L'Agriculteur Normand 14 décembre 2011 à 11h03 | Par Joël Rébillard

Manche - Pascal Férey : des acquis au pied du sapin

Avec la fin d’année, vient le temps des bilans. Retour sur quelques acquis syndicaux importants obtenus par la FNSEA pour les agriculteurs normands.

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“La taille modeste de nos exploitations nous a obligés à dynamiser la production pour en tirer des revenus décents. Il ne faudrait pas que notre choix social soit pénalisé demain par une politique aveugle qui consacre les surfaces au détriment des hommes”.
“La taille modeste de nos exploitations nous a obligés à dynamiser la production pour en tirer des revenus décents. Il ne faudrait pas que notre choix social soit pénalisé demain par une politique aveugle qui consacre les surfaces au détriment des hommes”. - © DR
On n’entend pas parler des versements d’aides PAC. Il n’y a pas de problème ?
Hormis quelques cas, notamment les dossiers qui font l’objet d’un contrôle, c’est vrai que les versements ont lieu aux dates prévues. C’est une bonne nouvelle. D’autant plus que les dates ont été avancées à notre demande. Je rappelle que dans certains pays, les aides européennes de 2011 seront payées en janvier prochain, comme le prévoit la règlementation européenne. En France, grâce au travail syndical de la FNSEA et des JA, le paiement est avancé au 1er décembre. Et mieux encore, en faisant valoir la situation climatique exceptionnelle de cette année, chacun a pu percevoir un acompte dès le 16 octobre.

Ce n’est qu’une avance et ne donne rien de plus aux agriculteurs…
Demandez aux agriculteurs s’ils préfèrent recevoir ces paiements à la mi-octobre ou à la mi-janvier suivante et vous verrez. Le total des DPU représente 290 millions d’euros en Basse-Normandie. 145 ont été payés le 16 octobre sans que personne n’ait la moindre démarche à effectuer. Je me félicite de ce succès et je rends hommage à l’administration qui est de plus en plus performante sur le sujet. Je veux juste que les agriculteurs sachent que ces avancées ne viennent pas seules. Elles sont possibles parce que nos réseaux syndicaux se mobilisent.

Vous avez évoqué le climat exceptionnel de 2011. Finalement, la catastrophe n’a pas été au rendez-vous ?
Elle n’a pas eu l’ampleur que l’on craignait au mois de mai dernier. Toutefois, elle nous a amené à mettre en place des opérations paille, plus ou moins importantes selon les départements. Là encore, les éleveurs qui ont bénéficié de ces opérations ont pu assurer leur approvisionnement. Ce qui a bénéficié à tous, c’est le prix de la paille. Je me demande bien à combien la paille se serait vendue sans les opérations des FDSEA. Nos opérations ont apporté de la modération sur le prix de la paille et il y en avait besoin. Tous les éleveurs en ont bénéficié. D’autre part, les pluies estivales n’ont pas tout réglé et nous avons pu obtenir des dégrèvements d’impôts fonciers. C’est encore un plus pour le revenu des agriculteurs.

Sur les carburants agricoles, la FNSEA paie cher la baisse du coût de la main-d’œuvre…
La fiscalité du carburant va en effet évoluer. Globalement, l’agriculture va participer à l’effort de réduction du coût de la main d’œuvre à hauteur de 34 millions d’euros. Le coût total de la mesure représente 200 millions d’euros au niveau national. C’est donc un bon investissement pour notre secteur dans son ensemble. J’ajoute que nous avons aussi obtenu, une fois de plus, le remboursement de la taxe intérieure sur les carburants (TIC, ex-TIPP), soit l’équivalent de 50 euros/tonne de fioul agricole acheté en 2011. Tous les agriculteurs vont déposer un dossier et recevoir leur chèque mais c’est bien le travail de la FNSEA qui le permet.

L’année 2011 est une année de répit pour les agriculteurs après plusieurs années de crise. Comment voyez-vous l’avenir ?
Nous ne devons pas baisser la garde. Nous devons d’abord rester prudents quant à nos stratégies d’investissements sur nos exploitations. L’avenir, c’est la sortie des quotas laitiers. Ce n’est pas simple et nous devons nous y préparer. La meilleure façon de le faire est de rejoindre les organisations de producteurs qui se construisent dans la région. Quant à la PAC que la commission européenne nous prépare pour l’après-2013, elle ne manque pas de nous inquiéter. On nous parle beaucoup d’équité, de convergence des aides, d’abandon des références historiques. Il nous faut entrer dans ce débat et faire prendre en compte les spécificités de l’Ouest : nous avons fait le choix des hommes, nous sommes nombreux et donc nos exploitations sont plus petites que la moyenne. Je vois bien des appétits s’aiguiser pour tenter de réduire les aides des zones de grandes cultures. C’est un mauvais débat. La taille modeste de nos exploitations nous a obligés dynamiser la production pour en tirer des revenus décents. Il ne faudrait pas que notre choix social soit pénalisé demain par une politique aveugle qui consacre les surfaces au détriment des hommes.

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