L'Agriculteur Normand 10 juillet 2019 à 11h00 | Par S. Bossière

Les bottes et les cottes au pied de la préfecture

Le 2 juillet 2019, à la suite du mot d’ordre national, les Jeunes agriculteurs de la Manche se sont donné rendez-vous devant les grilles de la préfecture de la Manche pour manifester leur mécontentement face à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) mettant à mal l’agriculture française.

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Une soixantaine de Jeunes agriculteurs et quelques adhérents de la FDSEA de la Manche ont manifesté à la préfecture de Saint-Lô contre l’accord avec le Mercosur. (© SB) Cette action n’est qu’une première. Et les JA en promettent d’autres s’ils ne sont pas entendus. © SB Face à la grille, François Rihouet dénonce les conséquences de l’accord avec le Mercosur, notamment pour les élevages en viande bovine ou encore en volaille. © SB « Ne rien dire, c’est accepter. Et nous n’acceptons pas que l’agriculture serve de monnaie d’échange et soit ainsi sacrifiée », martèle François Rihouet. © SB Pour montrer qu’ils croulent sous la paperasse, les JA déversent des kilos de papier en petits bouts avec une pailleuse. © SB

Le 28 juin, la Commission européenne a conclu un accord commercial avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). C’est ce qui a poussé les Jeunes agriculteurs de la Manche à manifester le 2 juillet dernier. Une soixantaine d’adhérents avaient amené leurs bottes et leurs cottes de travail afin de les déposer devant la grille de la préfecture. « C’est un geste symbolique », explique François Rihouet, président des JA de la Manche. « Un geste qui démontre que nous ne pourrons plus travailler avec cet accord commercial trouvé avec les pays du Mercosur », déplore-t-il.

Comment croire en l’avenir

Dans cet accord, c’est la viande de bœuf qui cristallise l’angoisse des agriculteurs. Pas moins de 99 000 tonnes de viande pourraient être importées. « Comment voulez-vous qu’un jeune installé en viande bovine puisse encore croire en l’avenir avec une telle annonce », s’insurge le président des JA.

Ne rien dire, c’est accepter

« C’est d’autant plus révoltant que nous avons travaillé avec ce gouvernement dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, que nous n’avons rien entendu de la part des différents candidats aux élections européennes. C’est un véritable pied de nez à notre travail », poursuit-il, la gorge serrée. « Oui, ça prend aux tripes de voir ça. On a cru qu’on était entendu et qu’on pouvait avoir des perspectives parce qu’on croit en notre métier », avoue-t-il. Tout simplement, pour les JA, « ne rien dire, c’est accepter. Et nous n’acceptons pas que l’agriculture serve de monnaie d’échange et soit ainsi sacrifiée », martèle François Rihouet.


Des échanges équilibrés

Les JA avaient également amené du papier qu’ils ont déposé de l’autre côté des grilles. Là aussi, cela se voulait symbolique. « Ce n’est pas pour se réchauffer mais bien pour montrer qu’on croule sous la paperasse. On nous impose toute une réglementation alors que nous allons être en concurrence avec une agriculture qui n’est pas du tout la notre. Nous ne sommes pas contre les échanges internationaux, mais nous voulons qu’ils soient équilibrés. Le gouvernement ne peut pas brader l’agriculture au profit de l’automobile, la chimie... », explique le responsable syndical.

Continuer l’action

Une rencontre avec les parlementaires et la FDSEA de la Manche a été programmée lundi 8 juillet afin de bien exprimer les inquiétudes de la profession, d’évoquer aussi le CETA, accord en perspective avec le Canada. « Le gouvernement parle de garanties. Mais quelles sont-elles ? Ce qui est sûr, c’est qu’on n’en restera pas là », telle est la promesse de François Rihouet à ses adhérents.

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