L'Agriculteur Normand 10 novembre 2014 à 08h00 | Par A.Dufumier

Le coup du caddie

Les renseignements généraux n'avaient rien vu venir et mercredi 5 novembre, à l'appel d'une action nationale, la FDSEA et les JA de l'Orne avaient récupéré tous les caddies de toutes les grandes surfaces d'Alençon. Direction la préfecture.

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Action FDSEA-JA du 5 nov. 2014 © Alexis Dufumier

Grande distribution d'une part et administration d'autre part. Répondant à un mot d'ordre national de la FNSEA et des JA, mercredi 5 novembre, les syndicats FDSEA-JA de l'Orne ont pris d'assaut la capitale préfectorale d'Alençon, après avoir vidé de leurs chariots, les grandes et moyennes surfaces (GMS) de l'agglomération. "On savait qu'on allait devoir se lever tôt, mais on ne savait pas pourquoi, ni où, ni comment", relève un adhérent, qui était là avant l'aube à grossir les rangs de 250 à 300 agriculteurs, venus manifester contre la surcharge administrative et contre les abus répétés des grandes et moyennes surfaces dans la valorisation des productions agricoles françaises.

Opération surprise
Cette fois, pas question de se laisser couper l'herbe sous le pied par les "renseignements généraux" (les SDIG, depuis la nouvelle gouvernance du renseignement intérieur de 2008). L'action est donc planifiée uniquement de vive voix, avec interdiction de  donner des détails par téléphone. Ce n'est que la veille que les têtes de réseau sont prévenues de venir se rassembler devant la Chambre départementale d'agriculture à 5 h 30. Quant au mot d'ordre d'aller chercher tous les caddies* des GMS de la ville - il ne sera dévoilé qu'après le rassemblement complet des premières troupes, peu avant six heures. L'effet de surprise a joué à plein et les équipes de manifestants chargés de récupérer "les chariots de la honte", arriveront dans les GMS de 15 à 20 minutes avant les forces de l'ordre, qui veilleront surtout à ce que le convoyage des "trains" jusqu'à "la pyramide", se déroule dans de bonnes conditions. La pyramide ? C'est le nom donné au grand rond-point du centre-ville d'Alençon, à un jet de pierre de la préfecture.

Les chariots de la honte
La totalité des grandes surfaces aura été visitée, pour plus de 2 000 chariots convoyés sur route attelés à des quads, utilitaires ou tracteurs, par petits groupes de 20 à 150. Le symbole est fort. "Ce sont les chariots de la honte, de ceux qui défendent le pouvoir d'achat sur le dos des agriculteurs. De ceux qui sont capables de signer des accords en juillet en faveur des productions françaises, et à la rentrée de se servir de
l'origine France pour vendre des produits étrangers", tempête  Guillaume Larchevêque, président des Jeunes Agriculteurs de l'Orne".

Maltraités
par l'administration
Tas de fumier devant la cité administrative, haie bocagère plantée sur les plates-bandes de la DDTM et siège de caddies de ronce et de tracteurs devant la préfecture. Les services de l'Etat ne sont pas en reste de la manifestation. "Nous sommes mal traités par l'administration et par un Etat qui pourtant se dit social", fulmine encore Guillaume Larchevêque. Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA proteste, "nous n'avons pas besoin de pression administrative supplémentaire. Ils ne cessent de nous dire que nous travaillons mal. Qu'à cela ne tienne, aujourd'hui, c'est nous qui contrôlons comment ils travaillent et nous avons déjà constaté des irrégularités qui nous seront précieuses dans les discussions à venir". "Laissez-nous produire français".

Opération surprise
"L'action s'est très bien déroulée, dans le respect des biens et des personnes", déclare Guillaume Larchevêque en clôture de l'action. Le bilan est malgré tout en demi-teinte. "Il devra y avoir des suites, complète Anne-Marie Denis, députés, maires, directeurs de GMS, je n'ai vu aujourd'hui aucun de ces représentants être solidaire de notre mouvement, déplore le président des JA. Quant au préfet, il n'a jamais voulu s'exprimer directement face aux manifestants. C'est regrettable. Il faudra bien que les services de l'Etat prennent la responsabilité d'expliquer eux-mêmes leurs décisions. Nous, nous n'arrivons plus à expliquer. Nous en avons assez de faire redescendre des décisions aberrantes, incohérentes, et contradictoires"

 

(*) Caddie est une marque commerciale française. En réalité, les grandes surfaces d'Alençon étaient surtout équipées de chariots "WanzI", entreprise d'origine allemande ayant un site de production en Alsace.

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