L'Agriculteur Normand 14 décembre 2017 à 08h00 | Par T.Guillemot

Le Gaec BB bien dans ses bottes

Les pieds dans les bottes, tel était le nom de l’opération conduite par la Chambre d’agriculture le 7 décembre dernier dans les départements du Calvados, la Manche et l’Orne. L’occasion pour les deux associés du Gaec BB, conduit par Marc-Antoine Blot et Yovenn Bougis, installés à Hauteville-la-Guichard.

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- © SB

Pour mieux vivre son métier, il faut savoir prendre du recul. C’est ce que les deux jeunes associés du Gaec BB ont réalisé moins de quatre ans après s’être installés. Souriants tous les deux, ils affirment être bien dans leurs bottes.
Jeudi dernier, lors de la porte ouverte, il fallait des bottes vu la météo pluvieuse. Peu importe ce qu’ils avaient au pied, Marc-Antoine Blot comme Yovenn Bougis ont expliqué leur parcours de manière très claire.

Un budget maitrisé
Les deux trentenaires se sont rencontrés lors de leur BTS Acse (Analyse et conduite des systèmes agricoles). Non issus du milieu agricole, les deux hommes ont eu comme « un appel de la terre », certainement en souvenir des moments passés chez les grands-parents, mais en démarrant de zéro. Ils ont trouvé une exploitation individuelle à reprendre chacun, alors ils ont franchi le pas. « C’était un peu difficile au départ », admet Marc-Antoine Blot. Mais ils avaient la volonté d’avancer ensemble. Ils ont rassemblé les troupeaux sur un seul site, à Hauteville-la-Guichard dès la fin 2014, après une première phase de travaux. Ils ont investi en allongeant le bâtiment, en passant d’une salle de traite de 2 x 3 à une de 2 x 8. « Nous avons fait le choix d’acheter une salle de traite d’occasion pour limiter les coûts, mais en se donnant la possibilité d’aller jusqu’à 2 x 12 », racontent les associés, convaincus que leur outil est voué à évoluer.

Réussir à produire
Pour ces deux jeunes agriculteurs, le défi était de « réussir à produire », confient-ils. Et pour cause, les conditions n’étaient pas optimums au départ. Il fallait d’autant plus que les vaches laitières s’habituent à ce changement, et surtout en plein hiver. Ils ont donc trouvé leur rythme pour atteindre une référence laitière de 800 000 l de lait, transformé à Isigny-Sainte-Mère. L’année dernière, ils ont saisi une nouvelle opportunité. Ils ont repris la porcherie qui était à leur porte, une porcherie de 180 mères, et une trentaine d’hectares leur permettant d’obtenir une surface totale de 125 ha aujourd’hui. « Cela nous permet de sécuriser notre système fourrager. Et cette nouvelle production complète notre exploitation », expliquent les deux éleveurs.
Pour les épauler, ils ont embauché une salariée spécialisée dans l’élevage porcin. L’équipe est complétée par une apprentie. Le rôle de cette dernière n’est pas négligeable. Présente deux semaines par mois, elle permet aux deux associés, chacun leur tour, de se décharger de leurs tâches quotidiennes pour s’échapper et passer du temps auprès de leurs enfants et de leur famille. « En organisant cette porte ouverte, nous avons fait le déclic que nous n’avions pas assez de temps pour notre famille », relate Marc-Antoine Blot.

Une organisation bien huilée
Au public venu visiter leur exploitation, Marc-Antoine Blot et Yovenn Bougis ont expliqué également leurs choix. En ce qui concerne la traite par l’arrière, leur système permet un gain de place en longueur, avec une sortie rapide. Ce qui ne nécessite pas de couloir de retour à laver. C’est un gain de temps de dix minutes. En termes d’organisation, les deux associés sont polyvalents. Pendant qu’un des deux gars se consacre à la traite (environ 1 h 30), le second s’occupe de l’alimentation entre autres.

Se fixer des priorités
En préparant cette journée, la Chambre d’agriculture de la Manche a fait en sorte de pointer tous les risques en matière de salle de traite, d’ergonomie, de confort de traite, mais aussi les points à ne pas négliger en matière de bâtiment, d’innovations ou
d’améliorations à apporter. Ceci dans le but d’annoncer les solutions ou les points de vigilance à avoir.  Au final, Marc-Antoine Blot comme Yovenn Bougis sont conscients de devoir
« se fixer des priorités. C’est une question d’équilibre à trouver entre la vie professionnelle et la vie personnelle. » Sans aucun doute, leurs épouses respectives s’en réjouissent, et profitent également de la semaine de congés l’été et d’un week-end sur deux le reste de l’année.

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