L'Agriculteur Normand 27 octobre 2016 à 08h00 | Par Patrick CARTOUX Chambre d’agriculture de l’Orne

Le mélange céréales-protéagineux est un bon fourrage pour alimenter le troupeau allaitant

Hugues Bonhomme du GAEC familial Bonhomme Mirande de Coulmer témoigne.

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Hugues Bonhomme s'apprête à récolter son mélange céréales-protéagineux sous forme ensilée.
Hugues Bonhomme s'apprête à récolter son mélange céréales-protéagineux sous forme ensilée. - © CA 61

La production d’un mélange céréales-protéagineux, récolté en fourrage, mis en œuvre depuis déjà de nombreuses années chez les producteurs bio, se développe dans les systèmes conventionnels. Cette culture permet de récolter un fourrage équilibré, d’une valeur alimentaire modeste, mais correspondant aux besoins de la plupart des catégories présentes dans un troupeau allaitant.

« Cette culture est une bonne tête d’assolement, qui apporte de la souplesse dans notre système»
Nous cultivons depuis près de 8 ans ce fourrage récolté en ensilage.
Notre surface labourable n’a pas évolué depuis 2008, soit 60 ha. Cependant, les légumineuses pures (luzerne et trèfle) et le mélange fourrager ont progressivement remplacé une partie du maïs ensilage et de l’orge et la totalité du blé. En effet, compte tenu du potentiel agronomique moyen de nos sols, nous avons décidé d’arrêter les cultures de vente au profit des cultures fourragères pour améliorer l’autonomie alimentaire de l’exploitation. De plus, la surface du maïs, compte tenu des rendements assez aléatoires, induits par des conditions d’implantation souvent difficiles, a été réduite (graphiques 1 et 2). 
A noter que les conditions d’implantation du mélange fourrager sont plus faciles, dans nos terres assez lourdes, froides et humides, contrairement à un maïs avec lequel il faut être beaucoup plus méticuleux.
En plus de la diversification d’assolement, cette culture améliore nettement la structure du sol.
De plus les dates de semis et de récolte sont beaucoup plus favorables pour travailler dans de bonnes conditions.
A noter que cette culture nous apporte une certaine souplesse et sécurise l’autonomie alimentaire du troupeau. D’autre part, le cas d’un déficit fourrager, il nous a d’ailleurs été possible d’implanter et de récolter une dérobée derrière le fourrage récolté : mélange avoine + vesce ou seigle fourrager + trèfle incarnat.

- © CA 61

Quelle quantité de mélange semé, à quelle date ?
Suivant les conditions climatiques, l’implantation est réalisée à l’automne ou en tout début de printemps.
En fonction de la qualité du sol (plus ou moins sableux à argileux) et de la date de semis, les quantités de chaque espèce varient du simple au double.
Les semences sont préalablement mélangées dans une bétonnière.
Le semis en mélange est réalisé en une seule fois (tableau 1).

Un rendement sécurisé pour un coût maîtrisé
La culture du méteil fourrager nous permet d’assurer un rendement assez stable, comparativement à celui du maïs ensilage qui reste, dans nos terres, assez aléatoire (tableau 2).
Compte tenu d’un pourvoir couvrant, induit par la vigueur de végétation, le salissement est tout naturellement limité. Nous trouvons que cette culture nettoie très bien les terres, notamment derrière la culture du maïs.

Des valeurs alimentaires modestes mais équilibrées
Le plus difficile reste la date de récolte qui détermine la quantité et la qualité du fourrage.
Nous souhaitons avoir un certain volume tout en conservant de la valeur alimentaire.
C’est la céréale dominante qui nous guide. En l’occurrence, nous récoltons quand le triticale est au stade pâteux (tableau 3).
Le mélange fourrage récolté est destiné majoritairement à nourrir les génisses d’un et deux ans et les vaches taries.
La ration est composée d’¼ de maïs ensilage, ¼ de mélange fourrager, ¼ d’ensilage d’herbe et ¼ de foin + paille.
Elle permet de faire l’impasse sur l’apport d’un complémentaire azoté.
Le mélange, distribué à la mélangeuse, reste le même, quelle que soit la catégorie, mais rationné pour les vaches gestantes et les génisses de 2 ans pour éviter qu’elles ne prennent trop d’état. De la paille est à disposition, à volonté, en complément pour saturer leur capacité d’ingestion.

- © Analyse de groupe GI2E autonomie protéique ornais

Sécuriser la conservation du silo
Il est nécessaire de bien tasser le silo. Dans le cas d’un fourrage sec
(> 35 % MS) et donc plus difficile à tasser, un conservateur acide est recommandé (acide propionique). Adapter la largeur du silo à la vitesse d’avancement nécessaire à la bonne conservation du fourrage soit environ 20 cm par jour minimum. Eviter le silo taupe où le tassement risque d’être insuffisant.

Pour 2018, produire un mélange fourrager plus riche en PDI, destiné aux animaux à l’engrais
Les semis en cours et donc la récolte 2017 nous permettront de continuer de nous faire la main avec cette culture. En 2018, nous envisageons de récolter deux types de méteil, dont l’un à destination des élèves et vaches gestantes et l’autre à destination des bovins engraissés.

En chiffres
Le GAEC Bonhomme Mirande compte 3 UMO familiales.
La surface totale est de 234 ha dont 174 ha d’herbe, soit près de 75 % de la SAU.
Le troupeau allaitant, composé de 180 vaches charolaises, majoritairement inscrites, est conduit en système naisseur-engraisseur avec finition de toutes les femelles et des mâles, vendus principalement en taurillons. 10 à 15 jeunes mâles sont commercialisés en reproducteurs.

En savoir plus
Vous pouvez consulter l’intégralité de cet article sur le site de votre Chambre d’agriculture et contacter votre conseiller spécialisé fourrage ou viande bovine pour toute information complémentaire.

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