L'Agriculteur Normand 12 octobre 2016 à 08h00 | Par Géraldine THEZARD-Saint-Lô ThèreLycée - CFA - CFPPA

Les légumineuses au service de l’agriculture et de la biodiversité

Porte ouverte technique à Saint-Lô Thère le vendredi 14 octobre 2016.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
A gauche : fauche du méteil fourrage. A droite : colza.
A gauche : fauche du méteil fourrage. A droite : colza. - © Lycée Saint-Lô Thère

Au programme : des ateliers animés par les partenaires de la journée pour découvrir l’intérêt des légumineuses : pour la vie du sol et l’autonomie alimentaire des troupeaux ainsi que pour l’environnement et la vie des abeilles. L’installation de bonnes clôtures et l’importance des haies seront également abordés.
Les agriculteurs et techniciens sont invités à nous rejoindre dès 13 h 30 pour un temps d’accueil puis une visite libre des différents ateliers sera possible jusqu’à 16 h 30.

Des inter-cultures riches en protéagineux après maïs
Par Anastasie Fesneau, Chambre d’agriculture de la Manche et Carole Bes, lycée agricole de Vire
A la recherche d’autonomie, les éleveurs cherchent à réduire les achats de tourteaux de colza et de soja, en produisant des fourrages riches en protéines. Les agriculteurs des groupes techniques des Chambres d’agricultures, les lycées agricoles normands et la Ferme expérimentale de La Blanche Maison ont mis en commun leurs essais pour maîtriser l’innovation. Dans le cadre du projet régional Luz’N’CO nous avons pu accompagner ces démarches collectives et synthétiser des résultats utiles pour tous, que nous vous présenterons lors de cette journée.

Moins de phytos grâce aux légumineuses
Par Caroline Milleville, Chambre d’agriculture de la Manche
Les résultats des fermes suivies dans le cadre d’Ecophyto (Réseaux DEPHY), montrent que les rotations longues et diversifiées sont les plus économes en produits phytosanitaires. On retrouve dans ces systèmes de polyculture élevage une part de légumineuses importante : prairies multi-espèces, luzerne, méteil ou couverts hivernaux. Lorsqu’elles sont associées entre elles ou avec des graminées, elles donnent des prairies garnies qui se salissent peu et que l’on n’a pas besoin de désherber. Les méteils avec des protéagineux sont aussi des cultures très peu salissantes qui font un bon précédent au maïs. Dans tous les cas, les légumineuses concourent à l’autonomie alimentaire des élevages et à la rentabilité économique des systèmes.

Rénovation de prairie
Par les BTS ACSE de Saint-Lô Thère
La classe de BTS ACSE deuxième année va présenter la rénovation d’une prairie de 3 ha pâturée par une inter-culture de colza fourrager dans un sol de type limono-argileux avec un ph de 6,5. Pour cela, différents outils sont intervenus pour travailler le sol afin d'optimiser les prairies déjà existantes et de permettre des rendements en fourrage de qualité. Le mélange choisi se compose de 1/3 de colza fourrager et 2/3 de RGI. Le colza étant une crucifère, à l'aide de ses racines pivots, il permet le travail du sol naturellement et il a une bonne valeur alimentaire. Quant au RGI, il permet une bonne valorisation alimentaire de l'herbe. Cette association de plante permet de préparer et d'assurer l'implantation de la prairie suivante composée de légumineuses (trèfle) et Ray grass italien.

L’autonomie protéique pour diminuer l’empreinte environnementale
Par Matthieu Rivière, Littoral Normand
Dans un contexte où les impacts environnementaux prennent une place de plus en plus importante dans les décisions stratégiques, l’Europe a fixé comme objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % d’ici 2020. Le projet Carbon Dairy permet de mesurer ces émissions de GESX, ainsi que le stockage de carbone à partir des performances techniques. A partir de ces résultats, les éleveurs sont invités à choisir les leviers pour diminuer les émissions. L’augmentation de l’autonomie protéique est ainsi retenue par plus d’un éleveur normand sur 4. En Normandie, comme ailleurs, la valorisation de l’herbe et des prairies peut être un des principaux leviers pour améliorer ses résultats, qu’ils soient environnementaux ou économiques. Car ce n’est plus à démontrer, la recherche de l’autonomie protéique et la diminution des quantités de concentrés distribuées vont dans le sens de la performance économique !

Bien entretenir ses haies pour plus de bio-diversité
Par Denis Létan, Parc Naturel des Marais
Après avoir permis la plantation de 500 000 plants avec 280 agriculteurs entre 1995 et 2004 (suite à l’épidémie de graphiose), des plans de gestion du bocage ont été mis en place par le Parc, dans le cadre de la filière bois-énergie émergente. Ces diagnostics simples réalisés avec l'agriculteur lui permettent de mieux connaître ses haies, d'en évaluer le potentiel de production, de prévoir des aménagements favorables à la biodiversité, et de programmer sur une durée de quinze ans l'ensemble des coupes et des plantations.
L'objectif est de redonner une valeur économique au bois de haie en incitant les collectivités locales à installer des chaudières à bois-déchiqueté. C'est pourquoi l'Association Haiecobois a été créée en 2006, à l'initiative de la FD CUMA et avec le soutien de la Chambre d'agriculture. Elle regroupe l'ensemble des producteurs de bois déchiqueté d'origine agricole du département de la Manche.

Le rôle des abeilles dans la biodiversité
Par Alain Lesclavec, président de la Manche Apicole
Les abeilles jouent un grand rôle dans la reproduction des plantes en participant à près de 80 % de la pollinisation des espèces végétales. 71 % de notre agriculture dépendent de la pollinisation des abeilles. La disparition des abeilles provoquerait un phénomène planétaire qui aurait de graves conséquences sur la biodiversité, la diversité alimentaire et sur l’économie. La disparition des abeilles provient de plusieurs facteurs :
- l’intoxication des abeilles par les insecticides, pesticides ;
- la monoculture qui prive l’abeille de l’apport de diverses sources de pollen, essentiel à la croissance des larves ;
- la réduction des prairies naturelles, ainsi que la destruction des haies qui induit une baisse de la nourriture essentielle à leur survie ;
- la sécheresse accrue et les hivers doux, les abeilles sortent de la ruche précocement et ne trouvent pas suffisamment de nourriture ;
- certains parasites, champignons ou insectes, capables de tuer les abeilles ou d’affaiblir considérablement les colonies.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui