L'Agriculteur Normand 06 novembre 2012 à 08h31 | Par T.Guillemot

Maïs - Chantiers d’ensilage : “on se calme”

Avec l’humidité ambiante, les chantiers d’ensilage sont plus compliqués qu’à l’accoutumée et génèrent parfois de la tension sur le terrain. “On se calme”, invitent les entrepreneurs de travaux agricoles.

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Dans le parc matériel de l’ETA Poulain/Nicole, (Daniel Poulain est président de “Entrepreneurs des Territoires de la Manche”) huit ensileuses en parfait état de marche. Mais, en ce 19 octobre, seules trois tournent. A cause de la pluie et de la mauvaise portance des sols, les chantiers s’annulent. Souvent au dernier moment.

Retour à la normale
La situation n’est pas aussi dramatique qu’en 1987 ou 1973 mais cela faisait quelques années que les chantiers d’ensilage ne s’étaient pas confrontés à une météo capricieuse. Pour les jeunes installés, c’est d’ailleurs une découverte. Dans l’Avranchin, en semaine 42, 50 % des surfaces avaient été récoltées. “Nous accusons 15 jours de retard environ par rapport aux années précédentes, estime Daniel Poulain. Mais, en fait, nous revenons à une année normale”.
Quinze jours de retard qui ont exposé certaines parcelles à de forts coups de vent. Ici ou là, des maïs verts et lourds se sont couchés. Conséquence : “les débits de chantier vont du simple au double. De 1 à 2 ha/heure selon les parcelles”, explique Daniel Poulain. Les machines consomment plus de fuel également. On passe de 30 à 36l/ha en maïs droit. L’ augmentation en maïs versé est beaucoup plus importante”.

Une météo peu fiable
Du côté des entrepreneurs, on se plaint également de prévisions météo peu fiables. “On nous annonçait 30 mm de pluie sur les collines du Mortainais le 14 octobre dernier, il a fait beau toute la journée”, se souvient Daniel Poulain. Une précieuse journée de perdue.
Toutes ces mauvaises conditions réunies plombent quelque peu l’ambiance de certains chantiers qui se terminent tard le soir. Les remorques ont parfois du mal a suivre les automotrices. Non pas par manque de puissance des tracteurs mais par défaut d’adhérence. “Nos chauffeurs donnent leur maximum, insiste Daniel Poulain. Mais, contre de telles conditions climatiques, nous ne pouvons que subir. Cependant, que chaque agriculteur se rassure, nous ne laisserons aucun maïs dans les champs”.D’ailleurs, ce lundi, la plupart des chantiers se déroulaient normalement ce qui n’était pas forcément le cas dans d’autres régions manchoises (lire encadré). Du côté des éleveurs qui n’ont pas encore ensilé, les craintes se multiplient. On s’interroge sur la qualité des ensilages 2012. Car au-delà de la complexité des chantiers due à une météo à laquelle on n’était plus habitué et du fait que certains blés ne pourront pas être emblavé à l’automne, c’est sur un plan technique que se posent les questions. La recherche de performances s’est fortement accrue en une dizaine d’années. Elle passe par une excellente efficacité alimentaire des fourrages. Dans une conjoncture laitière pleine d’incertitudes, ceci explique en partie cela.
Robert Dorey
Situation encore plus critique dans le nord Manche
“On s’est fait chi.. à le semer. On se fait chi... à le récolter”. Robert Dorey, entrepreneur à Crasville dans le nord/est Manche, confirme puissance 4 les propos de Daniel Poulain. En début de semaine, 40 % des surfaces étaient ensilées mais certains maïs restants (en zone de marais plus particulièrement) baignent dans 30 cm d’eau. “Il y a eu des semaines où l’on est pas sorti. Pour le reste, des journées à 6 ha/jour avec une 10 rangs”. Ce lundi, un chantier de 40 ha n’a pas pu être mis en route. Et quand ça passe quand même, le terrain est massacré. Attention cependant à ne pas désigner un faux coupable. Ce n’est pas le fait de l’ensileuse à partir du moment où elle ne s’arrête pas mais celui de l’ensemble tracteurs et remorques. Tracteurs avec un “S” car il en faut parfois trois pour sortir une benne. On scrute donc le ciel avec attention mais le brouillard et l’absence de vent ne réunissent aucune condition séchante. Les ensilages terminés en 2011 au 21 octobre vont jouer les prolongations jusqu’à la mi-novembre. Mais là, pas certains que l’on ne soit pas contraint d’en laisser sur place.

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