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Luzerne : une bonne conduite en autonomie

A Bernières-le-Patry (14), Maxime Denis (GAECde la Rétourdière) a implanté de la luzerne. La culture favorise l’autonomie de l’exploitation. Cependant, sa conduite et sa récolte nécessitent quelques précautions. Ce savoir-faire permet à l’éleveur de disposer d’un fourrage de qualité avec un haut niveau de MAT.

Sur le papier, la luzerne favorise l’autonomie alimentaire. Encore faut-il maîtriser cette culture. Maxime Denis a implanté ses premières parcelles en 2013. Son objectif : réduire l’achat de correcteur azoté. Actuellement, la ferme compte 5,5 ha de luzerne, pour 36 ha de maïs et 45 ha d’herbe.

Bien choisir sa parcelle
A Bernières-le-Patry, son exploitation dispose de terres idéales pour la luzerne. Les sols s’avèrent filtrants et   dépassent 6 de PH. « On a choisi les terres les plus hautes en PH et les moins hydromorphes », résume Maxime Denis.

Attention à l’inoculation
L’investissement en semence avoisine les 200 € par hectare. À ce prix, l’inoculation des graines nécessite de l’attention. « Je mélange les bactéries au frais et dans l’obscurité. Je sème ensuite dans les 24 heures », souligne l’éleveur.

Semer en surface
Avec l’expérience, l’agriculteur affine sa technique. « L’implantation, c’est un peu comme le colza. On travaille des petites graines. Pour moi, il faut donc labourer puis rappuyer le sol. Et surtout, je sème en surface. On doit aussi trouver une période ni trop sèche, ni trop humide. On cherche le bon compromis ».

Un ensilage sur 4 jours
Pour disposer d’un fourrage de qualité, Maxime Denis soigne sa récolte. Comme l’éleveur souhaite optimiser l’apport de protéine, il fauche à 7 cm de haut, une luzerne assez jeune. Soit dès la sortie des dernières feuilles. Les ensilages suivants sont réalisés toutes les 6 semaines en moyenne. « Tout est une question d’objectif, nous avons décidé de faire quatre coupes », résume le jeune agriculteur. Ce dernier effectue toujours sa fauche avec le fanage, en fin d’après-midi. Cette période maximise la teneur en sucre du fourrage. « C’est important, car la luzerne peut être délicate à conserver ». La richesse en sucres de la plante est, en effet, faible (de 7 à 8 % contre 15 à 20 % pour des graminées type ray-grass).
« Faner est également une étape importante pour homogénéiser le produit ».L’andainage est ensuite réalisé le surlendemain avec la rosée afin de limiter la casse des feuilles. Enfin, l’ensilage est programmé le matin du quatrième jour.

Conservateur systématique
Au silo, Maxime Denis utilise systématiquement un conservateur. « J’ai sélectionné un produit avec une souche de bactéries qui évitent la reprise de fermentation et donc les problèmes au déssilage ». À chaque récolte, l’agriculteur ajoute une couche sur son silo. « On ne voit donc pas de variation pendant la distribution hivernale ». Enfin, un film en plus de la bâche favorise la stabilité du fourrage. 

Une luzerne au-dessus
de la moyenne
La rigueur du GAEC de la Rétourdière paie. Comparées à la moyenne d’analyses de luzerne du Lano, « les récoltes de cette exploitation sont bonnes, voire très bonnes ». C’est le constat dressé par David Delbecque, conseiller de la Chambre d’agriculture du Calvados. Lors de la dernière récolte, la MAT a atteint 208 g par kilo de matière sèche, et avec un PDIN de 128 g/kg MS. De plus avec un score de 41,3 %, le taux de matière sèche de l’ensilage s’avère plus qu’honorable.

 

Membre du GAEC de la Rétourdière, Maxime Denis
soigne la conduite de sa luzerne. Les analyses
du dernier ensilage en témoignent.
MAT : 208 g/kg MS,
Matière sèche : 41 %,
Cellulose brute : 244 g/kg MS,
PDIN : 128 g/kg MS
PDIE : 73 g/kg MS. (DR)

« La luzerne a de nombreux arguments »

« Le GAEC de la Rétoudière est membre d’un réseau qui travaille autour des luzernes des trèfles et des méteils dans le sud-ouest du Calvados. Ils sont une trentaine d’agriculteurs à échanger leurs expériences, bonnes ou mauvaises ».

Ramener de la fibrosité
« On a commencé à revoir les cultures à base de légumineuses  en lien avec le contexte du prix des matières premières. L’autonomie en protéines est un des arguments. La luzerne permet également de ramener de la fibrosité dans la ration. Il y a enfin le volet agronomique et la réduction des intrants. Les producteurs de légumineuses souhaitent réduire l’usage de produits phytosanitaires ».

La moyenne de la luzerne
« Dans le secteur, les producteurs produisent une luzerne à 16-17 de protéines. Nous constatons une forte variabilité. Des agriculteurs produisent une luzerne à 12-13 quand Le GAEC de la Rétourdière atteint parfois les 20 ou 21. Tout dépend du stade et des conditions de récolte. Plus on avance en stade de maturité, plus on gagne en rendement, mais on perd en valeur alimentaire ».

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