L'Agriculteur Normand 27 novembre 2019 à 10h00 | Par Joël Rébillard

Les agricultrices actrices de leur avenir

Des avancées enregistrées mais aussi des attentes fortes, les agricultrices ont du pain sur la planche en cette année de renouvellement syndical. Elles en ont parlé avec Jacqueline Cottier, la présidente de la commission nationale, venue à leur rencontre mardi dernier à Caen.

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- © JR

llll Au rayon des avancées, Jacqueline Cottier a salué l’amélioration des conditions de remplacement pour les congés de maternité avec la prise en charge des cotisations de CSG et CRDS. Désormais, le recours au service de remplacement est nettement plus avantageux que l’indemnité journalière. C’est un choix délibéré que Jacqueline Cottier assume : « seulement 40% des futures mamans sollicitaient le remplacement. C’est pourtant un moment qu’il faut privilégier dans sa vie » explique-t-elle.

Retraites : tout à gagner
Les attentes sont fortes quant à la réforme des retraites. Pour les agricultrices, « de là où nous partons, nous avons tout à gagner dans un système unifié ». En revanche, à ce stade, même s’il est prévu que la bonification pour enfant soit attribuée dès le premier enfant et non plus à compter du troisième, les agricultrices déplorent que cette bonification demeure proportionnelle et ne soit pas forfaitisée. « C’est un avantage pour les retraites élevées, nous devons encore avancer sur ce sujet » prévoit Jacqueline Cottier. La présidente encourage par ailleurs les agricultrices retraitées à solliciter l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-fonds de solidarité). « Trop de personnes qui pourraient en bénéficier pour voir leur retraite relevée au niveau du minimum retraite ne la demandent pas. Cela vaut pourtant le coup d’étudier la question ». Les retraités craignent le recours sur la succession qui rendait l’aide du fonds de solidarité moins attractive. Or les règles de ce recours ont été assouplies et il n’est plus aussi systématique.

Féminiser les instances
Sur ce dossier comme sur les autres, « les commissions départementales doivent rencontrer la MSA une fois par an » conseille Jacqueline Cottier. L’occasion de faire le point sur les changements qui interviennent sur le statut, la couverture des risques sociaux ou les retraites. La MSA va renouveler ses élus. Les agricultrices comptent bien se mobiliser sur ce sujet qui n’est autre de pérenniser le régime agricole de protection sociale. Ce sera aussi le cas de la structure syndicale
FNSEA, de la commune au national. Là aussi, les agricultrices sont invitées à prendre toute leur place. « Un tiers des agriculteurs sont des agricultrices » souligne Jacqueline Cottier. Or, cela ne se retrouve pas dans les instances syndicales et c’est un manque pour le réseau. Un manque que les agricultrices sont bien décidées à combler.

Le Ceser, l’autre assemblée régionale

Les agricultrices réunies à Caen ont ensuite rencontré Jean-Luc Léger, le président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (Ceser) et sa vice-présidente Julie Guillas. Organisé par la présidente de la commission régionale, Sylviane Lefez, elle-même représentant la FRSEA au Ceser, cet échange a permis de présenter l’institution. Une institution composée de 130 membres issus de 4 collèges : 42 représentants des entreprises, 42 représentants des salariés, 42 représentants des associations et 4 personnalités qualifiées. Ces 130 membres nommés par arrêté préfectoral représentent la société civile et son accompagnés par une équipe administrative de 11 collaborateurs. Le Ceser émet des avis sur les politiques régionales, sur saisine du Conseil Régional ou sur auto-saisine. « La quasi-totalité de nos avis sont adoptés à l’unanimité ». C’est ce petit miracle du CESER que le président Jean-Luc Léger a mis en exergue puisque les groupes de travail « sont toujours composés de membres des trois collèges ». Le CESER démontre que des milieux a priori opposés peuvent trouver des points d’accord sur le fond. Ainsi, si les avis du Ceser sont consultatifs et pas toujours suivi d’effets immédiats, il arrive aussi que certains avis cheminent dans les esprits et se retrouvent suivis un peu plus tardivement. Lors de la crise des gilets jaunes, le Ceser a contribué au grand débat en allant au-devant des parties prenantes. Il en a tiré quelques recommandations mises à la disposition des élus régionaux mais aussi municipaux, départementaux et parlementaires. Bref, une base de programme électoral dans laquelle les candidats peuvent puiser. En ces temps de pré-campagne municipale, la source peut être inspirante….

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