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Le FMSE au secours des producteurs de carottes

Le président du FMSE (Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental), Joël Limouzin, s’est déplacé mardi matin sur la côte ouest de la Manche pour mesurer les incidences de l’interdiction du 1,3 D sur la production de carottes, et envisager les suites à donner.

© SB

llll La décision au mois d’avril dernier de Stéphane Travert, alors ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’époque de ne pas renouveler la dérogation à l’interdiction de l’usage du 1,3 D, un produit utilisé pour le traitement des sols avant le semis des carottes, a plongé la filière légumière départementale dans une grande période d’incertitude. Les producteurs comme les responsables syndicaux ne cessent de tirer la sonnette d’alarme au risque de voir certains arrêter la production, et pire, mettre la clef sous la porte.

Toujours sans réponse
La FDSEA de la Manche, avec les acteurs de la filière, avaient pourtant établi un plan présenté au gouvernement en juin 2018. Or, en décembre, la situation n’avait pas évolué, et pire encore, aucun élément n’était sur le bureau.  A ce jour, malgré les interpellations, « nous n’avons toujours pas de retour du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation sur la prise en compte de nos doléances », se désole le président de la FDSEA, Sébastien Amand.

En visite sur le terrain
Alors, le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) a été sollicité afin de répondre en partie à cette problématique. Le président, Joël Limouzin, s’est déplacé le 28 janvier dernier sur les champs de carottes de différents producteurs pour prendre la mesure de la situation.

25 ans de recherche
Des tests ont été réalisés par le Sileban, station d’expérimentation basée à Gatteville-Phare, sur des parcelles avec des solutions de bio contrôle ou des solutions avec une homologation envisagée à court terme. Mais les résultats s’avèrent décevant. « La recherche est engagée depuis 25 ans », souligne Patrick Groualle, directeur de Jardins de Normandie.

De faibles rendements
Avec ou sans alternatives, les rendements sont très faibles. Auparavant, la production pouvait atteindre 50 à 70 tonnes alors que « j’en ai récolté que 14 tonnes », explique Jean-Luc Leblond. « On ne parle même plus de rendement parce que les carottes n’ont plus les mêmes caractéristiques. Elles sont altérées dans leur développement, au niveau du goût… », poursuivent les professionnels.
Cette année, d’ores et déjà, la production aura été réduite de 40 %. Et pour l’année prochaine, il faut s’attendre au double. Quant à la carotte des sables, sous signe de qualité Label rouge, elle est également en danger. « On risque de perdre des marchés parce qu’elle ne répond plus aux cahiers des charges », se désolent les producteurs.
Tout en continuant les recherches, les producteurs attendent un accompagnement technique et financier. Le 29 janvier dernier, c’était au tour de Hervé Morin, président de Hervé Morin, de rencontrer les acteurs de la filière pour s’engager dans le grand plan d’investissement.

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