L'Agriculteur Normand 31 mars 2014 à 09h53 | Par A.Dufumier

La SCEA de Fort-Moville, dans l'Eure, a installé début mars un robot d'alimentation Lely vector. R - "Libérer du temps pour les activités non automatisables"

La SCEA de Fort-Moville, dans l'Eure, a installé début mars un robot d'alimentation Lely vector. Rencontre, avant la porte-ouverte du 10 avril.

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"Cela fonctionne tout seul. Les problèmes que nous avons pu avoir étaient avant tout des erreurs humaines", explique Raphaël Sébire. © Alexis Dufumier

 

Il se met en cuisine, assemble précisément les ingrédients, malaxe consciencieusement et fait  la tournée des popotes pour distribuer ­­­­­­les repas à l'internat des vaches laitières, taries, génisses et blondes d'Aquitaine. Le tout 24h/24, sans jours fériés ni RTT. Le robot Lely-Vector, installé depuis début mars à la SCEA de Fort-Moville, s'occupe tout seul de l'alimentation des 270 animaux présents sur le site en exécutant scrupuleusement les instructions que lui donnent les éleveurs via leur tablette ou leurs smartphones. Résultat, l'astreinte humaine se limite désormais à 1h30 tous les trois jours pour recharger la "cuisine" en fourrages, contre trois heures passées auparavant quotidiennement avec le télescopique et le bol mélangeur. Après environ quinze jours de mise en route du Vector lors du reportage, les éleveurs constatent que "cela se passe très bien. Nous sommes les premiers clients du Lely-center des établissements Ruaux, à avoir opté pour ce système, explique Laurent Sébire, associé de la SCEA. Forcément, nous avons essuyé quelques plâtres, mais le service technique est très réactif. Il faut un peu de temps pour s'adapter au robot et les quelques problèmes que nous avons eus depuis les quinze premiers jours de fonctionnement étaient surtout des erreurs humaines. Le robot en lui-même est vraiment au point".

La robotisation sauve l'atelier lait
La réflexion est née il y a un an. "Soit on arrêtait le lait, soit on continuait en profitant des nouvelles technologies disponibles pour automatiser au maximum l'atelier, rappelle Raphaël Sébire, fils de Laurent et installé depuis six ans dans la SCEA. Avec l'opportunité entre-temps de reprendre des droits à produire, nous avons finalement opté pour la deuxième solution. La volonté n'est pas de réduire les besoins globaux en main d'oeuvre sur la ferme, mais de libérer du temps pour les autres activités non automatisables. Nous sommes très diversifiés. Aujourd'hui, 7 personnes travaillent sur les deux sociétés liées à la ferme, la SCEA de Fort-Moville et l'EARL de la Sébirerie. En plus du lait, nous faisons des poulets label, de la viande bovine, des grandes cultures, du travail à façon ainsi que la transformation et la vente, de lait, viande bovine et poulets. L'activité de vente directe est bien implantée et mise en place depuis 22 ans. A terme, nous souhaitons qu'il n'y ait plus que 1 UTH pour l'atelier laitier".

La traite sera également
robotisée
Première étape de cette stratégie, la toute récente mise en place du robot d'alimentation. "Avant d'installer des robots de traite, nous avons analysé qu'il y avait plus à gagner avec un robot d'alimentation, que ce soit en main-d'oeuvre, ou en efficacité économique globale, détaille le jeune éleveur. L'investissement dans deux robots de traite est néanmoins prévu dans un deuxième temps, avec des adaptations qui seront nécessaires pour pouvoir continuer de fournir les 200 000 l annuels utilisés par l'atelier de transformation".

Aucun refus
Concrètement, le Lely-Vector est constitué d'un portique de chargement automatique des fourrages -situé dans un hangar, "la cuisine"- qui alimente le bol mélangeur d'une capacité de 600 kg d'aliment. Ce bol est autoguidé sur un parcours balisé par des languettes métalliques posées au sol. Le Vector gère des recettes complexes, composées de foin, enrubannage, ensilage, minéraux, concentrés, aliments liquides ... Des rations différentes pour les sept lots de vaches laitières, taries, génisses, blondes d'Aquitaine. Il a pour instruction de toujours donner la priorité aux vaches laitières. Les laitières sont en ration semi-complète, avec des compléments distribués au DAC. Le robot fournit l'aliment de base jour et nuit, à volonté. Il distribue de petites quantités à chaque fois, mais multiplie le nombre de passages. Lorsque les vaches laitières iront au pâturage, le robot continuera de fonctionner de la même manière, mais passera simplement moins souvent. Lorsqu'il ne charge pas et qu'il ne décharge pas l'aliment, le Vector scanne la quantité d'aliments qui reste à l'auge et repousse l'aliment. Le mélange est toujours frais, il n'y a pas de refus. Lorsqu'il a un peu de temps devant lui, le Vector se recharge les batteries. Les frais de fonctionnement en électricité sont de 3 EUR/jour. "Avant, c'était chaque jour beaucoup de fuel et d'utilisation de matériel consacré à l'alimentation, souligne Laurent. Le robot d'alimentation, vient aussi d'une réflexion engagée sur la durabilité de notre système que ce soit, dans l'organisation du travail, les résultats économiques attendus ou l'environnement. Dans ce cadre, nous sommes également passés à l'hydrocurage, avec recyclage de l'eau. Nous n'avons plus à gérer de lisier. Le compost  solide que nous sortons est plus facile à gérer, avec moins de transport et de manutention, donc moins de fioul, moins de temps et moins d'usures de matériel".

Améliorer les résultats techniques
Nombre de lots, parcours, recettes, temps de mélange ... L'activité du robot est entièrement paramétrable et contrôlable via la tablette tactile ou le smartphone. "C'est très pratique, très réactif, et très précis, assure Raphaël Sébire. Ce que nous faisons aujourd'hui avec le robot, nous aurions été incapables de le faire par nous-mêmes. Ce n'est même pas une question de temps. Il a des capacités que nous n'avons pas". Le Vector apprend de lui-même. Il va de plus en plus vite sur les trajets qu'il a déjà parcourus plusieurs fois. Auto-pesé, il apprend à prendre en compte les quantités de concentré qui restent dans les tuyaux de chargement. Le robot peut tout faire, mais il faut adapter les instructions aux objectifs recherchés. C'est une question de compromis entre exigence de précision, besoins de réactivité ou recherche de l'optimum. Le jeune éleveur explique "qu'il est préférable de ne pas changer trop souvent les instructions, car à chaque fois c'est un nouvel apprentissage pour le Vector. Malgré tout c'est un système évolutif. Il existe différentes capacités de bol et le robot est capable de fonctionner avec plusieurs bols autonomes". Précision des recettes, fraîcheur de l'aliment, absence de refus, multiplication du nombre de repas... Les éleveurs espèrent aussi améliorer leurs résultats techniques et le coût alimentaire par litre de lait produit. Mais il faudra encore attendre un an pour avoir suffisamment de recul sur ce point.

La pince est la partie du robot qui a nécessité le plus d'ingénierie dans la conception. (aD)
La pince est la partie du robot qui a nécessité le plus d'ingénierie dans la conception. (aD) - © AD

 

Porte-ouverte

Rendez-vous le 10 avril, à partir de 10 h
SCEA de Fort-Moville
7, rue de la Sébirerie
lieu-dit La Sébirerie
27210 FORT-MOVILLE
Coordonnées GPS :
Lon : 0.40898600000002716
Lat : 49.3291793
Une porte-ouverte organisée par le Lely-Center Ruaux

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