L'Agriculteur Normand 26 décembre 2011 à 12h17 | Par Cyril CORNILLE-DUTREMEE

Lait - Inhibiteurs : mise en œuvre de nouveaux tests en 2011 et rappel des bonnes pratiques

Depuis le 1er janvier 2011, la recherche d’inhibiteurs sur les échantillons prélevés dans les exploitations est réalisée avec un nouveau test, “l’Eclipse 3G”. Dans la foulée, l’étape de confirmation a également évolué, avec la mise en œuvre d’un nouveau test, le “Charm Rosa”. Pourquoi ces évolutions ? Quelles conséquences pour la filière laitière ?

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- © cniel

La recherche d’inhibiteurs dans le lait vise à assurer tout au long de la filière la fourniture et la mise en œuvre d’un lait conforme à la réglementation. Cela en vue de répondre aux enjeux de santé publique (antibiorésistance, allergie…), mais aussi aux enjeux technologiques. Car la présence d’inhibiteurs peut perturber l’acidification du lait, sa coagulation, mais aussi accroître le développement d’une flore indésirable et entraîner des pertes de fabrications.Grâce aux accords interprofessionnels existants, les méthodes de détection et la gestion des cas rencontrés sont gérés de manière homogène dans la filière.Des tests sont ainsi effectués en routine sur les laits individuels des producteurs dans le cadre des accords interprofessionnels régionaux “paiement du lait”. D’autres sont réalisés lorsqu’une citerne de collecte est détectée positive et doit être détruite. Pour cette seconde situation, un accord interprofessionnel national formalise les démarches à suivre. Mais, dans les deux situations, la méthode de détection utilisée est celle appliquée pour le paiement du lait.


2011, mise en œuvre de nouveaux tests

Depuis le 1er janvier 2011, le test Eclipse 3G remplace le test COPAN, en place depuis 3 ans, pour la recherche de résidus d’inhibiteurs dans les échantillons de lait prélevés dans les exploitations. Cette évolution a été suivie en juillet 2011 par la mise en œuvre d’un nouveau test de confirmation de présence de résidus d’inhibiteurs, le test Charm Rosa qui complète le test sur boite de gélose Bacillus subtilis. Cette évolution entre dans le cadre d’un programme de révision périodique des méthodes. Elle vise à répondre aux exigences réglementaires, notamment le règlement européen 853/2004, appelé aussi Paquet Hygiène. Il détermine les règles d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale. Ce règlement précise que les intervenants du secteur alimentaire doivent mettre en œuvre des procédures pour éviter la mise sur le marché de lait cru dont la teneur en résidus d’antibiotiques dépasse les niveaux autorisés.


Une gamme plus large de molécules détectées au niveau des seuils réglementaires

Le choix des tests retenus par le CNIEL s’explique par différents critères. Le test de dépistage “Eclipse 3G”, retenu en janvier dernier, permet de détecter un spectre plus large de molécules que le test précédent. Quant au test de confirmation, le choix du test “Charm Rosa” permet de cibler la détection plus rapide (8 minutes) des résidus de certaines molécules : les bétalactames et les trétracyclines, largement présentes dans les produits utilisés par les éleveurs.


L’application des tests sur le terrain

Pour les autres molécules, le test sur boite de gélose, plus long (16-18h), reste d’application. Que cela soit pour les analyses en routine pour le paiement du lait ou pour la recherche d’un échantillon d’un producteur ayant contaminé une citerne, la méthode d’application des tests est identique.


Conséquences pour les producteurs ?

Deux cas peuvent exister. Le premier intervient lorsqu’une citerne est détectée positive en inhibiteur et doit être détruite. Le prélèvement systématique d’un échantillon à chaque enlèvement de lait permet, après analyse, de retrouver le ou les producteurs ayant contaminé la citerne. Dans ce cas, une pénalité est appliquée au litrage de la livraison concernée du producteur fautif. Elle s’élève à 130% du prix de base mensuel du lait payé et devra être versée à l’entreprise ayant subi le préjudice. En supplément, s’ajoutera pour le producteur ayant positivé la citerne, une participation financière de 250 € et la prise en charge des frais d’épandages du lait de la citerne positive aux inhibiteurs.Le second cas intervient lors des contrôles de routine (3 fois par mois dans le cadre de l’accord paiement du lait). En cas de contrôle positif d’un producteur, mais sans conséquence sur la citerne, une pénalité équivalente à 130% du prix de base mensuel du lait payé sera appliquée au volume collecté chez le producteur et versée à l’entreprise.

10 conseils pour éviter les problèmes d’inhibiteurs

- Identifier systématiquement les animaux traités,

- Connaître les exigences des médicaments employés, en particulier les délais d’attente,

- Ecarter le lait de tous les quartiers pendant tout le temps d’attente,

- Transmettre correctement les consignes en cas de changement de trayeur,

- Etre vigilant sur les animaux taris,

- Utiliser des bidons de dérivation de capacité suffisante,

- Ne pas laisser du lait résiduel dans la grille. Bien la rincer après la traite d’un animal traité,

- Prendre aussi ces précautions pour les traitements par voie générale,

- En cas de doute, prévenir sa laiterie avant la collecte,

- Enregistrer tous les traitements dans le cahier sanitaire.

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