L'Agriculteur Normand 04 octobre 2017 à 08h00 | Par J. Pertriaux

Les produits locaux ont une saveur éducative à La Ferté-Macé

L’établissement régional d’éducation adaptée (Eréa) de La Ferté-Macé travaille de plus en plus avec les producteurs locaux et/ou bio. La démarche est mise en place pour des événements ponctuels. Mais elle est surtout un levier d’éducation et de relationnel avec les élèves.

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Frédéric Robillard, Nathalie Auffray et Françoise Gripon, les deux agents de restauration, composent l’équipe de cuisine. Manque sur la photo Pascal Moreau, le second du chef de cuisine. DR
Frédéric Robillard, Nathalie Auffray et Françoise Gripon, les deux agents de restauration, composent l’équipe de cuisine. Manque sur la photo Pascal Moreau, le second du chef de cuisine. DR - © JP

« Je mets des légumes à côté des féculents. Les élèves choisissent. Au début, je leur dis de goûter les légumes. Avec le temps, ils en redemandent. » Et ça, c’est une belle victoire pour Frédéric Robillard, le chef de cuisine. Les jeunes de l’Etablissement régional d’éducation adaptée de La Ferté-Macé aiment les frites de carotte, le fenouil et les rognons.
Le collège lycée Pierre-Mendès-France accueille une centaine d’adolescents : des Segpa (Section d'enseignement général et professionnel adapté) de la 6e à la 3e, et des CAP menuiserie, maçonnerie, peinture et hôtellerie restauration. Et les trois quarts d’entre eux vivent, en semaine, à l’internat éducatif, « géré par les professeurs des écoles éducateurs », précise Claudine Lambert, gestionnaire.

Trois repas par jour
« En internat, les élèves prennent trois repas par jour à la cantine. La nourriture est importante », insiste Boris Coulon, le nouveau directeur. Frédéric Robillard prépare « des plats faits maison à hauteur de 80 %, relève le chef de cuisine. Nos fournisseurs sont des entreprises agroalimentaires référencées Irqua (Institut régional de la qualité agroalimentaire) ». Son équipe et lui essaient au maximum d’intégrer le local dans les plats, « dans la limite des contraintes budgétaires », tempère Boris Coulon. Si ce n’est pas encore possible au quotidien, la Semaine du goût, le repas de Noël ou les menus à thèmes sont autant d’occasions à ne pas rater pour faire découvrir de nouveaux produits aux élèves.

De l’Amap à la cantine
Pour ces événements, Frédéric Robillard s’approvisionne à Saint-Hilaire-de-Briouze pour tout ce qui est des produits porcins. « J’ai connu le Gaec du Mont-Hardy en tant qu’Amap. Quand j’ai proposé aux producteurs de livrer l’Eréa, ils ont accepté. C’est aussi un plus pour eux. » Le cuisinier achète la farine de la Touche à Domfront-en-Poiraie. « On explique les aspects bénéfiques de faire du pain préparé avec de la farine bio. Les élèves sont réceptifs car ils connaissent, ils se disent : « c’est à côté de chez moi ». »

Dans ma sorbetière
Pierre-Mendès-France est soutenu par le Conseil régional, qui vise le même objectif de circuits courts dans les cantines. D’ailleurs, l’établissement possède, depuis le mois de juin, une sorbetière, « financée à 100 % par la Région ». Là encore, alimentation locale et valeurs éducatives s’associent : « on utilise le lait de Couterne, les fraises de Falaise », liste Frédéric Robillard. Et Boris Coulon de compléter : « cela rentre dans un programme éducatif à moyen long terme ».

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