L'Agriculteur Normand 13 mars 2012 à 12h43 | Par e.charon

Manche - JA : engagez-vous, rengagez-vous

New look pour l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs, vendredi à Saint-Lô. L’horaire tout d’abord, « l’année dernière, nous avons été déçu par le peu de participants en après-midi, d’où une AG à 20 h 30 ». Le contenu ensuite, finis les discours fleuves sur la PAC ou encore des tables rondes incertaines se terminant en carré retranché. Place à la proximité et surtout à l’engagement, qu’il soit syndicat, associatif ou politique. Du coup, les jeunes ne s’y sont pas trompés. 300 personnes ont assisté, pendant 4 heures, à une AG pour le moins dynamique. Pas question notamment de baisser la garde face au poids lourd laitier Lactalis. Jean-François Bouillon, président de la structure, a du coup annoncé la couleur pour les prochaines élections Chambre d’Agriculture, « nous ferons liste commune avec la FDSEA ».

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Jérôme Bolon (au centre), administrateur national JA, lors du débat sur l’engagement, “sans les jeunes dans les cantons, nous ne sommes rien”. (ec)
Jérôme Bolon (au centre), administrateur national JA, lors du débat sur l’engagement, “sans les jeunes dans les cantons, nous ne sommes rien”. (ec) - © ec
D'emblée Jean-Hugues Lorault et Karen Jouin (vice-présidents) ont retracé une année 2011 marquée dans les exploitations par la sécheresse, la visite du Ministre de l’Agriculture, la session nationale « Viande Bovine » de Blainville sur Mer mais aussi de sacrés acquis en matière laitière (rallonge de 50 000 l, voire plus sans reprise de foncier).  Damien Hardy, secrétaire général, a remis le couvert sur une AG 2011 terne. « Avons-nous une baisse d’engagement chez les jeunes ? Pourquoi ? Quelles solutions ? ». Pour illustrer la situation pas de grand discours mais un film « maison », caricatural mais plutôt bien réalisé, mettant en scène des membres du bureau JA chargé de mobiliser sur une suppression de la DJA . De quoi lancer le débat, animé par Anita Durand (CDAM 50), sur l’engagement. Nadège Delafosse (adjointe au maire de Coutances, attaché parlementaire UMP), Noël Aumont (salarié agricole CFDT), Thibault Godan (Jeunes Populaires Manche), Sébastien Giard (conseiller municipal de Ste Suzanne/vire, médaille du bénévolat) et Jérôme Bolon (administrateur national JA) ont exprimé tour à tour leurs motivations. Un constat, s’engager dans le syndicalisme agricole, ouvrier ou politique, c’est avant tout défendre ses convictions de manière concrète sur le territoire. Tous les participants sont d’accord, « il faut dépasser son petit intérêt personnel ». L’occasion pour Jérôme Bolon de lancer au passage, « sans jeune dans les cantons, on ne serait rien au niveau national ». Et de prévenir, « une personne seule engagée est une personne en danger. Seul l’esprit de groupe compte ». Le syndicalisme agricole notamment n’est pas un long fleuve tranquille, « l’adversité peut s’avérer positive ». En final, l’engagement c’est aussi empiéter sur sa vie personnelle d’où l’intérêt, dans une exploitation agricole, de bien caler les choses en faisant l’équilibre entre la famille, la ferme et les responsabilités cantonales, départementales ou nationales ».
Mutualisation des aides, dangerJean-François Bouillon a replacé l’AG sur un problème récurrent, l’obstination de Lactalis à faire signer des contrats qui, visiblement, ne passent pas sur le terrain. « Si nous perdons face à cette entreprise, nous perdrons beaucoup par la suite ». Quelques mots sur la PAC, « attention danger sur la mutualisation des aides. Le projet de réforme va affaiblir les exploitations les plus productives ». Le grignotage du foncier agricole au profit de l’urbanisation inquiète la jeune génération. S’adressant aux élus présents dans la salle, le président des JA lance « à un moment, contruire ou manger, il vous faudra choisir ! » Parmi les sujets d’actualité, le classement des haies. En gros, les JA estiment qu’il ne faut pas « pousser ». « On ne peut nous demander de garder des haies alors que l’on perd 100 000 ha de SAU/an en France ». Même ton sur le porc, « des jeunes ont obtenu des autorisations pour leurs installations classées, aujourd’hui cassées par des recours d’associations ». Enfin, sur la protection des captages d’ eaux, « d’accord, mais avec des aides financières pérennes ».ec

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