L'Agriculteur Normand 29 septembre 2010 à 12h11 | Par V.Motin

Manifestation - Une guerre d’image via le stickage

Le stickage des viandes étrangères se poursuit. Mercredi, les Jeunes Agriculteurs et la FRSEA de Basse-Normandie ont dénoncé le recours aux viandes étrangères, au magasin “Carrefour Côte de Nacre”, puis Cora à Caen. Les principales cibles se nomment Aoste, Madrange ou Fleury Michon.

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Une dizaine de producteurs s’est mobilisé mercredi 23 septembre à Caen. C’est la onzième opération porc en Basse-Normandie.  (DR)
Une dizaine de producteurs s’est mobilisé mercredi 23 septembre à Caen. C’est la onzième opération porc en Basse-Normandie. (DR) - © VM

“Elaboré en France” ou “transformé en France” : sur les paquets, les mentions d’origine se révèlent trompeuses. Les producteurs de porcs l’ont dénoncé au magasin Carrefour Côte de Nacre. En 15 jours, les producteurs ont multiplié les actions. Au total, 11 opérations de stickage se sont enchaînées dans les trois départements bas-normands. Intermarché, Leclerc ou Auchan ne sont pas les premiers visés. Le syndicalisme s’attaque davantage aux marques et à leur image. “Nous sommes dans une société d’image. Le stickage est un autre mode de manifestation. La semaine dernière, nous avons stické dans une grande surface de Saint-Lô. En y retournant quelques jours après, nous nous sommes aperçus que ces produits s’étaient moins bien vendus que les autres étiquetés Viande Porcine Française”, indique Thierry Lefranc, président de la section porc Fdsea 50 et producteur à Rouxeville.

L’heure est à la pédagogie pour Yvan Fourré, président de la section porc 
de la Frsea. La guerre d’image se joue aussi devant les médias.
L’heure est à la pédagogie pour Yvan Fourré, président de la section porc de la Frsea. La guerre d’image se joue aussi devant les médias. - © VM

Stické, le produit se vend
moins bien

Dans les rayons, les consommateurs se montrent réceptifs à la démarche des producteurs de porcs. Certains apprennent que les “élaborés” ou “transformés en France” ne signifient pas que le porc est né et élevé en France. La manifestation est pacifique. Les clients apprécient et encouragent même les producteurs en lançant des “vous avez raison”.
Yvan Fourré, président de la section régionale porcine, milite donc pour la promotion du logo VPF (Viande Porcine Française). “Ce logo est récent. Il a été lancé au salon de l’agriculture et permet une véritable traçabilité alimentaire et sanitaire. Nous dénonçons les marques qui se cachent derrière des formules évasives. Les grandes marques de salaisonnerie utilisent jusqu’à 50 % de viandes étrangères. La grande distribution s’est d’ailleurs engagée à communiquer sur la VPF dans ses rayons”. La campagne “Y a pas à tortiller” est ainsi visible dans les rayons Carrefour.

VPF est bénéfique pour nous
Jean-Charles Blanchetot, directeur du magasin, comprend la position des producteurs. Il la comprend d’autant plus que 100 % de sa boucherie est approvisionnée avec de la viande porcine française. “Vu la position de Carrefour, je suis serein. Nous sommes assez actifs sur les démarches d’accompagnement. La démarche VPF est récente. Il faut maintenant qu’elle se généralise, car elle semble bénéfique pour nous”.
Reste la question des grandes marques du rayon frais. Plus de la moitié des produits y a été stickée. Sur ce point, le directeur du magasin se montre lucide. “Je ne peux pas déréférencer la majorité des produits de salaisonnerie. Sinon, les consommateurs iront les acheter ailleurs”. La guerre d’image semble inciter les marques à se repositionner. Selon les manifestants, Herta commencerait à utiliser davantage de viande française. A voir.

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