L'Agriculteur Normand 31 octobre 2014 à 08h00 | Par Christian Savary - Chambre d’agriculture de la Manche

Les éleveurs souhaitent gagner du temps

Avec l’agrandissement des exploitations et des troupeaux, les contraintes parcellaires (routes, habitations, distances…), les robots de traite… la distribution des fourrages tend à devenir un travail quasi quotidien pour la majorité des éleveurs. Les temps consacrés à cette tâche sont extrêmement variables, mais pour de nombreux éleveurs, il existe une réelle volonté de gagner du temps.

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 (© CA 50)

La distribution des fourrages comprend plusieurs tâches : débâchage des silos, préparation des concentrés, chargement, mélange, distribution, gestion des refus… Les aliments distribués composant la ration se présentent sous diverses formes plus ou moins faciles à distribuer aux différents lots d’animaux (VL, élèves, vaches taries, taurillons…). La gamme des matériels utilisés est également très variée pour répondre aux contraintes des différents élevages. Au final, les temps de travaux présentent une grande variabilité : pour un même nombre d’UGB, le temps de main d’œuvre peut varier dans des proportions de 1 à 4 ! Le matériel peut jouer un rôle important, mais c’est également en améliorant ses pratiques, son organisation… que l’on peut gagner du temps. Voici quelques pistes pour vous aider !


Matériel classique pour rations simples

Lorsque les animaux reçoivent une ration simple, composée de 3 ou 4 types d’aliments, il n’est pas nécessaire de travailler avec des matériels sophistiqués. Une ration simple permet de gagner du temps en limitant les déplacements entre les points de chargement. Le mélange n’est pas indispensable : avec des matériels de faible capacité (godet dé-sileur, désileuse portée…), il faut alterner les distributions des différents composants. Avec les distributrices, le chargement par couches d’aliments régulièrement répartis, donne généralement satisfaction.La simplification peut aussi passer par une distribution tous les 2 jours pour les animaux ou les exigences alimentaires sont moins élevées.


Gérer la fibre à la récolte

Pour favoriser la rumination, les animaux doivent disposer d’une ration suffisamment fibreuse. Avec l’ensilage de maïs, il n’est pas toujours facile de trouver le bon compromis entre un hachage court favorable à la conservation et une coupe plus grossière permettant de compenser le défibrage provoqué par le matériel de distribution. L’intégration d’une petite quantité de fibres complémentaires (paille, foin, enrubannage…) permet de sécuriser la ration. Il est souvent plus judicieux de pré-couper la fibre à la récolte, car les mélangeuses sont beaucoup moins rapides pour effectuer ce travail (5 à 10 minutes par balle). Les remorques autochargeuses-ensileuses sont désormais sollicitées pour récolter quelques hectares de paille ou de foin qu’il faut pouvoir stocker sous hangar fermé. Les constructeurs font également évoluer les équipements de hachage sur les presses pour couper plus court. Cela consomme davantage de puissance et de carburant, mais ce léger surcoût est largement compensé à la distribution (temps, usure du matériel…).

Des aliments regroupés

Il est primordial de stocker les aliments de façon cohérente pour minimiser les temps de déplacement. Au-delà de 7/8 m3 de capacité, le matériel de distribution est souvent chargé avec un tracteur chargeur ou un télescopique : celui-ci ne doit pas effectuer des “aller/retour” trop long, car à 11/12 km/h, il faut environ 30 secondes pour parcourir 100 m. Pour le chargement d’une mélangeuse de 12/15 m3, on peut rapidement perdre 5 à 6 minutes entre un chargement de proximité (25 m) et un chargement éloigné (> 100 m).

Anticiper les travaux

Il faut exploiter les temps morts pour effectuer une autre tâche : par exemple, si une balle d’enrubannage est en phase de coupe dans le bol mélangeur, il y a quelques minutes qui doivent être mises à profit pour gagner du temps (préparation minéraux/ concentrés, nettoyage table d’alimentation…). Il est également plus rapide, de prévoir une préparation hebdomadaire “fibres/concentrés” ou “Pré-mix”, plutôt que de répéter cette tâche tous les jours. L’incorporation d’une partie des protéines dans le silo au moment de l’ensilage peut également générer un gain de temps.

Après les robots de traite, voici les robots d’alimentation.
Après les robots de traite, voici les robots d’alimentation. - © (CA 50 - FCBN)

L’automatisation

Après les robots de traite, voici les robots d’alimentation. Ces équipements sont avant tout destinés à des exploitations de taille suffisante pour pouvoir être amortis. Ils assurent, de façon autonome la distribution de la ration souhaitée aux différents lots d’animaux. Le rôle de l’éleveur consiste à mettre à disposition les différents aliments grossiers. Avec un désilage sous forme de cubes, l’éleveur est mobilisé 1 ou 2 fois par semaine pour alimenter la cuisine ou les équipements de stockage. Avec les robots équipés de trémies d’attentes ou de trémies de mélanges, il est nécessaire de désiler tous les jours : c’est essentiellement la partie distribution qui est automatisée. Les équipements les plus simples (trémie mélangeuse de préparation, tapis de chargement et automate de distribution sur rail) sont accessibles à partir de 80 000 €. Pour les robots plus sophistiqués, il faut envisager 150 à 200 000 € d’investissement.

La délégation

En Basse-Normandie, plus de 250 éleveurs bénéficient du service de 30 CUMA de désilage. Cette formule offre un gain de temps important pour l’exploitant de l’ordre de 30 minutes à 2 heures par jour, le travail étant réalisé par une désileuse automotrice avec chauffeur. Le travail de l’éleveur se résume généralement à la préparation des silos et à la gestion des refus. Autre avantage, l’accès à du matériel performant (pesée, mélange…) mutualisé, y compris pour des petites exploitations, permet de maîtriser leur coût de distribution tout en déléguant cette astreinte journalière pour un prix de revient de l’ordre de 17 €/1 000 litres carburant et main d’œuvre compris ! La configuration des groupes est variée. L’important est de regrouper des exploitations sur un territoire où la densité laitière au kilomètre est d’au minimum 100 000 l /km :  par exemple, un groupe de 8 exploitants centralisant un volume de lait de 3 500 000 l avec un circuit d’environ 30 km.

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