L'Agriculteur Normand 07 juin 2017 à 08h00 | Par M. Malo

Législatives dans le Calvados: « que les candidats prennent en compte les problématiques agricoles »

Mardi 30 mai, à la ferme des frères Duval à Gouvix (14), FDSEA et JA du Calvados ont invité les candidats aux élections législatives. Sur l’exploitation, les participants ont pu traiter de certaines problématiques agricoles importantes. Après plus de deux ans de crise grave, la profession veut interpeller la nouvelle gouvernance...

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- © MM

« Vous avez entendu parler du fait qu’un agriculteur se suicide tous les jours. Aujourd’hui, on va aller au-delà de ça », alarme Christophe Macé, président de la FDSEA du Calvados devant les candidats aux législatives. Pour l’agriculteur, la situation étouffante dans laquelle baigne la profession n’est plus supportable. « Les agriculteurs sont fatigués et résignés. Ce n’est pas avec les quelques centimes obtenus en plus sur le prix du lait que nos trésoreries vont s’améliorer. Le métier vit une passe très compliquée. Les exploitants manifestent de moins en moins, il est de plus en plus difficile de mobiliser », s’inquiète-t-il. Retraite, prix de revient, météo capricieuse, versements des aides retardés, administration compliquée, normes de plus en plus drastiques, les problématiques se multiplient. « Nous vivons des moments très difficiles, notamment dans l’élevage. La météo, on ne la gère pas et notre métier est très lié à ça. Bon nombre d’exploitants nous disent qu’ils n’arrivent plus à vivre avec les prix que l’on connait aujourd’hui. Au niveau des jeunes, on remarque que la transmission d’exploitation devient très compliquée. Beaucoup de questions en ressortent. Dois-je reprendre la ferme familiale? Passer le tout en culture ?, etc.», explique Nicolas Duclomesnil, président des JA 14. Éric Duval, hôte de la rencontre avec son frère peut en témoigner. « Nos parents ont acheté la ferme en 1950. Mon frère va partir à la retraite et ce n’est pas un, mais bien deux employés qu’il me faudrait pour m’aider. Je ne sais comment faire. On sent que nous sommes arrivés à un point de non-retour. À côté de ça, le métier est très souvent critiqué, notamment à cause des produits phytosanitaires. Il faut savoir que l’on fait de notre mieux pour être productif et respectueux. On travaille avec de vrais techniciens. Il faut nous faire confiance et pas trop nous crier dessus car au bout d’un moment, ça peut faire très mal », insiste l’agriculteur.

Le revenu
Problème principal que souligne la FDSEA. « On ne peut pas se lever le matin en sachant que l’on ne va rien gagner. Il va falloir rééquilibrer les balances commerciales. On a tous à y gagner. Le bio a du sens comme le label et le conventionnel ont du sens. Aujourd’hui, on gagne en productivité, on travaille bien et de mieux en mieux. Il nous faut une juste rémunération de la valeur ajoutée », s’exclame Christophe Macé.

Respect : « ne décidez pas pour nous »
« On demande d’être respecté. Nous sommes contrôlés, ce qui est normal. Mais lorsque l’on est constamment suspecté, le moral en prend pour son grade. Les Français aiment leurs agriculteurs, on le sait. En revanche, ils n’aiment pas leur agriculture. La profession s’engage sur du long terme, c’est toute une vie, une passion. Malheureusement, aujourd’hui, le moindre facteur peut faire voir nos prix s’effondrer », explique le président de la FDSEA. Avant de clôturer cette rencontre, présidents JA et FDSEA ont demander aux candidats de rester à l’écoute de leurs agriculteurs. « Écoutez-nous et ne décidez pas pour nous. Souvent, c’est le politique qui décide sans nous et ça, on en veut plus », regrette Christophe Macé. « Nous vous souhaitons une bonne fin de campagne. N’hésitez pas à venir vers nous car nous, nous le ferrons », conclut Nicolas Duclomesnil.

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