir devant. C’est son petit protégé”. Ce qu’elle ne ferait pas avec Ibelle. “Il y a une rivalité entre les filles. Pour Holla, c’est moi la patronne. En quelque sorte, elle m’aide dans l’éducation de tout le monde. Personne ne prendra sa place” explique Annie.
Désormais, il n’y a plus qu’à franchir le dos de la vache et partir à la découverte de la Roche d’Oëtre qui livrera certainement quelques petits trésors, avec une faune et une flore riche et diversifiée.

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